Avant que les immeubles ne se plient sur eux-mêmes et que des couloirs ne se mettent à tourner dans l’un des films les plus marquants du cinéma moderne, Christopher Nolan expérimentait sur… son sommeil. Lors d’un entretien mené par James Cameron, le réalisateur britannique est revenu sur la genèse surprenante d’Inception, bien avant que le projet ne devienne l’œuvre culte que l’on connaît.
Aujourd’hui, le film sorti en 2010 et porté par Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard, entre autres, figure toujours parmi les favoris du public. Sur AlloCiné, il se hisse même sur le podium des meilleures œuvres de science-fiction, juste derrière Interstellar – signé par le même cinéaste – et L’Empire contre-attaque. Sa réputation reste intacte près de 15 ans après, notamment grâce à ses images inoubliables : la poursuite dans les rues de Mombasa, le duel dans un couloir en apesanteur, l’architecture parisienne qui se replie, et bien sûr la toupie qui hante encore les spectateurs.
Une idée née sur les bancs de l’université
Pourtant, la genèse d’Inception remonte à une époque où Christopher Nolan n’était encore qu’un étudiant sans le sous. Il a raconté à James Cameron que la seule véritable motivation qui le poussait à sortir du lit le matin était la gratuité du petit-déjeuner proposé par son université.
“Pour Inception, j’ai en grande partie été inspiré par une période de ma vie où j’étais à l’université et où je n’avais pas beaucoup d’argent. Le petit déjeuner était gratuit. Je me mettais au lit à 4 heures du matin, je mettais mon réveil, je me levais pour aller au petit déjeuner et je retournais me coucher”, a-t-il expliqué à son confrère – qui a d’ailleurs lui-même trouvé l’idée de Terminator dans l’un de ses cauchemars.
Cet étrange rythme de vie l’a ainsi plongé dans un état particulier – une zone floue entre l’éveil et le sommeil – qui s’est révélé déterminant.
Warner Bros. Pictures
Les expériences qui ont tout déclenché
Selon Nolan, ce cycle lui a permis d’expérimenter à plusieurs reprises le phénomène de rêve lucide : cette capacité à prendre conscience qu’on rêve et, parfois, à en orienter le déroulement. Il explique avoir tenté de manipuler ces rêves, non sans frustration, car la moindre tentative de contrôle demandait un effort gigantesque. Mais les instants où cela fonctionnait lui donnaient l’impression de posséder une forme de pouvoir extraordinaire.
“Lorsqu’on se trouve dans cet état de sommeil, il devient alors possible d’être tout à fait conscient du fait que l’on est en train de rêver. Je faisais des expériences et j’essayais de contrôler le rêve, de faire quelque chose, de faire ce qu’on appelle un rêve lucide. Et c’était frustrant, mais les rares moments où on arrive à faire marcher quelque chose et où l’on peut vraiment orienter son rêve, c’est vraiment un super-pouvoir.”
Warner Bros. Pictures
Ces essais personnels d’“architecture onirique” ont finalement constitué la base du concept d’Inception. Longtemps avant la conception du scénario et bien avant les illusions visuelles qui ont marqué le public, c’est donc dans ces expériences nocturnes que se trouvait la première graine du futur chef-d’œuvre.
L’expérience Inception est à revivre en streaming sur Canal+ ou HBO Max.