L'actrice et chanteuse Biyouna, vue dans La Source des femmes et Le Grand bazar, s'est éteinte à 73 ans
Corentin Palanchini
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.
Co-écrit avec :
Loriane Cladec

L'actrice et chanteuse algérienne Biyouna ("La Source des femmes", "Les Bracelets rouges", "Le Grand bazar"), s'est éteinte à 73 ans.

L'actrice et chanteuse algérienne Biyouna est décédée ce mardi 25 novembre à 73 ans, a annoncé l'AFP (via Paris Match), confirmé par l'un de ses proches. Comédienne depuis 1978, elle était l'un des visages de la comédie française, avec des rôles dans Les Déguns, Les Trois frères le retour ou Beur sur la ville.

Des débuts chantés et dansés

D'origine algérienne, Biyouna est à la fois chanteuse, danseuse, animatrice et actrice. Elle s'intègre très tôt dans plusieurs troupes de chant et de danse, avant d'en diriger une elle-même avec une amie.

Sa sœur Leila Djazaria est aussi passionnée de chant et devient chanteuse, tandis que sa mère vend des tickets dans une salle de cinéma de la ville, permettant ainsi à Biyouna de voir des films, majoritairement orientaux, avec des chanteuses et danseuses égyptiennes qui lui donnent tout de suite l'envie de faire la même chose.

C'est à 17 ans qu'elle commence à danser et chanter dans des cabarets importants d'Alger, et à 19 ans elle travaille déjà pour le Cabaret Copacabana, très réputé.

En 1973, alors qu'elle visite les studios de télévision d'une chaine algérienne, le réalisateur Mustapha Badie la remarque et lui propose de faire des essais pour un rôle dans La grande maison (TV), un téléfilm écrit par Mohamed Dib. Biyouna accepte de passer l'audition, et réussit à convaincre toute l'équipe par son charme. Ce premier rôle la rend célèbre, ce qui lui permettra par la suite d'obtenir d'autres rôles plus où moins importants pour la télévision.

Jamais elle n'a quitté le sol algérien, jusqu'au jour où le réalisateur Nadir Moknèche, en 1999, lui propose le rôle de Meriem dans Le Harem de Madame Osmane, comédie dramatique qui se passe pendant la guerre civile d'Alger, dont le tournage a lieu en France et au Maroc. Ce projet est suivi du long métrage Viva Laldjérie, tourné en 2003.

Le cinéma lui ouvre ses portes

Biyouna rencontre le public français sans pour autant oublier celui de son pays natal, dans lequel elle continue de s'illustrer au cinéma et à la télévision. Elle n'oublie pas non plus sa première passion, le chant, Biyouna enregistrant en effet un album en 2001, Raid Zone, co-écrit avec le compositeur John Bagnolett. L'album connaît un succès plus que raisonnable, et on la voit également participer au spectacle de Fellag Opéra d'Casbah, mis en scène par Jérôme Savary.

En 2007, elle retrouve le réalisateur Nadir Moknèche avec Délice Paloma, et dans lequel elle tient le rôle principal et original de Madame Aldjeria, une célèbre mafieuse. En plus du cinéma et de la télévision, elle commence à toucher aux plateaux de théâtre en 2007, en jouant le rôle du Coryphée dans la pièce Electre de Sophocle, avec Jane Birkin, et mise en scène par Philippe Calvario.

Théâtre, drame et comédie

En 2009, on la voit également sur scène au Vingtième théâtre dans la pièce La Célestine, où la comédienne joue le rôle éponyme, avant d'enchaîner au cinéma sur le tournage de la comédie française Il reste du jambon ? où elle interprète un rôle secondaire, aux côtés de Ramzy Bedia et Anne Depetrini.

Le scénariste et réalisateur Radu Mihaileanu confie à Biyouna, en 2011, le rôle de femme "gréviste de l'amour" dans sa nouvelle comédie dramatique La Source des femmes, où l'actrice donne à nouveau la réplique à Leïla Bekhti. Le film a été nommé dans plusieurs catégories du Festival de Cannes, dont celle de la Palme d'or et du Prix du Jury.

On la retrouve en mère en Booder sur Beur sur la ville (2011), en grand-mère d'Amelle Chahbi dans Amour sur place ou à emporter (2014) et au côté d'Eric Judor dans Mohamed Dubois. En 2018, on la retrouve dans trois comédies : Neuilly sa mère, sa mère !, Les Déguns et Le Flic de Belleville avec Omar Sy. L'année suivante, elle rejoint le casting de la série Le Grand Bazar puis des Bracelets rouges (2020).

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