En 1976, une toute jeune Jodie Foster encore adolescente donne la réplique à un certain Robert De Niro dans Taxi Driver, grand classique du 7ème art signé Scorsese. Près de 50 ans plus tard, devenue une actrice et réalisatrice reconnue, elle évoque sa rencontre avec le légendaire comédien, et elle ne mâche pas ses mots !
La rencontre Jodie / Robert
Interrogée par nos soins dans le cadre de l'émission Grand Ecran, Jodie Foster évoque notamment ses premiers échanges avec la star oscarisée. "Il est comme on l'imagine", indique-t-elle d'abord. "C'est-à-dire qu'il est un peu timide, très réservé, il ne parle pas beaucoup. Et quand il parle, c'est d'une façon très hachée", poursuit l'actrice.
"A l'époque, comme j'étais enfant, je le trouvais un peu ennuyeux. Mais il était très gentil, il a voulu m'aider dans mon jeu. Il est venu à mon hôtel plusieurs fois, m'a emmené dans des cafés pour répéter notre texte et travailler un peu l'improvisation. Il m'a beaucoup aidée quand j'avais 12 ans", explique la star du Silence des Agneaux.
A l'époque, comme j'étais enfant, je le trouvais un peu ennuyeux. Mais il était très gentil, il a voulu m'aider dans mon jeu.
En effet, Jodie Foster incarnait un personnage difficile, une jeune prostituée nommée Iris. Travis, le héros campé par De Niro, va la prendre sous son aile et l'aider à se sortir de cette situation terrible, sous l'emprise d'un proxénète cruel joué par Harvey Keitel.
Un homme taiseux et timide
Lors du dernier Festival de Marrakech, Jodie Foster est aussi revenue plus en détails sur sa relation avec Robert De Niro. "C'est l'un de nos plus grands acteurs américains, je suis tellement fière d’avoir travaillé avec lui. Mais ce n’est pas la personne la plus intéressante au monde", a souligné la comédienne, citée dans Variety.
"A cette époque, il était très immergé dans son personnage, comme il l'était souvent à cette période. Donc il était vraiment inintéressant, et je me souviens de ces déjeuners avec lui où je me disais : Que se passe-t-il ? Quand est-ce que je peux rentrer chez moi ? Et il n'arrivait pas vraiment à me parler, donc je parlais aux serveurs et aux gens dans les restaurants", se souvient Jodie Foster, qui ne comprenait pas que De Niro était adepte de la "method acting", consistant à véritablement se plonger dans la psyché de son personnage.
Il était vraiment inintéressant, et je me souviens de ces déjeuners avec lui où je me disais : Que se passe-t-il ? Quand est-ce que je peux rentrer chez moi ?
Toutefois, Jodie Foster et Robert De Niro ont eu un déclic lorsqu'il l'a laissée entrer dans son processus de préparation. "Au troisième déjeuner que nous avons eu ensemble, il m’a finalement guidée à travers l’improvisation, et cela m’a ouvert les yeux sur ce que pouvait être le métier d’acteur."
Columbia Films
"Et j’ai réalisé, à 12 ans : Oh, c’est de ma faute, parce que je n’ai pas apporté assez de choses. Je me contentais de dire mes répliques, d’attendre la suivante et de jouer naturellement, mais construire un personnage, c’est autre chose. Et je me souviens de l’excitation que j’ai ressentie, je me souviens que j’étais un peu en sueur, excitée, en train de glousser, et que je suis remontée dans la chambre d’hôtel pour retrouver ma mère et lui dire : J’ai eu une révélation. Et je pense qu’à partir de là, tout a changé", a conclu Jodie Foster.
16 ans plus tard, en 1992, elle remportera l'Oscar de la Meilleure actrice pour sa performance dans Le Silence des Agneaux, construisant par la suite l'une des plus brillantes carrières hollywoodiennes. Et si Jodie vous manque, retrouvez-là en ce moment, en français dans le texte, dans Vie privée, nouveau film de la réalisatrice Rebecca Zlotowski.