De quoi ça parle ?
1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
Remarqué et primé dans de nombreux festivals, voici L’Engloutie, un premier long métrage écrit et mis en scène par Louise Hémon. Ce huis clos, en haute montagne, en hiver, est un film remarquable avec une ambiance et une esthétique singulières. Impossible de ne pas ressentir le froid et les émotions des personnages de cette histoire inspirée de faits réels, et teintée de "réalisme magique".
L'Engloutie a la particularité d'être un mélange de genres : "J’aime chercher dans le réel ce qui va le transfigurer. Ces petits indices agissent comme des signaux faibles, pour amener le spectateur à s’interroger et à basculer vers la possible dimension fantastique du film", indique la cinéaste.
Le choix du titre
Le choix du titre L'Engloutie est justement un indice. "Avec lui, il me semble que l’on plonge d’emblée dans un conte, de ceux que racontent justement mes personnages le soir au coin du feu, comme il était d’usage lors des veillées", précise Louise Hémon.
Mon imaginaire a donc baigné dans ces histoires d’hivernage
De quels faits s'est inspiré précisément la cinéaste pour imaginer l'intrigue de L'Engloutie ? Louise Hémon a tout simplement puisé dans sa riche histoire familiale.
"Du côté de ma mère, je suis issue d’une famille où se sont succédé plusieurs générations d’institutrices, envoyées pour leur premier poste dans des villages alpins coupés du monde durant les longs mois d’hiver. Comme Aimée, mon héroïne, ces jeunes femmes, animées par un idéal laïc et républicain, étaient missionnées pour apprendre aux enfants à lire et écrire... avant que la neige ne fonde et qu’ils ne retournent aider leurs parents aux travaux agricoles. Mon imaginaire a donc baigné dans ces histoires d’hivernage. Mon arrière-grand-tante - une certaine Aimée ! - a rédigé un récit anthropologique, pour la Revue de géographie alpine, qui constitue pour moi un trésor."
Une intrigue basée sur des faits réels
Elle poursuit : "À l’hiver 1922, cette jeune institutrice y décrit la vie et les coutumes d’un hameau isolé de montagne, cerclé par la neige et les avalanches. On y apprend ainsi que, tous les jours, les hommes allaient se prélasser au même endroit pour « écouter le soleil », à l’heure où ses rayons passent entre les cimes. Une anecdote qui a inspiré l’une des scènes de mon film.
Autre trésor : mon grand-père, lui aussi nourri par ces récits, a écrit des nouvelles à compte d’auteur. L’une d’elles s’intitule La Bière sur le toit et raconte l’histoire de montagnards qui - sous les yeux effarés de leur nouvelle institutrice - fixent un cercueil sur le toit de l’école, en attendant le dégel... Ce sont ces images qui ont été le point de départ de l’écriture du film."
Au delà de l'intrigue, L'Engloutie captive pour son ambiance glaciale qui transparait à travers l'écran. La réalisatrice indique : "je pense que ces conditions extrêmes ont aidé les acteurs, qu’ils soient professionnels ou non. Le vent froid qui gèle le nez, la neige dans laquelle on s’enfonce ou glisse, ça engage le corps. Leur jeu est marqué d’une incarnation immédiate. Idem à l'intérieur des maisons, peuplées d’animaux : ça crée une présence organique, un surplus de vie. Tout est habité. J’aime travailler avec le réel."
Le casting est composé d'acteurs non-professionnels et trois jeunes talents dans les rôles principaux : Galatea Bellugi, Matthieu Lucci et Samuel Kircher. Quant à la réalisatrice Louise Hémon,
s'il s'agit de son premier long métrage, elle a déjà une riche expérience dans l'univers du théâtre et du documentaire.
L'Engloutie sort au cinéma ce mercredi 24 décembre.
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