Une trilogie et puis s'en va ! En 1967, Clint Eastwood décide d'arrêter sa collaboration avec le réalisateur Sergio Leone, qui vient de le faire connaître avec "la trilogie du dollar" : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand.
De l'aveu même de l'acteur-réalisateur dans Conversations with Clint: Paul Nelson's Lost Interviews with Clint Eastwood, Sergio Leone lui avait pourtant "demandé d'être dans Il était une fois la révolution et Il était une fois dans l'Ouest." Pourtant, l'acteur déclinera à chaque fois et ne tournera plus jamais devant la caméra du réalisateur italien qui avait fait de lui une star de cinéma (et du western).
Mais pourquoi ?
United Artists
Toujours dans cet ouvrage, Eastwood donne ses raisons :
"Il n'y avait plus aucun défi à relever pour moi. Dans Le Bon, la Brute et le Truand, il n'y avait certainement pas autant de défis à relever en tant qu'acteur que dans Pour une poignée de dollars ou Et pour quelques dollars de plus. Dans chacun d'eux, l'accent a été progressivement mis sur les valeurs de production plutôt que sur l'histoire."
"(...) Après Le Bon, la Brute et le Truand, j'avais le sentiment que [Sergio Leone] prenait une direction différente de celle que je souhaitais. Il voulait s'orienter davantage vers une sorte de spectacle. Je pense que Leone se voyait davantage comme un David Lean à l'italienne, et c'est compréhensible. Il voulait simplement réaliser des projets plus ambitieux et plus élaborés."
"En grandissant, il avait vu tous les mêmes films que nous, en italien"
RINDOFF-BORDE / BESTIMAGE
"Toutes mes frustrations refoulées pendant des années passées à faire de la télévision, à regarder les westerns américains décliner parce qu'ils se répétaient, et lui, il fait toutes les folies que vous pourriez imaginer. J'ai eu la chance de pouvoir me lancer et d'adopter ce style. J'ai adoré ça. Sergio savait aussi comment construire les choses. Il a parfois une imagination enfantine. C'est ce qu'il faut pour s'exprimer dans le cinéma."
"(...) En grandissant, il avait vu tous les mêmes films que nous, en italien. Les films de John Ford passaient en Europe et je suppose qu'il a été influencé par certains d'entre eux, mais il ne connaissait pas le Hays Office et les tabous qui pesaient sur les westerns en Amérique. Il n'en savait pas plus sur l'Ouest que n'importe qui d'autre. Il était simplement très doué pour l'image."
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