Noté 4,4 sur 5, c'est l'un des meilleurs films de science-fiction de tous les temps... Mais il y a 44 ans, Stephen King s'était montré critique à l'égard de ce chef-d'oeuvre
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini

Même un classique comme “Alien” n’échappe pas au regard critique de Stephen King, qui pointe du doigt les clichés sexistes de la fin du film, tout en reconnaissant la force du chef-d’œuvre de Ridley Scott.

Les chefs-d’œuvre du cinéma peuvent eux aussi susciter des critiques. C’est le cas d’Alien, le huitième passager, considéré comme un pilier de la science-fiction, mais qui n’a pas échappé au regard pointu de Stephen King.

Dans son recueil Danse Macabre, publié au début des années 1980, le maître de l’horreur ne cache pas son désaccord avec certaines décisions scénaristiques du film de Ridley Scott. Sorti en 1979, Alien raconte comment l’équipage du vaisseau Nostromo est décimé par un xénomorphe, avec Sigourney Weaver incarnant Ellen Ripley, l’une des rares survivantes.

Alien, le huitième passager
Alien, le huitième passager
Sortie : 12 septembre 1979 | 1h 56min
De Ridley Scott
Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright
Presse
4,4
Spectateurs
4,4
Voir sur Disney+

Stephen King dénonce les clichés sexistes dans le final

Stephen King reconnaît la force de l’ensemble du film, mais s’indigne particulièrement du traitement réservé à Ripley dans le final. Selon lui, l’héroïne, jusque-là dépeinte comme indépendante et courageuse, perd de sa dimension dans la scène finale alors qu’elle n’est vêtue que d’un simple bikini et d’un T-shirt fin.

(...) Alien, où les deux femmes membres de l’équipage sont présentées en termes parfaitement non sexistes jusqu’au climax, où Sigourney Weaver doit combattre le terrible auto-stoppeur interstellaire qui a même réussi à monter à bord de son minuscule canot de sauvetage spatial. Au cours de cette bataille finale, Mme Weaver est vêtue d’une culotte de bikini et d’un T-shirt fin, (...) et, à ce stade, interchangeable avec n’importe quelle victime de Dracula dans les films de la firme Hammer des années soixante. L’idée semble être : ‘La fille allait bien jusqu’à ce qu’elle se déshabille.’

Ainsi, pour King, cette scène repose sur un cliché sexiste : l’idée que la protagoniste reste forte tant qu’elle ne se dénude pas.

20th Century-Fox

“Un petit rebondissement gratuit”

L’auteur critique également une séquence où Ripley sacrifie la sécurité du vaisseau pour sauver le chat de l’équipage : “Le personnage de Sigourney Weaver, présenté jusqu’alors comme une héroïne au caractère bien trempé, provoque la destruction du vaisseau mère Nostromo (et contribue peut-être à la mort des deux autres membres d’équipage restants) en allant sauver le chat du vaisseau. Cela permet aux hommes du public de se détendre, de rouler des yeux et de dire à haute voix ou par télépathie : ‘C’est bien une femme, ça, non ?’

King y voit une justification stéréotypée, “un petit rebondissement gratuit” censé flatter le regard masculin du spectateur. Selon lui, cette décision scénaristique repose là aussi sur une vision sexiste et ternit légèrement l’impact d’un film par ailleurs remarquable.

20th Century-Fox

C’est un rebondissement qui dépend d’une idée sexiste pour être crédible, et nous pourrions bien répondre à la question posée ci-dessus en demandant à notre tour : ‘Est-ce que ce n'est pas juste un porc masculin chauvin de scénariste hollywoodien ?’ Ce petit rebondissement gratuit ne gâche pas le film, mais c'est quand même un peu dommage.

Ainsi, malgré sa lecture sévère d’Alien, Stephen King admet que ces défauts ne gâchent pas complètement l’œuvre, estimant que ce choix narratif reflète les clichés d’un Hollywood encore très masculin à l’époque.

Alien, le huitième passager est à revoir en streaming sur Disney+.

AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet