James Cameron, metteur en scène acclamé de Terminator, Aliens, Titanic ou Abyss, a toujours été un passionné (et un pionnier) des nouvelles technologies.
Sous son impulsion, des avancées majeures ont pu être réalisées dans la manière de concevoir les effets spéciaux d'un film. Il a aussi beaucoup contribué à améliorer les outils permettant de filmer, que ce soit en s'attaquant à la 3D ou la performance capture.
Avec Avatar 3, le cinéaste continue de nous impressionner en nous livrant un véritable monument technologique. En ce sens, une des nouveautés perfectionnées par Cameron sur La Voie de l'eau (2022), puis sur De Feu et de Cendres, concerne le HFR (High Frame Rate).
C'est quoi le HFR ?
Tout d'abord, il convient de définir ce qu'est le High Frame Rate. Il s'agit d'une technologie qui permet la projection d'un film à 48 images par seconde, soit le double du standard actuel au cinéma, 24 images par seconde.
Pour faire simple, Le HFR permet d'améliorer le confort de visionnage du spectateur, notamment sur les films projetés en 3D, comme c'est le cas sur Avatar. Doubler le nombre d'images par seconde permet de gommer les effets de saccades et de flous, notamment sur les scènes d'action et les déplacements rapides des personnages.
Pourquoi c'est controversé ?
Si le HFR permet une fluidité inégalable, il possède aussi son lot de difficultés qui l'empêchent encore de s'imposer auprès du grand public. Tout d'abord, l'oeil du spectateur est encore trop habitué au 24 images par seconde.
Ainsi, quand une oeuvre est projetée en 48 images par seconde, les gens ont une drôle de sensation qui a été nommée le "soap opera effect" (effet feuilleton TV). L'aspect trop lisse et fluide de l'image donne l'impression que nous sommes devant une telenovela filmée en vidéo et non sur un film de cinéma.
C'est à cause du soap opera effect que la trilogie du Hobbit de Peter Jackson, tournée en 48 images par secondes, n'a pas convaincu les spectateurs.
De plus, la plupart des salles n'étaient pas encore équipées de projecteurs numériques de seconde génération pour restituer toute l'information disponible avec une fluidité totale. Peter Jackson a donc essuyé les plâtres avant que James Cameron ne s'empare du problème.
James Cameron s'empare du sujet
Conscient du souci engendré par le HFR sur le Hobbit, James Cameron a investi dans la technologie TrueCut Motion, qui permet de varier le Frame Rate en fonction des scènes. Ainsi, le cinéaste a voulu améliorer la technique en adoptant le VFR (Variable Frame Rate).
Pour le réalisateur, si on veut habituer le public au HFR, il faut d'abord l'éduquer en n'utilisant pas le 48 images par seconde sur la totalité du film, erreur faite par Peter Jackson sur Le Hobbit.
Par exemple, s'il doit filmer une scène de dialogues, le cinéaste n'aura pas besoin de cette technologie et pourra tourner de manière standard en 24 images par seconde.
En revanche, quand il s'agit de plans plus complexes nécessitant d'amples mouvements de caméra, d'un travelling montrant un personnage qui court ou une scène d'action, le HFR aura toute son utilité pour rendre l'image la plus fluide et la plus nette possible. Le spectateur verra ainsi son confort de visionnage largement amélioré et la scène sera bien plus lisible pour l'oeil humain.
"La règle était : dès qu'ils sont sous l'eau, c'est 48 images par seconde. Certaines scènes de vol et certains panoramas de paysages bénéficient aussi du HFR. S'il s'agit simplement de gens assis qui parlent ou qui marchent et discutent, comme ce sont des images où les personnages évoluent relativement lentement, le HFR n'est pas nécessaire", a expliqué James Cameron en 2022 concernant La Voie de l'eau.
Disney
Le HFR, un outil formidable de création ?
Avatar 2, qui tirait profit du HFR avec une acuité exceptionnelle, a sûrement aidé à la démocratisation de la technologie, qui est sans doute la prochaine grande avancée concernant la projection ciné. Le 3ème volet continue d'ailleurs sur cette lancée, avec 40% du film en HFR.
"Le HFR ne doit pas être considéré comme un format", a expliqué James Cameron lors d'un entretien avec Discussing Film. "La 3D est un format. Le 70 mm est un format. Le HFR est une façon d’améliorer la 3D. C’est donc un outil de création. Personnellement, j'aime ça", a-t-il poursuivi.
"Nous avons employé le HFR dans toutes les scènes sous‑marines d'Avatar 2 et 3, pour créer une sensation d’hyper‑clarté irréelle. Dans les scènes en surface, nous ne l’utilisons que lorsqu’il y a un artefact stroboscopique dû à un panoramique ou à un mouvement latéral d’un personnage", a exposé le réalisateur.
De son côté, Ang Lee a également tenté d'apporter sa pierre à l'édifice avec Un jour dans la vie de Billy Lynn et Gemini Man. Le metteur en scène oscarisé a tourné ces deux oeuvres en 120 images par seconde, du jamais vu !
Pour le moment, les cinémas capables de projeter du 120 FPS sont peu nombreux, mais cela donne une idée de la direction que va prendre le HFR à l'avenir.
Sur Billy Lynn, Ang Lee explique qu'il a voulu emmener le spectateur "dans une zone où il ferait l’expérience de la clarté d’esprit des soldats confrontés à des situations chaotiques."
Rendez-vous donc dans les salles obscures pour découvrir Avatar 3 en HFR ! Le film est sorti depuis le 17 décembre.
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