À la fin des années 80, Karate Kid dépoussière le cinéma d'action grand public, introduisant une nouvelle forme de héros, plus sensible, avec un physique normal, et non un corps bodybuildé à la Sylvester Stallone.
Produit par Columbia Pictures, le long-métrage avec Ralph Macchio est un succès planétaire, propulsant le comédien au rang de star mondiale. Fort de ce triomphe, il reprendra son rôle dans trois autres films de la saga, en 1986, 1989 et 2025.
Surfer sur le succès de Karate Kid
Ce succès va donner des idées au studio Touchstone Pictures, qui va avoir envie de lancer sa propre franchise d'arts martiaux avec des ados. C'est chose faite en 1993 avec Ninja Kids, une sorte de variante de Karate Kid, mettant cette fois en scène 3 enfants au lieu d'un seul.
L'histoire nous présente Samuel, Jeffrey et Michael. Ces derniers ne sont pas des enfants comme les autres. Chaque été, ils s'entraînent chez leur grand-père, Mori Tanaka, légende vivante des arts martiaux. Le vieil homme leur a transmis les secrets les plus redoutables du ninjutsu.
Dans l'ombre, un ancien allié de Mori refait surface : Snyder. Autrefois partenaire respecté, il est désormais un impitoyable trafiquant d’armes. Traqué par le FBI et notamment par Samuel Douglas, gendre de Mori et père des trois garçons, Snyder tente une dernière manœuvre : demander à Mori de faire pression pour qu'on le laisse tranquille.
Touchstone
Mais Snyder ne fait confiance à personne. Convaincu que Mori ne bougera pas, il décide de frapper en premier. Il engage trois brutes pour enlever les enfants… une erreur fatale. Car ces ravisseurs vont découvrir à leurs dépens qu'un entraînement de ninja vaut mieux que la force brute. Pièges, coups fulgurants et stratégies éclairs : même des enfants peuvent devenir de redoutables adversaires quand ils ont été formés par un maître.
Sur le papier, Ninja Kids avait le potentiel pour rivaliser avec Karate Kid, mais au final, il ne parvient pas à se hisser au niveau de son illustre aîné. Même si le film reste agréable à regarder pour son trio attachant, il s'avère tout de même mou du genou. Les scènes d'action sont plutôt mollassonnes et mal chorégraphiées, malgré le dynamisme des acteurs principaux.
Des héros archétypaux
Par ailleurs, le fait que l'on se retrouve à suivre trois personnages principaux ne permet pas une identification aussi simple qu'avec Daniel LaRusso, héros de Karate Kid. Ce dernier ne paye pas de mine quand on fait sa connaissance, puis il réussit à progresser pour enfin se confronter à ses harceleurs, et grandir à la fois physiquement et spirituellement.
Dans Ninja Kids, les trois enfants sont déjà très bien entrainés par leur grand-père, ils n'ont pas besoin de progresser. Cela empêche immédiatement une forte identification. Par ailleurs, leur grand-père est loin d'avoir le charisme et la complexité d'un Monsieur Miyagi. Il n'est pas réellement caractérisé, et sa relation avec ses petits-fils se résume à l'enseignement des arts martiaux, sans approfondir le reste.
Karate Kid prend le temps de se concentrer sur les interactions entre LaRusso et Miyagi, le coach devenant petit à petit une sorte de père de substitution pour le jeune homme, en quête de repères. De plus, Karate Kid nous raconte une histoire claire et progressive avec entraînement, échec, persévérance puis victoire méritée.
De son côté, Ninja Kids repose surtout sur un enchaînement de situations d'action et de gags. Les enjeux sont moins personnels, plus artificiels (kidnapping, méchants caricaturaux), ce qui diminue fortement la tension dramatique.
Columbia Films
Des sujets universels
Par ailleurs, Karate Kid traite de thèmes universels : le respect, la discipline, la confiance en soi ou la transmission. Ninja Kids vise avant tout un public très jeune, avec un ton parfois proche du cartoon, ce qui le rend moins marquant pour les adolescents et les adultes. Aujourd'hui, on se souvient beaucoup plus de son premier visionnage de Karate Kid que de Ninja Kids.
Enfin, on peut également citer la différence notable entre les antagonistes des deux sagas. Johnny Lawrence et le Dojo Cobra Kai sont crédibles, menaçants et humains. Les méchants de Ninja Kids sont souvent des brutes interchangeables, plus comiques que réellement dangereux. C'est pour cela que Karate Kid est devenu un classique, là où Ninja Kids reste un film de divertissement nostalgique.
Malgré cela, Touchstone Pictures réussira son pari, récoltant 29 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 6,5 millions. Ninja Kids deviendra ensuite une franchise appelée la saga des 3 Ninjas, générant 3 autres oeuvres. Seul le second opus sortira au cinéma en 1994 : Les 3 Ninjas contre-attaquent.
Par la suite, Les 3 ninjas se révoltent (1995) et Les 3 ninjas se déchaînent (1998) seront des échecs commerciaux aux Etats-Unis et sortiront directement en vidéo dans nos contrées.
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