Quand on évoque Star Wars La Menace Fantôme, on ne peut pas éluder l'une des meilleures scènes du film, le combat épique opposant Qui-Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi au Seigneur Sith Dark Maul. Pour les fans, il s'agit d'un moment mémorable, gravé à jamais dans les esprits.
Une mélodie légendaire
Rythmée par la musique homérique de John Williams, la séquence est filmée avec virtuosité par George Lucas et le combat est chorégraphié de main de maître par Nick Gillard ! Intitulé "Duel of the Fates", le morceau composé par Williams est bien plus qu'une simple mélodie. Elle rythme le combat avec une puissance quasiment religieuse.
Avec son choeur épique inspiré du sanskrit, elle fait partie intégrante de la séquence, annonçant le destin tragique du personnage de Qui-Gon Jinn. Rarement une musique n'aura si bien accompagné une scène d'action. Installé sur notre siège de cinéma en 1999, c'est ce qui a immédiatement frappé lors de la découverte de cet affrontement magistral.
En plus de la musique magique de John Williams, le combat bénéficie d'une chorégraphie révolutionnaire ! À l'époque, c'était vraiment du jamais vu. Les gestes étaient rapides, précis, presque acrobatiques, le tout inspiré des arts martiaux et de l’escrime. Dark Maul, incarné par Ray Park impose un style animal, agressif. Quant à Obi-Wan, joué par Ewan McGregor, il est impulsif et impatient. De son côté, Qui-Gon Jinn (Liam Neeson) est calme, défensif, très ancré dans les arts Jedi.
Lucasfilm
Dépoussiérer le mythe
Plus de 20 ans après Un Nouvel espoir, George Lucas dépoussiérait de fond en comble la mise en scène des combats au sabre laser, pour le plus grand bonheur des fans. En une séquence, il a ringardisé la totalité des duels de la trilogie originale. D'ailleurs, pour Ewan McGregor, il s'agit de son "combat au sabre laser préféré de tous les temps" a-t-il souligné, cité dans Collider.
"Tout ce combat était incroyable à faire, le fait de rester coincé derrière les portes laser et tout le reste. Mais cette partie-là, c’est carrément un autre niveau." Selon Ewan McGregor, lui et Ray Park (Dark Maul) allaient tellement vite que George Lucas a dû ajuster la façon de filmer la scène pour la ralentir, afin que le public puisse suivre les mouvements.
"À l’époque, on tournait encore sur pellicule, et on pouvait ajuster la vitesse à laquelle la pellicule défile dans la caméra. Si tu veux un effet de ralenti, tu fais tourner la caméra plus vite, comme ça, quand tu repasses la scène à vitesse normale, ça donne un ralenti", a expliqué Ewan McGregor.
"Je me souviens l’avoir entendu dire : 'Ils vont trop vite. Accélérez légèrement la caméra.' Donc ils ont accéléré la caméra pour ralentir un peu l’image, parce que Ray et moi allions tellement vite pendant ce combat. George avait peur que les gens n’y croient pas", a confié l'interprète d'Obi-Wan.
Cette révélation rend encore plus impressionnante cette séquence déjà gravée dans la mémoire des fans de Star Wars. Cet affrontement d'anthologie n'était pas seulement parfaitement chorégraphié, il était littéralement trop rapide pour être filmé normalement !
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Une implication quasi religieuse
Ewan McGregor termine ensuite son anecdote en évoquant l'implication des acteurs sur les combats. Ils étaient tous tellement à fond qu'un technicien devait changer régulièrement les tiges en métal avec lesquelles ils se battaient, remplacées en post-production par les lasers.
"Il y avait un gars qui se baladait avec une sorte de chariot mobile d’un plateau à l’autre. Son seul boulot, c’était de remplacer les lames des sabres laser après chaque prise. Dès qu’Hayden et moi avions terminé une prise, nos lames de sabre étaient complètement tordues", a-t-il exposé.
"C’était du métal : des tubes métalliques, un genre d’alliage, je suppose. Mais on y allait tellement fort ! Quand George Lucas disait 'Coupez', tu regardais ton sabre, et il avait littéralement la forme d’un crochet. Alors ce gars venait te changer la lame à chaque prise. Tu peux imaginer à quel point on y allait à fond", a conclu Ewan McGregor.
Cette implication se ressent évidemment dans la scène, d'une intensité absolument phénoménale. Par ailleurs, si l'affrontement a laissé une empreinte indélébile, c'est aussi grâce à son méchant iconique.
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Un méchant gravé dans les mémoires
Sans dire un seul mot, Dark Maul marque les esprits, avec son design mythique (tatouages, cornes), son sabre laser à double lame (une révolution), sa présence menaçante, silencieuse. Il incarne à lui seul la peur pure, sans discours inutile, le côté obscur dans sa forme la plus terrifiante.
Enfin, le combat jouit aussi d'une narration claire et symbolique, menée de main de maître par George Lucas. Le duel n’est pas juste spectaculaire. Par exemple, les portes qui s’ouvrent et se ferment symbolisent la séparation maître / élève. Qui-Gon médite face à la mort, Dark Maul bouillonne de rage, et Obi-Wan est coincé, impuissant.
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Une scène chargée de sens
C’est visuellement simple, mais chargé de sens, nous offrant un moment clé pour toute la suite de la saga. Ce combat décide de la mort de Qui-Gon, de la formation d'Obi-Wan comme maître, et du destin d'Anakin (Qui sait ce qu'il serait devenu si Qui-Gon l'avait guidé à la place d'Obi Wan). On comprend plus tard que l'échec des Jedi commence ici.
En combinant émotion, symbolisme, innovation, musique légendaire et conséquences narratives majeures, ce combat représente un tournant tragique au coeur du mythe Star Wars. Pour tout cela, cette scène d'action restera l'une des plus mémorables du 7ème art.
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