Vingt-trois ans après que le Royaume-Uni a été mis en quarantaine à cause de la propagation du virus de la Fureur dans 28 jours plus tard, Danny Boyle et son scénariste Alex Garland revenaient avec une suite dont l’action se déroulait vingt-huit ans plus tard.
Le long métrage, sorti dans nos salles le 18 juin 2025, suivait une communauté de rescapés réfugiée sur une petite île, seulement reliée au continent par une route placée sous haute protection. Lorsque l’un des habitants de l’île est envoyé en mission sur le continent, il découvre que non seulement les infectés ont muté, mais que d’autres survivants aussi, dans un contexte à la fois mystérieux et terrifiant…
Sept mois après la sortie du film porté par Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Alfie Williams, Ralph Fiennes et Jack O’Connell, la suite sort déjà en salles. Pensé comme une trilogie dès le départ, 28 ans plus tard : Le Temple des morts se déroule directement après la fin du précédent opus.
On y retrouve le docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes). Ce dernier noue une relation aussi troublante qu’inattendue avec l’infecté Alpha. De son côté, la rencontre entre Spike (Alfie Williams) et Jimmy Crystal (Jack O’Connell) tourne au cauchemar. On se rend rapidement compte que ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine : c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…
Pourquoi Danny Boyle ne réalise pas cette suite ?
Écrite par Alex Garland - comme les précédents films - et produite par Danny Boyle, cette suite n'est pas mise en scène par le cinéaste britannique. C'est la réalisatrice américaine Nia DaCosta - déjà à l'œuvre sur le remake de Candyman et The Marvels - qui est aux commandes. Danny Boyle est, en revanche, déjà annoncé à la mise en scène du troisième film de cette trilogie. Alors pourquoi le cinéaste n’a-t-il pas réalisé ce second opus ?
Le tournage de 28 ans plus tard a débuté au mois de mai 2024 dans le comté de Northumberland, au nord de l’Angleterre. La suite, Le Temple des morts, a été tournée en quasi simultané. Danny Boyle n’a pas pu diriger le deuxième volet, prévu en salles par Sony Pictures seulement quelques mois après le premier, car il était trop occupé à finaliser ce dernier et à en assurer la promotion. Les contraintes de calendrier et de production ont donc obligé le cinéaste à céder sa place.
Sony Pictures
Ce dernier explique au micro de The Hollywood Reporter : "Nous voulions tourner dans une région reculée d'Angleterre mais cela allait coûter cher. Nous recherchions un partenaire qui comprenne cela et qui soit également prêt à investir dans le deuxième film, qui était déjà écrit. Pour des raisons logistiques et financières, il aurait été insensé de ne pas les tourner à la suite.
Cela m'a empêché de réaliser le deuxième film, car je devais préparer le premier pour sa sortie. Nous avons donc demandé à Nia DaCosta de réaliser le deuxième film. Elle a fait un excellent travail."
Pourquoi Nia DaCosta ?
Danny Boyle et Alex Garland ont ainsi confié les commandes du Temple des morts à Nia DaCosta, dont la relecture de Candyman les avait impressionnés.
Boyle déclare dans le dossier de presse : "Avec Alex Garland, on admirait depuis longtemps sa version de Candyman et on savait qu’elle maîtrisait parfaitement les codes du cinéma d’horreur et qu’elle adorait 28 jours plus tard. Elle a su tenir compte de ce que les fans aiment dans la saga tout en s’appropriant ce nouveau film, et en entraînant la licence dans des territoires encore plus sombres et terrifiants."
En effet, s’il s’inscrit dans la lignée des précédents épisodes, Le Temple des morts diffère des autres films de la saga. Nia DaCosta n’a pas tenté de copier le style de Danny Boyle et est parvenue à s’approprier pleinement ce chapitre. Si 28 ans plus tard tirait davantage du côté du drame familial, Le Temple des morts lorgne plus franchement vers l’horreur pure, surtout dans sa première partie.
Sony Pictures
Nia DaCosta précise : "Quand j’ai commencé à parler de ce nouvel opus avec Danny et Alex, je les ai prévenus que j’allais me l’approprier et que je n’allais pas chercher à faire un film à la manière de Danny Boyle. Car cela me semblait impossible.
Le scénario d’Alex était très différent de celui de 28 Ans plus tard, ce qui appelait une autre approche. Je pouvais vraiment y apposer ma marque, laisser libre cours à ma singularité, et me montrer audacieuse visuellement, tout en signant une mise en scène plus classique."
Changement de style
Autre différence, plus technique cette fois-ci : Nia DaCosta n’a pas tourné à l’iPhone comme l’a fait Danny Boyle, mais a utilisé une caméra numérique, sans pour autant négliger les textures. Alex Garland précise dans le dossier de presse :"Dès le départ, Nia nous a dit que les mouvements d’appareil ne seraient pas les mêmes qu’avec Danny, et que le montage serait, lui aussi, différent. Danny a trouvé ce parti-pris très impressionnant, car la plupart des gens auraient spontanément tenté d’imiter son style, et ce n’était pas l’approche de Nia. C’était à la fois impressionnant et intelligent."
Fini donc les plans nerveux et saccadés façon caméra à l’épaule : la réalisatrice nous offre une mise en scène plus léchée et plus conventionnelle. En revanche, la violence n’est pas éludée, et ce long métrage se révèle bien plus sanglant que le précédent.
Sony Pictures
Un aspect sur lequel Nia Dacosta revient d'ailleurs au micro de Première. "Je n'avais pas vraiment perçu le fait que ce film était plus sanglant que le précédent, jusqu'à ce que le comité de censure au Royaume-Uni ne nous donne effectivement un avertissement plus élevé que le film de Danny. [NDLR : En France, le film est interdit aux moins de 16 ans comme le précédent opus]
Je pense que ça vient encore de la nature du script et des questions que tente de soulever Alex Garland : dans un monde sans boussole morale, qui choisissez-vous de devenir ? Kelson l'humaniste stoïque, ou Jimmy, le psychopathe nourri à l'utraviolence ? Il ne fallait pas avoir peur de montrer les hauts contrastes entre ces deux pôles : la beauté contemplative et le bain de sang."
Au final, 28 ans plus tard : Le Temple des morts est autant dans la lignée du précédent qu'une œuvre à part entière. Là où 28 ans plus tard privilégiait une approche plus émotionnelle et intime, à hauteur d'enfant, ce nouvel opus embrasse une horreur plus frontale, parfois même éprouvante. Cette rupture stylistique, loin d’être un défaut, affirme l’identité propre du film et justifie pleinement le passage de relais à Nia DaCosta.
La violence, plus graphique et assumée, sert ici un propos sombre sur la perte totale d'humanité des survivants, jusqu’à atteindre son apogée dans une scène de danse saisissante portée par Ralph Fiennes. Cette séquence s’impose comme l’une des scènes les plus marquantes du film. Plus qu'une simple suite, Le Temple des morts est une variation audacieuse et brutale, qui prouve que la saga 28 peut encore se réinventer sans perdre sa puissance. Vivement le troisième opus !
28 ans plus tard : Le Temple des morts est à voir au cinéma.
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