Même les légendes connaissent des hauts et des bas. John Wayne, l’emblème du western, a lui-même reconnu avoir tourné certains films qu’il n’aimait pas. Parmi ceux-ci, un titre sorti en 1973 se démarque : Les Cordes de la potence, réalisé par Andrew V. McLaglen.
Avec près d’une centaine de westerns à son actif, Wayne est une référence incontournable du genre. Sa carrière s’étend sur plus de quarante ans, traversant l’âge d’or du western et son déclin. Pourtant, ce film en particulier ne trouvait pas grâce à ses yeux.
L’histoire suit Daniel Cahill, un jeune homme arrêté pour ivresse et pour avoir causé 37 dollars de dégâts dans un saloon. En prison, il partage sa cellule avec trois hors-la-loi qui le persuadent de s’évader et de braquer la banque, avant de revenir derrière les barreaux comme si de rien n’était. Le père de Daniel, le Marshall J.D. Cahill, revient en ville avec les bandits qu’il était parti arrêter. Lorsque le cambriolage est découvert, il se lance dans l’enquête et fait de son fils son adjoint.
John Wayne en retrait, mais toujours invincible
Au moment du tournage, Wayne n’est plus au sommet de sa forme. À 66 ans, il n’est plus le roi du box-office, même s’il conserve une base de fans fidèles. Les Cordes de la potence reste un “John Wayne Movie” classique : son personnage est invincible, résistant aux blessures et indomptable.
Pourtant, les plans larges montrent clairement l’usage d’une doublure à cheval, et l’acteur se limite souvent aux plans rapprochés. Cela reflète ses difficultés physiques et l’âge qui commence à se faire sentir.
Warner Bros.
Une réception critique mitigée
Produit par John Wayne lui-même, le film fut mal accueilli par une partie de la critique américaine. Le New York Times écrivait : “Reconnaissant peut-être les nouvelles limites de leur star, ils passent beaucoup de temps à essayer de transformer un western conventionnel en un film d’enfants en danger”, ajoutant : “[les enfants] sont terrorisés par les voleurs qu’ils ont autrefois aidés, dans des situations librement empruntées à Tom Sawyer, mais sans esprit ni sentiment véritable.”
Dans une interview de 1975, deux ans après la sortie du film, Wayne confiait à Tony Macklin (via SlashFilm) : “C’était juste un film pas vraiment bien fait. Il avait besoin d’une meilleure écriture et de plus de soin dans sa fabrication.”
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Une réflexion sur le temps et la paternité
Le film montre moins Wayne à l’écran, et son personnage apparaît parfois isolé, signe que le temps a laissé sa marque. Comme ses précédents westerns tardifs – Big Jake (1971) et Les Cow-boys (1972) – Les Cordes de la potence explore le thème de la paternité et de l’absence du père, suggérant peut-être les propres interrogations de l’acteur sur le partage de sa vie personnelle et professionnelle.
Alors, ce film mérite-t-il d’être rangé au rang des “mauvais John Wayne” ? Chacun peut se faire son propre avis.
Pour ce faire, direction la VOD, ou tout simplement les éditions Blu-ray et DVD.
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