L’année dernière, dans un entretien accordé à Brut, Guillaume Canet a raconté une anecdote surprenante de sa carrière : il y a environ seize ans, il a refusé de travailler avec l’un des plus grands réalisateurs au monde, Martin Scorsese.
À l’époque, le cinéaste américain souhaitait produire un biopic et voulait confier la réalisation à Guillaume Canet. Le projet portait sur la vie de Jacques Lusseyran, résistant français déporté à Buchenwald. “J’étais allé le voir exprès à New York pour un film sur la vie de Jacques Lusseyran. Il voulait que je réalise le film”, explique Canet.
Une rencontre surréaliste
La rencontre, selon le réalisateur français, a été pour le moins… originale. “La rencontre était lunaire. Je me suis retrouvé dans son salon avec lui, j’étais en train de me brûler avec un mug de thé qu’il m’avait donné et qui était beaucoup, beaucoup trop chaud”, raconte-t-il en souriant. “J’osais pas le poser parce que je l’avais à moitié renversé et donc ça coulait. (...) J’étais en surchauffe. Je transpirais, j’étais en train de me brûler la main.”
Pour Canet, parler cinéma avec Scorsese a été un moment presque irréel. “Il me parlait de Ne le dis à personne. J’étais complètement subjugué d’entendre Scorsese me parler de mon film”, confie-t-il. Le Français se souvient aussi des échanges techniques : “Il me demandait comment j’avais fait certains plans, quoi... De Cluzet qui court dans les escaliers... Et moi je lui dis : ‘C’est un plan que vous avez inventé vous, en fait, dans Mean Streets…’ (...) Moi, j’étais comme ça : ‘Oh, là, là, là..., je suis en train de parler de plans avec Scorsese, c’est surréaliste !’”
Pourquoi Guillaume Canet a dit non
Malgré cette opportunité unique, Guillaume Canet a choisi de décliner l’offre. Deux raisons principales l’ont poussé à dire non. “J’étais pas fasciné par le scénario et, surtout, j’étais en train de préparer Les Petits mouchoirs, je partais dedans”, explique-t-il. “Lui voulait qu’on tourne tout de suite et je ne pouvais pas lâcher tout ce que j’avais mis en place, c’était compliqué.”
Loin d’imposer un refus brutal, Martin Scorsese lui a facilité la tâche : “Je ne savais pas comment lui dire non. Lui m’a simplifié le truc en me disant : ‘Tu sais, un projet, il faut être à fond dessus ou pas du tout. T’inquiète pas, ça se refera.’ Bon, ça s’est jamais fait”, raconte Canet en riant, précisant qu’il a néanmoins eu l’occasion de revoir le réalisateur américain plusieurs fois sur différents plateaux.
En marge de cet interview, Guillaume Canet était au cœur de l’actualité grâce au thriller Ad Vitam, sorti en septembre dernier sur Netflix, rappelant qu’il continue de naviguer entre cinéma français et expériences internationales, à l’instar de ses collaborations passées avec Danny Boyle et Leonardo DiCaprio dans La Plage ou son propre film hollywoodien Blood Ties.
Écoutez-le parler de son expérience avec Martin Scorsese ci-dessous :
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