Après sa présentation en mai 1979 au Festival de Cannes, Apocalypse Now sort sur les écrans américains le 15 août 1979. Le film de guerre de Francis Ford Coppola, à charge sur la folie de ce conflit et sa brutalité pour les jeunes Américains envoyés là-bas, a remporté la Palme d'or (ex-aequo avec Le Tambour) et 2 Oscars, Meilleur son et Meilleure direction photo (Vittorio Storaro).
Mais imaginez que vous êtes un réalisateur italien et vous souhaitiez vite surfer sur le succès du film de Coppola, que feriez-vous ? Comme le réalisateur américain, vous partiriez dans les Philippines pour tourner en décors naturels, vous loueriez deux hélicoptères et engageriez une douzaine d'acteurs pour tourner Héros d'apocalypse (1980).
La guerre du Vietnam avec les moyens du bord
Flora Film
C'est exactement ce qu'a fait le réalisateur Antonio Margheriti, mais au lieu de faire un drame de guerre comme son modèle, il opte plutôt pour un film alternant les moments volontairement légers et la réalité de la guerre, ce qui donne un rendu final assez étonnant et à mille lieues du film de Coppola.
Dans son film, le capitaine Morris (David Warbeck) décide suite au suicide de son meilleur ami de retourner dans la jungle afin de trouver une tour de radiotransmission diffusant aux soldats une propagande anti-guerre et de la rendre silencieuse une bonne fois pour toute.
Apocalypse Now, mais pas que !
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En plus de surfer sur Apocalypse Now, Héros d'apocalypse reprend quelques éléments de Voyage au bout de l'enfer. On y retrouve le jusqu'au-boutisme de certains personnages trop atteints par la guerre, le suicide d'un des personnages, et une scène à New York (tournée à Rome) dans laquelle on voit la "vie d'avant". Le titre en langue anglaise de Héros d'apocalypse, The Last Hunter, est une référence directe au Deer Hunter de Michael Cimino.
Malheureusement, toute ambition politique ou a minima psychologique est balayée par l'envie d'Antonio Margheriti de simplement "faire un film de guerre au Vietnam". Les fusillades se multiplient, avec des acteurs tirant dans les arbres et parfois complètement à côté, et le massacre devient rapidement lassant, puisqu'il n'y a globalement que ça.
Que cela soit Voyage au bout de l'enfer ou Apocalypse Now, Margheriti reste trop en surface pour donner le moindre relief à son film. Pour être juste, Margheriti a la volonté de bien faire, et parvient à faire de son film d'1h30 quelque chose de très regardable, sans autre ambition que de faire une série B qui se tienne de bout en bout.
On est loin du catastrophique Alien, la créature des abysses, qui lorgnait du côté de James Cameron, et qui nous a un peu plus traumatisés.
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