Prononcée il y a 89 ans par une héroïne mythique du western, cette réplique est l'une des plus mémorables du cinéma
Corentin Palanchini
Il aime les superbes paysages (Ford), les sales gueules et les BO de Morricone (Leone), les héros indomptables (Hawks), les rebelles (Sollima), les solitaires (Eastwood), les délires (Les Mystères de l’ouest), la guerre de Sécession (The Good Lord Bird, Glory) et l'héritage de tout ça (Yellowstone).

Ce grand classique du western et du cinéma possède une réplique culte prononcée par son héroïne, et qui peut redonner de l'espoir dans les moments difficiles.

On a du mal aujourd'hui, 89 ans après, à imaginer l'impact majeur qu'a eu Autant en emporte le vent. En tête du box-office de l'année 1939, le film est encore le plus grand succès de tous les temps si l'on ajuste le box-office à l'inflation, devant Avatar ou Avengers: Endgame.

C'est aussi le film qui a popularisé le Technicolor, mais aussi l'un des rares films parlants de l'époque (avec Le Grand Ziegfeld de Robert Z. Leonard en 1936) à être entrecoupé d'un entracte. Grande fresque de l'histoire du cinéma longue de quatre heures, Gone With The Wind emporte les spectateurs au milieu du XIXème siècle, au moment où le destin de Scarlett O'Hara et de sa famille va basculer.

Une histoire d'amour (très) compliquée

Selznick International Pictures

Car si le Rhett Butler joué par Clark Gable a une réplique culte dans le film, capable de mettre fin à n'importe quelle discussion, Scarlett O'Hara elle aussi, interprétée par Vivien Leigh, a une formidable ligne de dialogue, qui vient conclure le long métrage de façon brillante.

Au cours du film, Scarlett traverse beaucoup d'épreuves, passant d'une jeune fille grandissant dans une riche plantation du sud des Etats-Unis avec des domestiques et des esclaves noirs, à une femme adulte vivant sans le sou suite à la Guerre de Sécession et aux taxes imposées par le gouvernement. Le cœur brisé lorsque l'homme qu'elle convoite épouse sa cousine, Scarlett tombe ensuite amoureuse de Rhett Butler, et leur vie ne va être qu'une série de rendez-vous manqués, car ces deux-là s'aiment jamais au bon moment.

Lors de leur dernière rencontre, Scarlett, qui vient de perdre sa cousine, avoue enfin son amour à Rhett, qui lui, estime que leur couple est à la dérive, surtout depuis le décès de leur fille Bonnie Blue. Encore un mauvais timing dans leur relation. Il la quitte assez brutalement, et rien de ce que Scarlett dit n'arrive à le retenir.

Une fois seule dans la maison, Scarlett s'effondre. On entend alors des répliques déjà entendues au cours du film à propos de l'importance de "Tara", la terre et la maison familiale des O'Hara. Scarlett réalise alors : "Tara ! La maison ! Je suis sauvée ! Là, je réfléchirai au moyen de le ramener". Puis elle ajoute :

Après tout, demain, le soleil luira encore.
Selznick International Pictures

Puis commence le thème d'Autant en emporte le vent. On voit Scarlett regarder la demeure familiale sur fond de coucher de soleil, et les mots "THE END" s'inscrivent sur l'écran, alors que la musique signée Max Steiner s'emballe dans un final grandiose.

Cette dernière réplique, "Après tout, demain, le soleil luira encore" est à la fois pleine d'espoir et tragique. Scarlett a une de fois de plus perdu l'amour de Rhett, mais s'imagine que la vie les réunira encore si elle se bat pour sauver leur couple. Et pour cela, elle s'appuiera sur Tara. Comme tout au long du film, Scarlett ne se laisse pas abattre, relève la tête et repart au combat. Celui pour son amour et sa terre, ses deux piliers.

C'est aussi un final qui répond à l'une des premières scènes du film, où le père de Scarlett lui prédisait qu'elle hériterait de Tara et de ses terres, et la jeune fille n'en voulait pas. La mise en scène était la même : la caméra reculant peu à peu pour dévoiler qu'en bas de la colline se trouve le manoir de la famille, sur fond de coucher de soleil. Les deux moments se répondent fabuleusement. Et cette fois, Scarlett a compris l'importance de la terre.

Ce final puissant, superbement interprété par Vivien Leigh, nous donnerait presque envie de passer deux heures de plus avec Scarlett afin de la voir à nouveau prendre le taureau par les cornes et relancer sa vie, en contrant le destin. Un rôle magnifique, pour un film qui ne l'est pas à moins, et qui remportera huit Oscars.

Autant en emporte le vent
Autant en emporte le vent
Sortie : 20 mai 1950 | 3h 58min
De Victor Fleming, George Cukor, Sam Wood
Avec Vivien Leigh, Clark Gable, Leslie Howard
Presse
4,4
Spectateurs
4,1
Disponible sur HBO MAX

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