Atteint d'aphasie, un trouble du langage allant de la difficulté de trouver ses mots à une perte totale de la faculté de s'exprimer, pathologie causée par des dommages au cerveau provoqués dans la majorité des cas par un accident vasculaire cérébral, Bruce Willis a choisi de tirer sa révérence en annonçant mettre fin à sa carrière en 2022.
Non sans avoir au préalable tourné une quantité industrielle de films, en dépit de son état de santé, et sur lesquels lui-même ne semblait parfois même pas savoir ce qu'il faisait sur les plateaux de tournage. Entre 2000 et 2023, Willis tournera dans pas moins de 83 films.
Ce 25 février, la chaîne W9 diffusera à 21h10 un documentaire consacré à l'acteur, Bruce Willis : Les secrets d'une icône, qui tente, entre autre, de soulever une question aiguë : depuis quand est-il malade ? Car si l'annonce officielle fut faite en 2022, la star semblait donner en réalité d'inquiétants signes bien avant.
C'est en tout cas le constat qu'a fait le journaliste britannique Jamie Edwards, interrogé dans le documentaire, qui avait eu Willis en interview en 2013 pour la promotion du film Red 2.
"Un cauchemar à diriger"
A l'époque, Bruce Willis était notoirement connu pour être difficile à gérer, réputé caractériel. Certains se souviennent sans doute du Tweet assassin de Sylvester Stallone, qui taxait l'acteur de "cupide et paresseux" parce que Willis exigeait un cachet d'un million de dollar par jour de tournage sur Expendables 3.
Il avait aussi déjà essuyé les invectives du monde du cinéma, en l'occurrence celles de Kevin Smith. Peu après le tournage de Top Cops, le réalisateur s'était copieusement lâché sur le comportement de l'acteur américain, répétant à qui voulait l'entendre que Bruce Willis était "A Fucking Dick and a Nightmare to Work With" ("Un gros connard et un cauchemar à diriger"). Particulièrement en verve, le cinéaste avait fait de sa haine un fond de commerce, multipliant les stand-up devant des publics hilares.
"À l'intérieur de moi, c'était la panique totale"
Et en interview ? D'humeur variable, comme l'avait montré l'interview du journaliste Jamie Edwards qui avait fait pas mal de buzz, lorsque l'acteur devait assurer la promotion du film Red 2 aux côtés de Mary-Louise Parker. Willis était en service strict minimum. Voire moins, tandis que sa collègue actrice ramait comme jamais pour sauver l'interview.
"Ce qu'on fait maintenant, ce n'est pas de la comédie. Peut être pour vous. Nous ne faisons que vendre le film. La partie sympa était de faire le film" lâche Willis. Le journaliste demande : "Alors si vous deviez me vendre le film, que diriez-vous ?" Réponse de l'intéressé : "Je ne le ferai pas".
"Je me suis assis et j'ai commencé à papoter avec Bruce et Mary-Louise à propos de rien, puis j'ai donné les micros. On a blagué en disant qu'on pourrait faire un karaoké. Tout s'annonçait bien jusqu'à ce que quelqu'un dise "action". Là, j'ai bien vu qu'une chose avait changé dans les yeux de Bruce Willis et très vite, j'ai compris qu'il ne voulait absolument pas faire la promotion du film" raconte le journaliste dans le documentaire. Selon lui, Willis "semble ailleurs. À l'intérieur de moi, c'était la panique totale. On peut le lire sur mon visage d'ailleurs, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait".
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