En 1996, un film de science-fiction débarque en salles et bouleverse tous les codes : Independence Day ! Mis en scène par Roland Emmerich, il connaît un succès considérable, rapportant la somme colossale de 817 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 75 millions.
Pour mémoire, Independence Day débute en nous montrant une immense soucoupe volante envahissant le ciel terrestre, libérant un nombre infini de plus petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes du monde.
Un informaticien new-yorkais, David Levinson, décrypte alors les signaux émanant des étranges voyageurs. Ils ne sont pas du tout amicaux et ces extraterrestres se préparent à attaquer la Terre. Le long-métrage fait désormais partie des classiques de la SF, porté par un casting parfait, de Jeff Goldblum à Will Smith en passant par Bill Pullman, Judd Hirsch, Mary McDonnell ou Randy Quaid.
Un discours légendaire
Si le film regorge de scènes mémorables et de punchlines cinglantes, notamment scandées par Will Smith, le grand public se souvient surtout du discours du président Thomas Whitmore, incarné par Bill Pullman.
La séquence se déroule dans le désert du Nevada, sur une base militaire secrète, la fameuse Zone 51. L’humanité est au bord de l’extinction car les extraterrestres ont attaqué la Terre et détruit les grandes capitales mondiales : Washington, New York, Los Angeles, et plusieurs villes à travers le monde ont été rayées de la carte.
Les gouvernements sont désorganisés, les armées décimées, les communications coupées. Les États-Unis ont perdu une grande partie de leur flotte aérienne et la planète semble condamnée. Cependant, il subsiste un tout petit espoir, impulsé par le scientifique David Levinson.
Ce dernier a découvert que les engins spatiaux aliens sont protégés par un bouclier énergétique centralisé. Les militaires élaborent alors un plan risqué : infiltrer le vaisseau-mère pour y introduire un virus informatique, désactiver les boucliers et lancer une attaque aérienne coordonnée mondiale.
Les forces humaines restantes s’apprêtent à lancer ce qui pourrait être la dernière bataille de l'Humanité, celle qui verra la victoire des Terriens, ou la fin définitive de ces derniers. Les pilotes sont épuisés et conscients que leurs chances de survie sont faibles. Nous sommes le 4 juillet, et le président monte sur une estrade pour prendre la parole.
Fox
Motiver les troupes
Le dirigeant américain comprend que la mission est presque suicidaire et choisit de participer lui-même au combat, en tant qu'ancien pilote. Il doit ainsi redonner du sens à un combat désespéré, transformant alors ce moment de peur en un moment historique. Ce ne sera plus seulement une fête américaine.... ce sera le jour où l’humanité a combattu pour sa survie.
Ce n’est plus seulement l’Amérique, c’est le monde qui combattra sous une seule bannière, et c'est le message le plus important du discours martelé par Whitmore. Après un silence pesant et tendu, il commence à parler.
"Bonjour. Dans moins d'une heure, nos avions vont en rallier d'autres venus du monde entier. Vous allez livrer le plus grand combat aérien de l'Histoire de l'Humanité. L'Humanité... un mot qui devrait prendre un sens nouveau pour nous aujourd'hui. Ne passons plus notre temps à ne penser qu'à nos petites querelles sans importance. Nous allons être unis dans notre intérêt commun. Peut-être le sort a-t-il voulu qu'aujourd'hui soit le 4 juillet."
Nous allons vivre ! Nous allons survivre ! Aujourd'hui, nous célébrons le jour de notre indépendance !
"Vous allez une fois de plus, devoir défendre notre liberté. Non pas de la tyrannie, de l'oppression, de la persécution... mais de l'anéantissement. Nous combattons pour notre droit de vivre, d'exister. Et si nous remportons la victoire, le 4 juillet ne sera plus connu comme la fête nationale américaine, mais comme le jour où le monde a déclaré d'une seule voix : Nous n'entrerons pas dans la nuit sans combattre ! Nous ne voulons disparaître sans nous battre ! Nous allons vivre ! Nous allons survivre ! Aujourd'hui, nous célébrons le jour de notre indépendance !"
Montée en puissance
Ce discours bénéficie d'une montée dramatique parfaitement construite par le réalisateur Roland Emmerich. La scène est un modèle de crescendo et débute par un silence tendu avant les paroles graves et humaines du président.
On a également une montée musicale héroïque avec des plans serrés sur les pilotes et une explosion d’enthousiasme final qui nous donne des frissons. Par ailleurs, la musique de David Arnold amplifie l’effet épique de ce discours mémorable.
Bill Pullman (et sa VF Robert Guilmard) interprète ce discours de façon poignante, avec un ton à la fois guerrier et humain. Le personnage n’est pas un politicien distant et hors sol ; on peut assez facilement s'identifier à lui et avoir envie de le suivre dans ce combat.
C'est un ancien pilote de chasse, un père de famille inquiet et un leader qui doute, mais assume. Il possède l'étoffe dont tous nos dirigeants devraient être faits. Il incarne ainsi une figure rassurante dans le chaos, ce qui renforce l’impact émotionnel.
Unis sur Terre
De plus, Contrairement à beaucoup de blockbusters des années 90, le discours inclut explicitement les autres nations de la planète. C’est une rhétorique d’unité mondiale, ce qui le rend plus large que le simple nationalisme. Il faut souligner ainsi le contexte de la sortie du film en 1996, à une époque où les grands discours héroïques fonctionnaient à plein régime.
La scène est donc devenue un modèle parodié partout et une référence pop culture internationale. Elle est souvent classée parmi les meilleurs discours du cinéma, et c'est totalement mérité. Cette prise de parole représente également un moment suspendu dans le temps, 5 ans avant le 11 septembre 2001, et le basculement du monde dans le combat contre le terrorisme, suite aux attentats du World Trade Center.
Enfin, il faut savoir que ce discours est grandement inspiré par celui écrit par un certain William Shakespeare dans Henry V, et que vous pouvez écouter ici dans la version de Kenneth Branagh. Ce monologue d'Henri V à ses troupes à Azincourt le jour de la Saint-Crépin est l'un des plus beaux de toute la littérature.
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