En amont de la cérémonie des Oscars, Variety a organisé un échange croisé entre Timothée Chalamet et Matthew McConaughey. Des retrouvailles en quelque sorte : le second avait en effet incarné son père dans le film Interstellar de Christopher Nolan, il y a douze ans. Durant 90 minutes, les deux balayent leurs carrières respectives. Et McConaughey d'évoquer un film qui a marqué un important tournant dans sa carrière : Dallas Buyers Club.
L'histoire des "Buyers Club": entre succès, espoirs et colèresUn drame inspiré d’une histoire vraie, qui relate la tragique destinée de Ron Woodroof. Alors que les médecins lui donnent 30 jours à vivre, ce dernier, diagnostiqué séropositif à l’âge de 35 ans, décide de se battre contre l'industrie pharmaceutique qu’il juge trop passive. Le réalisateur québécois Jean-Marc Vallée s’offrait pour l’occasion un casting américain de premier choix : Matthew McConaughey, Jennifer Garner et Jared Leto.
Cité à l'Oscar du meilleur montage, Jean-Marc Vallée a surtout permis à McConaughey d'obtenir l'Oscar du Meilleur acteur pour son extraordinaire composition, très solidement épaulé par Jared Leto qui repartira quant à lui auréolé de l'Oscar du Meilleur second rôle. Une magnifique revanche pour le cinéaste, qui s'était vu refuser le financement du film 86 fois.
"je me suis imposé une discipline stricte"
Fidèle à son credo, l'investissement de McConaughey pour son rôle exigeant dans Dallas Buyers Club sera totale, comme il le rappelle dans l'échange. "J'ai perdu 21 kilos. Ça n'a pas été difficile, parce que je me suis imposé une discipline stricte. Je suis devenu obsédé. Si je me présente sur scène sans avoir l'air d'avoir le VIH, les gens vont dire : "N'importe quoi !" C'est embarrassant. Je n'ai pas fait mon travail. J'ai raté le coche.
C'est une exigence professionnelle. Je me suis donc donné cinq mois pour perdre du poids. Je vais vous dire une chose : la force que j'ai perdue dans mon corps s'est sublimée dans mon cerveau. Ma mémoire clinique a triplé par rapport à ce qu'elle était auparavant".
"Matthew en avait marre de jouer les beaux gosses creux !"
Lorsque nous avions eu le grand plaisir de rencontrer Jean-Marc Vallée en 2013 pour nous parler de son film, il ne tarissait d'ailleurs pas d'éloges concernant la composition de Matthew McConaughey. Même s'il nous avait avoué avoir eu des réticences de prime abord, mais bien vite balayées, pour confier le rôle principal à l'acteur. "Matthew en avait marre de jouer les beaux gosses creux !" nous lâchait le réalisateur.
"Sur le tournage, Matthew était toujours dans le mouvement. C’est d’ailleurs là, peut-être, la seule divergence que j’ai eu avec lui, sur la première semaine de tournage. Il était toujours dans le mouvement, alors que moi je lui demandais l’absence de mouvement. D’en faire très très peu, l’économie de gestes ; l’école du "Less is More".
Alors que lui me servait du "More is More", en me disant "fais-moi confiance !" Jared faisait pareil aussi. Du coup j’avais l’impression de faire un truc caricatural au début. Mais j’ai fait le choix de leur faire confiance. Et en salle de montage, j’ai finalement davantage gardé les prises de "More is More" comme Matthew le suggérait, plutôt que ce que je pensais. Et le résultat est là".
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