Dès le début de sa carrière, John Wayne s’est naturellement retrouvé dans les westerns, le genre qui allait faire sa renommée mondiale. Interrogé par la BBC en 1969, alors qu’il tournait Chisum d’Andrew V. McLaglen, il expliquait : “Ce n’était pas que j’étais intéressé par faire des westerns, c’était là où je me fondais le mieux. Je faisais 1,93 mètres, ce qui était vraiment grand à cette époque, pour faire du cinéma. Et toutes les femmes stars sont petites, donc je devais constamment me pencher très fort vers elles, donc je m’incluais mieux dans l’esthétique western.”
Autrement dit, sa stature imposante ne correspondait pas aux rôles de jeunes premiers romantiques. Son physique le prédestinait davantage aux univers des plaines et des cowboys qu’aux histoires d’amour à l’écran. Mais cette prédisposition n’était pas seulement une question d’esthétique : elle avait aussi un aspect pratique pour les studios de l’époque.
United Artists
John Wayne précisait ainsi : “À cette époque, [les studios] ne dépensaient pas autant qu’aujourd'hui ; pour des doubles programmes, ils attendaient de vous que vous soyez suffisamment solide pour faire certaines choses, et j’entrais dans cette catégorie [d’acteur]. C’est pour ça que j’ai commencé avec [les westerns].”
Les exigences physiques des séries B
Les “doubles programmes” étaient des séances proposant deux films successifs, souvent liés par le genre : deux westerns, ou deux films de science-fiction. Ces programmes mettaient fréquemment en avant des films à petits budgets, appelés films B, réalisés rapidement. Pour ces productions, il était indispensable que l’acteur principal, surtout dans les westerns, sache monter à cheval et encaisser les cascades.
Même si les cascadeurs existaient déjà, certains exploits restaient confiés à des spécialistes comme Yakima Canutt, qui prenait la place de Wayne pour les scènes les plus périlleuses.
Entre 1931 et 1939, John Wayne a ainsi tourné plus d’une cinquantaine de ces séries B, majoritairement des westerns. Ce parcours l’a progressivement conduit vers des productions plus ambitieuses. L’aboutissement de cette transition est survenu avec La Chevauchée fantastique de John Ford qui a révélé à la fois au public et aux studios que Wayne pouvait soutenir un film de grande envergure.
La Chevauchée fantastique est à d’ailleurs redécouvrir en VOD.
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.