Pourquoi John Wayne était-il abonné aux westerns ? La raison est simple, et c'est lui qui la donne !
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini

Avec sa carrure imposante, John Wayne n’était pas fait pour les rôles de jeune premier romantique. C’est naturellement vers les westerns qu’il s’est tourné, un genre qui allait faire sa légende hollywoodienne et révéler l’homme derrière le cowboy.

Dès le début de sa carrière, John Wayne s’est naturellement retrouvé dans les westerns, le genre qui allait faire sa renommée mondiale. Interrogé par la BBC en 1969, alors qu’il tournait Chisum d’Andrew V. McLaglen, il expliquait : “Ce n’était pas que j’étais intéressé par faire des westerns, c’était là où je me fondais le mieux. Je faisais 1,93 mètres, ce qui était vraiment grand à cette époque, pour faire du cinéma. Et toutes les femmes stars sont petites, donc je devais constamment me pencher très fort vers elles, donc je m’incluais mieux dans l’esthétique western.

Autrement dit, sa stature imposante ne correspondait pas aux rôles de jeunes premiers romantiques. Son physique le prédestinait davantage aux univers des plaines et des cowboys qu’aux histoires d’amour à l’écran. Mais cette prédisposition n’était pas seulement une question d’esthétique : elle avait aussi un aspect pratique pour les studios de l’époque.

John Wayne et Claire Trevor dans “La Chevauchée fantastique” (1939) United Artists
John Wayne et Claire Trevor dans “La Chevauchée fantastique” (1939)

John Wayne précisait ainsi : “À cette époque, [les studios] ne dépensaient pas autant qu’aujourd'hui ; pour des doubles programmes, ils attendaient de vous que vous soyez suffisamment solide pour faire certaines choses, et j’entrais dans cette catégorie [d’acteur]. C’est pour ça que j’ai commencé avec [les westerns].”

La Chevauchée fantastique
La Chevauchée fantastique
Sortie : 24 mai 1939 | 1h 37min
De John Ford
Avec John Wayne, Claire Trevor, Thomas Mitchell
Spectateurs
3,9
Streaming

Les exigences physiques des séries B

Les “doubles programmes” étaient des séances proposant deux films successifs, souvent liés par le genre : deux westerns, ou deux films de science-fiction. Ces programmes mettaient fréquemment en avant des films à petits budgets, appelés films B, réalisés rapidement. Pour ces productions, il était indispensable que l’acteur principal, surtout dans les westerns, sache monter à cheval et encaisser les cascades.

Même si les cascadeurs existaient déjà, certains exploits restaient confiés à des spécialistes comme Yakima Canutt, qui prenait la place de Wayne pour les scènes les plus périlleuses.

Entre 1931 et 1939, John Wayne a ainsi tourné plus d’une cinquantaine de ces séries B, majoritairement des westerns. Ce parcours l’a progressivement conduit vers des productions plus ambitieuses. L’aboutissement de cette transition est survenu avec La Chevauchée fantastique de John Ford qui a révélé à la fois au public et aux studios que Wayne pouvait soutenir un film de grande envergure.

La Chevauchée fantastique est à d’ailleurs redécouvrir en VOD.

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