Né à Danbury, dans l'Etat du Connecticut, en 1976, Jonathan Brandis commence très tôt sa carrière de comédien. Après avoir été un enfant modèle pour une marque de chaussures dès l'âge de 2 ans, il joue dans de nombreuses publicités, ce qui lui permet de décrocher des petits rôles dans des séries télé.
Il apparaît notamment dans La Loi de Los Angeles, La Fête à la maison, Madame est servie, Arabesque, ou Les Années coup de coeur. Par la suite, à l'âge de 9 ans, il emménage avec ses parents à Los Angeles pour tenter d'obtenir de nouvelles opportunités et faire décoller sa carrière.
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Une année décisive
En 1990, Jonathan Brandis parvient à décrocher un rôle très convoité, qui va lui ouvrir les portes d'Hollywood, celui de Bastien, héros mythique de L'Histoire sans fin II. La même année, l'acteur de 14 ans se glisse également dans le costume de Bill, jeune homme tourmenté par le terrifiant clown de Ça - Il est revenu, avec Tim Curry.
Ces deux personnages permettent à Jonathan Brandis de devenir un ado star au début des années 90, augurant d'une carrière fructueuse dans l'industrie cinématographique et télévisuelle. En 1992, Jonathan est associé au légendaire Chuck Norris dans Sidekicks : "Le seul film pour lequel j'accepterai de sortir de ma retraite pour une éventuelle suite", dira d'ailleurs Norris, en 2023.
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Entre Karate Kid et Last Action Hero, Sidekicks a permis à Chuck Norris de jouer son propre rôle. Il était accompagné du jeune Jonathan Brandis, qui incarnait Barry Gabrewsky, un adolescent victime de harcèlement. Ce dernier rêvait d’être l’acolyte de Chuck Norris et s’entraînait aux arts martiaux pour réaliser son souhait.
Avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus très expressifs, son visage fin et juvénile, ses traits doux et son sourire discret, Jonathan incarnait un style typique des années 90. Physiquement, il était une sorte de mélange entre Leonardo DiCaprio et River Phoenix. À l’adolescence, son allure a beaucoup contribué à son image d’idole auprès du jeune public.
L'idole des jeunes
D'ailleurs, en 1993, à l'âge de 17 ans, la carrière du jeune homme prend une nouvelle dimension. Il est choisi pour interpréter Lucas Wolenczak dans la série de science-fiction SeaQuest, police des mers. Produite par Steven Spielberg, elle permet à Brandis de décupler sa notoriété. Il fait alors la Une de nombreux magazines et devient la coqueluche de tous les adolescent(e)s !
La star pouvait alors recevoir jusqu'à 4000 lettres de fans par jour, selon le New York Times. "Je ne me suis jamais perçu comme ça, comme un adolescent de magazine", a déclaré Brandis dans une interview en 1994, cité dans l'article du NY Times.
"En tant qu’acteur, vous espérez simplement continuer à travailler. Et puis, quand vous commencez à recevoir du courrier ! Je ne pensais pas que ça allait arriver. Ce n'est pas quelque chose auquel on se prépare", confiait l'acteur.
À l'époque, les fans sont tellement obnubilés par le jeune homme que la production de SeaQuest est contrainte d'engager 3 gardes du corps pour le protéger. Ils sont chargés de l'escorter à chaque sortie du plateau de tournage de la série, situé en Floride, dans les studios Universal.
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Des rêves de réalisation
Pour Jonathan, cette hystérie autour de sa personne est compliqué à supporter, surtout pour lui, qui aspire à évoluer, et ne pas rester comédien toute sa vie. "Je veux qu'on se souvienne de moi comme d'un acteur qui a fait du bon travail au début de sa carrière, un travail encore meilleur à la fin de sa carrière, et qui a lentement réussi la transition vers l'écriture et la réalisation", indiquait-il en 1994, dans l'émission Regis & kathy Lee Show.
Malheureusement pour lui, l'annulation de SeaQuest en 1996, après seulement 3 saisons, est un véritable coup dur. Jonathan Brandis est âgé de 20 ans et sa carrière commence à stagner dangereusement. Il reste cantonné aux rôles d'éternel adolescent, et cela va jouer sur sa santé mentale.
Il tentera tout de même de casser son image trop lisse en se laissant la barbe, puis en incarnant un toxicomane dans Her Last Chance, mais rien n'y fait. Il essaie même une incursion dans le western aux côtés d'un certain Tobey Maguire dans Chevauchée avec le Diable, mais cela n'empêche pas sa carrière de s'enliser.
Trois ans après ce rôle, il espère voir la lumière au bout du tunnel en obtenant le rôle de Waverly dans Mission évasion, un film de guerre porté par Bruce Willis et Colin Farrell. Encore une fois, c'est la douche froide pour Brandis, qui espérait voir sa carrière redécoller avec ce film. La majorité de ses scènes ont été coupées, et le jeune homme est toujours en quête d'un renouveau.
Au début des années 2000, il passe le casting pour le rôle très convoité d'Anakin Skywalker dans Star Wars épisode II, mais Hayden Christensen sera finalement choisi par George Lucas. Brandis, alors âgé de 24-25 ans, est jugé trop vieux. Un nouveau coup dur pour le jeune homme, qui tournera son dernier film, le thriller Traque à Puerto Vallarta, en 2003. Il n'assistera jamais à la sortie du long-métrage au cinéma...
Une fin tragique
Le 11 novembre 2003, lors d'un dîner, ses amis remarquent que Jonathan agit de manière étrange. Il est très agité et fait les 100 pas dans le salon. Il s'absente ensuite pour se rendre au second étage de son immeuble de Los Angeles. 15 minutes plus tard, un de ses amis, inquiet de ne pas le voir revenir, le découvre pendu à une corde de nylon dans le vestibule ; il alerte immédiatement les secours et la police.
Jonathan Brandis est transporté à l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles, où il est déclaré mort à 2h45 du matin, le 12 novembre 2003. "L'acteur aurait fait part à son entourage de son envie de se suicider. Mais personne ne semble avoir pris sa menace au sérieux", expliquait le site People en décembre 2003.
Des rumeurs évoquaient aussi une dépression et une addiction à l'alcool. "Nous savions que quelque chose lui pesait, mais nous ne savions pas ce que c'était ni à quel point c'était grave", a indiqué la mère de Jonathan. Un médicament, l’isotrétinoïne, utilisé pour traiter son acné, a aussi été mis en cause, car il aurait pu causer une psychose et son suicide.
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En 2021, 18 ans après son décès, son père, Greg Brandis, expliquera que Jonathan souffrait très probablement de troubles bipolaires. "Jonathan était très intelligent, très poli et toujours facile à vivre. Sa mort n'était pas due à l'industrie du divertissement. Je regarde en arrière maintenant, et dans sa vingtaine, il montrait des signes de personne maniaco-dépressive. J'espère que toute personne qui souffre de cela pourra trouver de l'aide", soulignait M. Brandis.
Le jeune homme a donc vu son destin basculer le soir du 11 novembre 2003, à l'âge de seulement 27 ans. Promis à une grande carrière, il aurait pu rivaliser avec Leonardo DiCaprio ou encore Ryan Gosling, deux acteurs avec lesquels il partage plusieurs points communs, physiquement et dans le jeu d'acteur, intense et passionné. On pourrait aussi le comparer à un autre destin brisé, celui de Brad Renfro, disparu en 2008 à l'âge de 25 ans.
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