Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à l'âge de 91 ans, était une icône du cinéma français. Pour lui rendre hommage, on vous propose 5 oeuvres incontournables portées par celle qui avait pour initiales BB !
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En cas de malheur
En 1957 à Paris, la belle, naïve et immorale Yvette Maudet (Brigitte Bardot), 22 ans, qui se prostitue occasionnellement, assomme l'épouse d'un horloger qu'elle tente de dévaliser. Me André Gobillot (Jean Gabin), avocat quinquagénaire, accepte de la défendre et, séduit par sa sensualité, en tombe amoureux.
Grâce à un faux témoignage, il obtient son acquittement. Il entame alors une liaison avec elle, l'installe et l'entretient, ne peut plus se passer d'elle. Mais Yvette aime en cachette un jeune étudiant en médecine, jaloux et possessif, qui vit misérablement et paie ses études en travaillant dans une usine...
Devenu l'une des têtes de Turcs des cinéastes de la Nouvelle Vague depuis la parution du fameux article signé par François Truffaut dans Les Cahiers du cinéma intitulé "Une certaine tendance du cinéma français" en 1954, Claude Autant-Lara fut logiquement meurtri par ces attaques. Pourtant, Truffaut trouvait qu'En cas de malheur était le meilleur film du cinéaste.
Loin de ses rôles initiaux de belle ingénue, En cas de malheur sera un tournant dans la carrière de Bardot. Vénéneuse à souhait, manipulatrice, son incarnation de la prostituée Yvette, jupe trop courte et jambe dévoilée dans une célèbre scène qui sera censurée, bousculera une France encore très conservatrice en matière d'érotisme à l'écran.
Pas facile de donner la réplique à Jean Gabin, authentique monstre sacré à l'écran, qui ne voulait d'ailleurs pas, au début, "jouer avec cette chose qui se promène toute nue". Le vétéran saura pourtant la mettre en confiance, alors qu'elle perdit ses moyens dès sa première scène avec lui : "Sentant mon angoisse, ma timidité, mon affolement, voyant que j’étais au bord de la crise de nerfs, il a fait exprès de se tromper à la prise suivante et a bougonné "ça arrive à tout le monde" avait-elle commenté.
Et Dieu... créa la femme
Dans le petit port traditionnel de Saint-Tropez, la jeune et jolie Juliette, une orpheline de 18 ans qui vit dans une famille d'accueil, fait tourner de nombreuses têtes. Trois hommes vont se disputer son coeur.
Réalisé à la fin des années 50 par Roger Vadim (qui a épousé Brigitte Bardot quatre ans plus tôt), Et Dieu... créa la femme est le film qui propulsera la jeune comédienne au rang de star nationale et même mondiale. Le long métrage de Vadim, acclamé par certains, déclenche aussi de vives polémiques chez les autres, considéré comme choquant et critiqué pour ses scènes jugées trop dénudées et sa scène de mambo pleine de sensualité. C'est également sur le tournage du film que Bardot fera la connaissance de Jean-Louis Trintignant, pour lequel elle quittera Roger Vadim.
Le Mépris, l'amour fini
Paul, un scénariste français (Michel Piccoli) et son épouse Camille (Brigitte Bardot) visitent le tournage du nouveau film de Fritz Lang, qui tourne l'histoire d'Ulysse pour un producteur américain (Jack Palance). Très vite, Paul se voit proposer de travailler sur le script du film, tandis que Camille se retrouve un peu trop souvent seule avec le producteur, qui l'intimide. Dès lors, leur couple commence à battre de l'aile...
Peut-être le film le plus "froid" du début de carrière de Godard. Le Mépris raconte un couple en cours de destruction, une histoire d'amour triste couplée à la naissance d'un film. Parfois, l'amour disparu peut mener à la création. Les images de Brigitte Bardot et de Michel Piccoli sur le thème de Camille composé par Georges Delerue justifient à elles seules la vision.
La Vérité
Dominique (Brigitte Bardot) comparaît aux assises pour le meurtre de son amant, Gilbert (Sami Frey), fiancé de sa soeur Annie. Elle doit se battre contre l'avocat, qui tente de ternir, contre son gré, la mémoire de Gilbert, et contre le procureur, qui essaie de la faire passer pour un monstre sans coeur aux yeux du jury...
Adapté de l'affaire Pauline Dubuisson, un véritable fait divers survenu sept ans auparavant, La Vérité, réalisé par Henri-Georges Clouzot, est une étape marquante dans la carrière de Brigitte Bardot. L'actrice, peu de temps après En cas de malheur de Claude Autant-Lara, y confirme son talent dans le registre dramatique avec un rôle complexe.
Joli succès populaire avec près de 5,7 millions d'entrées en salles, La Vérité, Golden Globe du Meilleur film étranger, a été nommé à l'Oscar dans la même catégorie.
Brigitte Bardot a fait une tentative de suicide peu après le tournage de La Vérité, tout comme son personnage à la fin du film. "Clouzot m’a tellement persuadée que j’étais cette femme de mœurs légères, cette tragédienne, que j’ai fini par y croire. Je suis devenue Dominique. Au point que des mois plus tard, j’ai voulu me suicider", déclarait la comédienne au micro du magazine Vogue Hommes.
"Clouzot a été très dur. Il allait très loin. Jusqu’à me faire ingurgiter des somnifères à mon insu pour que j’aie l’air dans un semi-coma", poursuivait Bardot. "Je ressentais profondément ce personnage. Pour la longue scène du tribunal à la fin, on a fait qu’une seule prise. Quand il a dit "coupez!", tous les figurants se sont levés et m’ont applaudie. J’étais lessivée. Mais ça valait le coup. Clouzot a sorti de moi un film extraordinaire. C’est mon meilleur film."
Viva Maria!
Début du XXe siècle en Amérique centrale. Maria 1 est chanteuse de music-hall. Maria 2 est recherchée par la police. Elles se rencontrent et deviennent inséparables. Au sein d'une troupe de music-hall ambulante, elles forment un duo explosif qui connaît un franc succès. Au cours d'une tournée mouvementée elles vont se retrouver à la tête d’une véritable révolution…!
Lorsque Louis Malle, réalisateur d'Ascenseur pour l'échafaud et Zazie dans le métro réunit Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans un western teinté de comédie, on peut au premier abord se poser la question du pourquoi. Mais finalement, en donnant sa chance au film, on découvre qu'il se permet des situations absurdes, qu'il a des moments foncièrement drôles, qui n'occultent pas le scénario acerbe coécrit par Malle et Jean-Claude Carrière. Quant à Bardot, elle est très à l'aise dans la comédie et donne un contrepoint parfait à Jeanne Moreau.
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