Diffusée chaque soir sur France 5, C à vous, présentée par Anne-Elisabeth Lemoine, s’est imposée au fil des années comme un rendez-vous central de l’actualité. Politique, société, culture : le talk-show a longtemps mêlé débats et interviews de personnalités de premier plan, y compris ministres et élus. Pourtant, depuis début janvier, aucun responsable politique n’est invité en plateau, une absence remarquée par les téléspectateurs les plus assidus. Cette situation concerne aussi C ce soir, animé par Karim Rissouli, autre pilier de l’info sur la chaîne publique.
Les invités politiques désertent le plateau de C à vous
Contactée par Télérama, la direction de France Télévisions assume cette consigne, expliquant avoir demandé la suspension des invités politiques “pour des raisons de temps de parole” à l’approche des élections municipales de 2026. Même si les règles d’équité ne s’appliqueront officiellement qu’à partir du 2 février, le groupe public préfère anticiper. “On a pris très au sérieux les rappels au pluralisme”, explique France Télévisions, évoquant également un “principe de précaution”, après des remarques formulées par l’Arcom en 2025. Une décision annoncée comme temporaire, mais sans calendrier précis.
Les équipes éditoriales frustrées
Du côté de la production, la pilule a du mal à passer. Un membre de Mediawan, société qui produit C à vous, confie ainsi : “On est empêchés, bridés, cela nous pose un problème éditorial, c’est incompréhensible…”. Et d’ajouter : “Pour couvrir l’actualité, c’est beaucoup plus fort de recevoir un leader politique, un ministre en exercice que des commentateurs. Surtout avant des échéances électorales !”. En effet, Anne-Elisabeth Lemoine se vantait en 2024 dans les colonnes de La Tribune Dimanche que le programme s'était imposé "comme une référence lors de la campagne présidentielle de 2022. Désormais, les prises de parole importantes se font aussi chez nous". Malgré les assurances de la direction, qui affirme que cette décision n’a “aucun lien” avec la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le climat reste tendu en interne, même si les audiences, elles, tiennent bon.