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    Mais d'où viennent les masques des grands méchants des films d'horreur ?
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Scream, Vendredi 13, Massacre à la tronçonneuse... Ces films ont un point commun : les tueurs portent un masque. Objet incontournable du genre de films d'horreur, chaque masque a sa petite histoire.

    Les Yeux sans visage (1959)

    Champs-Elysées Productions

    Les Yeux sans visage, ce sont ceux de la malheureuse Christiane Genessier, défigurée suite à un accident de voiture. Son père, chirurgien de son état, souhaite remodeler le visage de sa fille. Mais pour cela, il doit effectuer des greffes de peau qu'il aura prélevée sur des jeunes filles... Dans le chef-d'oeuvre de Georges Franju (qui est, on ne le répètera jamais assez, un authentique film d'horreur), Edith Scob arbore un masque terrifiant, morne, sans vie, silencieux. Un premier exemple sans doute de ce qu'on appellera bien plus tard la théorie de la Uncanny Valley, ou "Vallée dérangeante". Le mot "Uncanny" étant la traduction anglaise du terme freudien de unheimlich, qui se traduit en français par "inquiétante étrangeté". Késako ? Il s'agit en fait d'une théorie scientifique du roboticien japonais Masahiro Mori, publiée pour la première fois en 1970, selon laquelle plus un robot androïde est similaire à un être humain, plus ses imperfections nous paraissent monstrueuses.

    Pour la petite histoire derrière le masque, c'est à Henri Assola et Georges Klein qu'on le doit. Le tandem avait déjà réalisé le masque de Quasimodo porté par Anthony Quinn dans "Notre-Dame de Paris". Pendant longtemps, les masques ont été fabriqués en matière plastique, jus de l'arbre à caoutchouc, importée de Grande-Bretagne. Mais des chimistes français venaient de mettre au point une méthode plus efficace. Les masques en latex étaient désormais coulés sur des moules en plâtre reproduisant les visages des interprètes. Ce détail de fabrication est important : il montre la volonté de Franju de faire du masque de Christiane un second visage, dont la beauté doit rivaliser avec le vrai.

    Edith Scob n'enlève jamais son masque, tout comme...

     

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