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    2010-2019 : notre "très cher cinéma français", entre succès et révélations
    Par Octavie Delaunay, Thomas Desroches et Brigitte Baronnet — 17 déc. 2019 à 10:25
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    Parce que le cinéma français nous a réservé de beaux succès (de "The Artist" à "Intouchables"), des révélations entre 2010 et 2019, focus sur une décennie de films, d'actrices et acteurs, réalisatrices et réalisateurs qui nous ont marqué.

    EuropaCorp Distribution

    Face aux évolutions technologiques et des modes de consommation des oeuvres, les Français ne boudent pas les salles obscures pour autant. La décennie compte de (très) gros succès populaires parmi les productions françaises sorties depuis le début des années 2010. Deux d'entre-eux relèvent d'ailleurs des trente plus gros succès au box-office français de tous les temps à savoir Intouchables avec 19 479 088 millions de spectateurs et Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? qui comptent 12 366 862 d'entrées.

    10 ans de succès populaires et surprises

    Suite à un triomphe, on prend les mêmes et on recommence. Ainsi, la décennie 2010 voit se multiplier les franchises et les suites : Camping 2 et 3, Les Tuche 2 et 3, les films de la bande à Fifi (Babysitting 2, Alibi.com) et ceux avec et de Dany Boon (Rien à déclarer, Supercondriaque, Raid Dingue, La Ch'tite famille). En 2010, la bande de potes de Guillaume Canet ouvre le bal avec Les Petits mouchoirs (5 457 276 millions de spectateurs) et clôt la décennie par Nous finirons ensemble, sorti en mai dernier, qui cumule 2 793 207 millions d'entrées, numéro 2, sur le podium des films français en 2019, après Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon dieu ? ! 

    Pathé
    La bande de Guillaume Canet a ouvert et clôt la décennie avec succès, des Petits mouchoirs (2010) à Nous finirons ensemble (2019)

    Au box-office, les sagas et les noms d'Omar Sy, de Jean Dujardin ou encore Kev Adams flottent au-dessus de la masse de films qui sortent chaque année et puis, il y a les belles surprises. Des longs métrages qui auraient pu rester relativement inaperçus mais que le public français a soutenu. En grande majorité, ils tournent entre 900 000 et 3 millions d'entrées et ne cochent pas toutes les cases de la comédie française populaire. A l'inverse, nombre d'entre-eux abordent des sujets sociaux correspondant à des problématiques contemporaines. Les réalisateurs se penchent attentivement sur la société dans laquelle ils vivent.

    Jair Sfez
    Médecin de campagne de Thomas Lilti, avec François Cluzet et Marianne Denicourt (2016)

    En dix ans, ils ont mis en scène : la crise autour du milieu médical (Hippocrate, Médecin de campagne), le chômage (La Loi du marché et le tandem Brizé-Lindon), la fonction publique (Polisse, 9 mois ferme, L'Hermine), le handicap (La Famille Bélier, Hors-normes) mais aussi l'écologie et le retour à la terre (Demain, Au nom de la terre). Ses succès cinématographiques interpellent par le besoin de la société actuelle de prendre conscience de son environnement et non plus seulement le besoin de s'évader.

    Nord Ouest Films
    Anthony Bajon et Guillaume Canet dans Au nom de la terre (2019), premier long métrage d'Edouard Bergeon, parmi les derniers succès surprises de cette décennie. Le film frôle les 2 millions d'entrées, et est le 5ème plus gros succès français de l'année, derrière Hors normes, et devant La Vie scolaire.
    De nouveaux visages : explosion et révélations

    Durant la décennie, les spectateurs ont vu de nombreux talents se confirmer, comme Omar Sy qui, suite au succès monstre d'Intouchables en 2011, remporte le César du meilleur acteur et voit sa carrière s'envoler jusqu'aux portes des studios hollywoodiens. Il intégrera le casting de deux des plus grosses franchises : X-Men et Jurassic Park, avant de donner la réplique à Harrison Ford en 2020. Toujours en 2011, Michel Hazanavicius rend hommage aux films muets avec The Artist, une véritable consécration pour Jean Dujardin qui reçoit le Prix d'Interprétation Masculine et l'Oscar du meilleur acteur des mains de Natalie Portman l'année suivante.

    Découverte dans la comédie pour adolescents Mes Copines de Sylvie Ayme en 2006, Léa Seydoux n'a, à l'instar de ses collègues, cessé de gravir les échelons du cinéma français et international, de Mission : Impossible à James Bond, de Ridley Scott à Xavier Dolan, en passant par Abdellatif Kechiche pour La Vie d'Adèle - Chapitre 1 & 2. Présenté à Cannes, le long-métrage lui permet de rentrer dans l'Histoire du Festival puisqu'elle remporte la Palme d'Or (remise également au réalisateur et à Adèle Exarchopoulos). Une première.

    Bestimage
    Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos récompensés par la Palme d'Or lors de la 66ᵉ édition du Festival de Cannes.


    Du côté des révélations, le cinéma français n'a jamais été aussi vivant. Après deux apparitions discrètes dans les films Nos 18 ans et LOL, Pierre Niney a su marquer cette décennie, comme l'un de ses complices François Civil, grâce à des rôles de premier rang, comme Frantz, Sauver ou Périr, sans oublier Yves Saint Laurent, qui lui vaudra le César du meilleur acteur en 2015. Virginie Efira, sa partenenaire à l'écran dans 20 ans d'écart, a également conquis l'industrie après avoir opéré un virage dramatique chez Justine Triet dans Victoria en 2016. Depuis, l'actrice choisit méticuleusement ses projets dans le cinéma populaire comme indépendant. En 2020, elle retrouvera le réalisateur néérlandais Paul Verhoeven dans Benedetta, film sulfureux et probable choc au prochain Festival de Cannes. Auréolé à deux reprises aux César, en 2010, pour son rôle dans Un Prophète de Jacques Audiard, Tahar Rahim a su, lui aussi, séduire les réalisateurs de par le monde, comme Garth Davis, Asghar Farhadi et prochainement Damien Chazelle pour la série The Eddy.

    Nord-Ouest Films / Tiberius Film
    Adèle Haenel dans Les Combattants de Thomas Cailley.

    Comment parler des révélations qui ont fait la décennie sans mentionner le nom d'Adèle Haenel. L'actrice reçoit un César deux années de suite, en 2014 et 2015, et redéfinit, à travers chacun de ses rôles, la figure de l'héroïne à l'écran. Aussi féminine que virile, une nouvelle génération d'actrices bouleversent les codes préétablis de la femme au cinéma, comme Noémie Merlant, Diane Rouxel, Garance Marilier, Oulaya Amamra ou encore Camélia Jordana.

    Place aux femmes

    Les années 2010 ont également vu l'émergence d'une nouvelle vague de réalisatrices qui ont soit confirmé après des débuts prometteurs dans les années 2000, soit fait leurs premiers pas avec éclat : encore une fois, nulle question d'être exhaustif, mais mettre en valeur des talents qu'on a remarqué et qu'on prend plaisir à suivre... Citons bien sûr Maïwenn (Polisse, Mon Roi), Céline Sciamma qui, après Naissance des pieuvres en 2007, a réalisé trois films remarqués et remarquables au cours de cette décennie (Tomboy, Bande de filles, et Portrait de la jeune fille en feu), Mia Hansen Love qui a beaucoup tourné en peu de temps (5 films en moins de 10 ans, dont L'Avenir avec Isabelle Huppert), mais aussi bien sûr Léa Fehner (Qu'un seul tienne et les autres suivront, Les Ogres), sans oublier Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée, et bientôt son nouveau film Notre Dame).

    Scope Pictures - Les Films de Françoise
    Valérie Donzelli et Pierre Deladonchamps dans "Notre Dame", son 5ème long métrage sur les écrans ce mercredi. En dix ans, la comédienne, scénariste et réalisatrice a réalisé 5 longs métrages, et une fiction pour Arte.

    Au tournant des années 2010 sont apparus également les noms de deux réalisatrices qui ont depuis, elles aussi, tracé un sillon singulier et plus que prometteur dans le cinéma français : Katell Quillévéré (Un poison violent, Suzanne et Réparer les vivants), et Rebecca Zlotowski (Belle épine, Grand Central, Planétarium, Une Fille facile, sans oublier la série Les Sauvages). Enfin, il y a aussi l'émergence de réalisatrices qui ont joué à plein avec les codes du genre : Alice Winocour, qui en trois films, s'est essayé à trois registres différents (drame d'époque avec Augustine, thriller virant au polar angoissant dans Maryland, film de SF intimiste avec Proxima qui vient de sortir en salles), Coralie Fargeat et son Revenge movie très remarqué, et enfin Julia Ducourneau, dont Grave a fortement imprimé la rétine de tous ceux qui ont vu ce film explorant la question du cannibalisme sur fond de teen movie.

    Wild Bunch Distribution
    Garance Marillier dans "Grave" de Julia Ducournau


    Citons aussi trois réalisatrices émergentes dans cette décennie qui ont su filmer d'autres formes de féminité, de Léonor Serraille (Jeune femme, avec Laetitia Dosch, Caméra d'or en 2017) à Justine Triet qui a trouvé en Virginie Efira, une interprète au caractère affirmé, une héroïne moderne. 

    [PODCAST] Spotlight - C'est quoi le female gaze ? La place des femmes (et de leur regard) à l'écran 

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    Commentaires
    • fedor85
      Le cinéma français est industrielfaux il est étatique
    • Cooper1992
      je suis d'accord pour les comédies US, c'est aussi faiblard que chez nous la plupart du temps.Mais techniquement, le cinéma français est très loin du cinéma US, rien qu'en terme de photographie, je pense pas que c'est seulement une histoire de budget mais plutôt de formation dans les écoles.
    • Driv3n
      La décennie a été grande pour le cinéma français !J'ai 32 ans, cette décennie m'a clairement décidé à me tourner quasi exclusivement vers le cinéma français d'hier et d'aujourd'hui.Je rattrape progressivement mon retard sur les vieux films, tout en appréciant les nouveautés.Aujourd'hui je prends toujours plaisir à revoir un film français, tandis qu'un film US je vais le regarder une fois, c'est suffisant.Malheureusement on est sûrement de moins en moins nombreux...
    • Lemmy is a Jedi
      J'ai pas vu beaucoup de films français de cette décennie, mais à quelques exceptions près ça m'a l'air de rester dans la bipolarité comédie beauf - drame/film social ennuyeux.Dommage parce que je pense que la France peut faire beaucoup mieux, c'est quand même un grand pays de Cinéma.
    • erwanlb3
      En même temps certains diront que passer à côté d'un Midsommar ou One Upon, c'est pas forcément désagréable...Et il y a un sacré tas de comédies USA qui font bien pire que les comédies françaisesEt il faut pas oublier que le Français se dénigre tout le temps de toute façon. On aurait le meilleur cinéma du monde, les critiques ne changeraient pas
    • MGM-ranger
      Je ne suis pas complètement d'accord avec ce qui est dit plus bas. On a eu beaucoup d'excellents films durant cette décennie (120 Battements par Minutes, Au Revoir Là-haut, Intouchables, Les Misérables, Polisse, La Loi du Marché, Grave, Ernest et Célestine, Les Émotifs Anonymes, De Rouilles et d'Os, 9 Mois Ferme, Elle, Jusqu'à la Garde, J'Accuse...). Et c'est seulement ceux qui me viennent en tête à l'instant. Il y en a plein d'autres.Qualitativement, on n'a pas à culpabiliser par rapport aux autres pays, il suffit de bien chercher pour se rendre compte que notre cinéma est toujours une fierté nationale qui s'exporte avec succès. Alors certes, il y a des défauts irrécurables (l'hégémonie des comédies, le manque de budget pour les films de genre, l'aspect communautaire et fermé de ce petit milieu...), mais il faut arrêté d'être aussi dur envers nous-mêmes. Quiconque s'intéresse au septième art en-dehors des frontières sait que très peu peuvent se targuer de rivaliser avec nous.
    • Cooper1992
      Hollywood balance certes des films formatés (surtout chez Disney) mais quand même, le cinéma français est incapable de faire des films comme Midsommar, Once upon time in Hollywood ou même Le Mans 66.
    • Cooper1992
      Le cinéma français est meilleur que espagnol, Italien ou Allemand (inexistant quand même) mais bon, j'ai rarement des claques avec notre cinéma, dans mon top 10 2019, j'ai seulement un film français (les Éblouis).
    • Morcar
      N'arrivent chez nous que les films américains, anglais, coréens qui ont une qualité telle qu'elle s'exporte à l'étranger, tandis que tous les films français sont diffusés en France, évidemment. Mais en proportion, je ne pense pas que le cinéma étranger soit meilleur que le notre.Le cinéma français est industriel, comme le cinéma américain, donc produit au passage un certain nombre de films très formatés, sans grande imagination. Mais ça n'est pas pire qu'ailleurs.
    • Cooper1992
      Je suis loin d'être anti cinéma français, je trouve carrément le cinéma français des années 30-70 comme l'un des meilleurs du monde, mais franchement la décennie 2010...Ok, plusieurs films vont sortir du lot mais très globalement, rien de folichon, très régulièrement les mêmes dramas sociaux, les mêmes comédies, quand je compare avec les américains, Anglais ou Coréens...Outch.
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