Pour leur premier film en collaboration avec un grand studio hollywoodien, les frères Coen (ici aidés de Sam Raimi au scénario) réalisent une comédie déjantée qui se trouve quelque part entre Frank Capra et Tex Avery. En effet, en rendant hommage au cinéma hollywoodien qu'ils affectionnent (que ce soit Capra ou même Preston Sturges), ils nous montrent l'irrésistible ascension d'un naïf au grand cœur au sein d'une entreprise qui le manipule et qui en fait un pantin. Ici la fable se mêle au burlesque et l'inventivité visuelle des réalisateurs semble ici sans limites. Grâce à des décors fabuleux et des acteurs qui se plient avec plaisir aux règles de leur univers (même Paul Newman qui est forcément excellent tout comme Tim Robbins qui joue le naïf à la perfection et Jennifer Jason Leigh, bourrée d'énergie), les frères Coen semblent garder le contrôle de leur cinéma malgré Joel Silver à la production. La mise en scène est impeccable et réserve d'excellents moments et même si on est loin de leurs chefs-d’œuvre, il faut avouer que ce "Grand Saut" est un pur bonheur de cinéma.
Ce film est une pure merveille, un régal pour les yeux. On sent la patte des frères Coen. La mise en scène est parfaite et le jeu d'acteur impressionnant.
Film très beau! Un scénario d'apparence pas très original bourré de bonnes idées, des images et un univers qui m'ont fait pensé a Brazil. Très intéressant, surtout quand on aime les frères Cohen!
Comédie légère et de facture classique pour les frères Coen qui visent clairement comme modèle les Screwball comedy qui faisait le bonheur d'Hollywood et des cinéphiles dans les années 30 à 50. Le point de départ, un naïf propulsé dans un monde de requin qui n'est pas le sien, n'est pas sans rappeler Frank Capra et en particulier l'Extravagant Mr Deeds dont Norville Barnes semble être un cousin. Même chose pour le personnage de la journaliste interprêtée par Jennifer Jason Leigh. Tim Robbins est bien en candide lâché dans la fausse aux lions, son personnage prouvant une fois encore l'amour des frangins pour les héros marginaux ou rêveurs.
Les frères Coen ont réutilisé l'humour cartoonesque de leur première comédie, Arizona Junior, pour s'aventurer dans l'univers des requins du monde des affaires. Ce choix peut sembler étrange mais le résultat, à défaut d'être une attaque crédible des méthodes d'exploitation dans les années 50, est une sympathique reconstitution du New-York de l'époque où retrouver Paul Newman et Tim Robbins est un plaisir.
La rencontre plus que réussit entre l'humanisme hyper optimiste de Franck Capra et et l'ironie pessimiste et cauchemardesque de Franz Kafka. pour le premier l'on retrouve le grand enfant très gentil loin d'être idiot mais naïf (Tim Robbins très bon) qui du coup est manipulé par le vieux financier cynique et sans scrupule (Paul Newman tout simplement fabuleux), et pour le second la vision d'une administration complétement absurde totalitaire et métaphysique qui broie les individus ou les pervertis. Une très grande réussite donc, c'est hilarant, intelligent et réalisé avec beaucoup de classe et d'élégance.
Les frères coen sont à l'humour potache ce que tarantino est à l'action... C'est donc pour nous un supplice digne de celui du bambou que de regarder un film pareil... Long, lourd, pénible, pas vraiment très drôle, ultra-répétitif, et avec pour seuls gags le fait de faire "hurler" les personnages placés ici ou là tout au long du temps... Je doute même que l'idée de fond puisse être, un temps soi peu, utilisée à bon escient... Enfin, les enfants ont du apprécier... peut-être ce film s'adresse-t-il à eux ? Rare sont les scènes intéressantes telles que celles du comité de direction (tant sur leur versant humoristique que sociologique). Lors de sa sortie aux états-unis, ce film fut un flop... ca m'étonne pas après tout car c'est un film "cul-cul la praline et ringard"...
Une fable satirique contre les dérives du capitalisme et de l'argent à tout prix. Très bon film des frères Coen mais un peu trop "hollywoodien" à mon gout, trop conforme.
Les frères Cohen alternent le bon et le moins bon... ici, on serait plutôt au creux de la vague... Certes le propos est subversif à souhait, mais l'ensemble trop inégal pour véritablement adhérer à cette histoire plus loufoque qu'intelligible.
une fable plus qu'un film realisée par Joel, produit par Ethan, une association fraternelle qui a fait ses preuves depuis des années. Je dirai juste que ça tourne comme une horloge, et qu'on espère ne jamais l'avoir vu, pour le voir encore et encore!
Tout commence bien avec cette scène de vol plané au dessus de New York, la musique est presque effrayante, on se demande à quel film on va avoir à faire. Pourtant c'est du tout bon, Tim Robbins et Paul Newman sont extras l'un comme l'autre, ils enjolivent drôlement cette histoire un peu rocambolesque. La fin est d'ailleurs fort réussie, marrante et bien vue. Je reprocherai juste cette excitation permanente des personnages qui peut parfois être pesante voire énervante. Mais pour le reste pas grand chose à reprocher, du comique à la Coen touch!
Souvent déçue par la lourdeur du tandem Coen, j'ai trouvé ce film extrêmement drôle et bourré de réminiscences tant cinématographiques que littéraires: Tati pour les bureaux à la "Playtime" et les fameux Hoola Hoop qui dans la séquence où l'on nous décrit par le menu leur processus de production ressemblent à s'y méprendre aux tuyaux en plastique que produit l'usine de M. Arpel dans "Mon oncle", Kafka(ils ont surement pensé au Jeremy du Château pour bâtir ce personnage de groom désespérant de bêtise et constamment à contre-temps) et même Musil pour le personnage de Paul Newman qui fait fortement penser à un certain Mussberger de "L'homme sans qualités" qui tout comme le héros du film presque homonyme est un méchant qui finit à l'asile de fous. Une seule faille: le choix de Jennifer Jason Leigh, sorte de Katherine Hepburn du pauvre(même accent, même débit saccadé mais sans le pétillant et la finesse), absolument dépourvue de charme et pas même jolie. Mais j'ai toujours pensé que cette actrice-là avec son jeu forcé et mécanique, ses grimaces, était une erreur. Quand à Tim Robbins, dans le genre benet magnifique il est épatant et parvient même à être séduisant sur la fin. Bref un film excellent; tout le monde ne peut pas se targuer de réussir un film burlesque en étant inventif et sans user des ficelles grossières auxquelles nous ont habitué le cinéma français dit comique des 50 dernières années...