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Lamia Iddouche
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3,5
Publiée le 18 janvier 2026
Caro Diario de Nanni Moretti est un film qui avance comme une pensée intérieure mise en images. À travers trois chapitres, le réalisateur utilise sa propre présence non pour se mettre en avant, mais pour interroger son rapport au monde. Dans In Vespa, la circulation dans une Rome estivale et déserte révèle un malaise plus large : celui d’une société figée, dominée par la télévision et la répétition des discours. Le déplacement devient alors un geste critique, une manière de résister au conformisme par l’observation et l’ironie.
Avec Isole, le film aborde la tentation du retrait et de la pureté. Les îles apparaissent comme des espaces idéalisés, mais rapidement vidés de leur promesse par l’excès de règles, de méthodes et de principes. Moretti montre ainsi que l’intelligence, lorsqu’elle se rigidifie, peut éloigner de la vie réelle. La dernière partie, Medici, recentre le film sur l’essentiel : le corps et sa fragilité. La maladie révèle les limites du savoir, de la médecine et du contrôle humain. En reliant errance mentale et souffrance physique, Caro Diario affirme que le cinéma peut être un espace de vérité intime, où la subjectivité devient un moyen lucide de comprendre le monde.
Qu'il arpente les rues de Rome qu'il aime sur sa Vespa ou, dans un deuxième chapitre, qu'il visite les îles pour y trouver le calme et l'inspiration, Nanni Moretti ne parvient pas à me faire partager sa sensibilité et ses interrogations. Le troisième volet du film, où le cinéaste parle spoiler: de sa maladie est sans doute le plus amusant dans la façon qu'a Moretti d'ironiser sur l'incapacité des médecins à diagnostiquer justement ou sur leur propension à imaginer des ordonnances à rallonge . C'est dans ce triptyque hétéroclite, l'épisode où Moretti se montre le plus résolument explicite... Auparavant, ses badineries intellectuelles, pédestres ou motorisées, par lesquelles il disserte sur l'architecture romaine, au son de musiques légères, ou se moque de l'ineptie des programmes de la télévision, feignant d'y trouver quelque portée philosophique, restent trop vagues, trop personnelles sans doute, pour que sa mise en scène singulière en restitue tout l'intérêt. La fantaisie du récit, son charme peut-être, m'ont laissé le plus souvent indifférent.
Un journal intime qui devrait rester dans le tiroir de son auteur. Sauf à être fan inconditionnel du réalisateur pour en tirer un intérêt, c'est assez ennuyeux et embarassant...
Un film probablement baclé, construit autour d'un vague scénario, succession de moments vides que les belles façades romaines et les paysages sauvages des îles du nord ouest de la Sicile ne peuvent hélas sauver. Quelques moments sympathiques voire humoristiques émaillent de temps en temps ce chef d'oeuvre de vacuité d'où semble percer un certain nombrilisme de l'auteur. Pas l'ombre d'une recherche artistique. C'est filmé comme un documentaire. Un documentaire sur un auteur en panne d'inspiration...
Moretti croque les travers de ses contemporains et les failles de la société italienne d'une plume théâtrale, à la fois acerbe, cynique, et emplie de bienveillance ou de curiosité. Comédie de moeurs, de caractères, ce journal à sauts et à gambades évite tout nombrilisme par le portrait d'un artiste qui réfléchit au monde qu'il habite pleinement. Satirique et profondément comique, le protagoniste ne s'épargne pas, conscient de ses limites, devenant fort sympathique, voire touchant. Fort plaisant!
Nanni Moretti nous offrait en 1994 ce film intime, politique et poétique divisé en trois chapitres distincts, dans lequel il joue lui-même le rôle principal, et où il s’amuse à brouiller les pistes entre fiction et autobiographie. Le premier chapitre est une balade dans Rome en Vespa, qui met en lumière l’architecture contemporaine de la ville, entrecoupé d’extraits de films vus en plein été dans les cinémas de la capitale italienne. Le deuxième est une exploration humoristique des Îles Éoliennes, au large de la Sicile, dans laquelle chacune des îles est imaginée avec une caractéristique singulière et farfelue. Ainsi l’île de Salina est dépeinte comme un endroit où il n’y a que des enfants uniques, qui ont fini par prendre le pouvoir sur leurs parents. Le troisième chapitre, clairement le plus personnel, montre le cinéaste incommodé par un prurit persistant, qu’aucun médecin ne parvient à apaiser : spoiler: des examens plus poussés révéleront un cancer, qu’il devra traiter par chimiothérapie. Une séquence le montre au moment de la prise de son traitement dans la vraie vie. Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, Journal intime est un délicat mélange de comédie à l’italienne, d’autofiction, et de film politique à la sauce des années 70.
3 parties assez décousues avec une mise en scène très minimaliste. Fait penser aux vieux Woody Allen dans ses thèmes, ses gags et la mise en avant du réalisateur.
Nanni Moretti se met en scène avec ce délicieux et réjouissant vrai-faux journal où il évoque sa ville, ses soucis de santé, sa vision du monde et son amour pour le cinéma.
Un film que je trouve beaucoup trop surestimé... Je suis un grand fan de Moretti et peux me targuer d'avoir vu l'intégralité de sa filmographie... Le principe de l'errance me plaisait beaucoup. D'ailleurs le chapitre 1 Vespa, restera mon préféré, mais ça tourne en rond, ça se répète. Malgré tout, il faut voir ce film, rien que pour voir comment Moretti aborde le cancer qui l'a véritablement touché. Je reste donc assez mitigé, sur un film qui innove, qui a des choses à dire, mais les dits mal (à mon humble avis)
Tout simplement l'un de mes films préférés. J'ai particulièrement aimé l'ambiance de ce film, l'introspection de Nanni Moretti, sa folie parfois et sa façon de partager son/ses expériences personnelles et ses sensations. Particulièrement émouvante la scène lors de laquelle il se recueille sur le "monument" de Pasolini à Ostia.
Film définitivement génial. Le Journal Intime d'un homme entre deux âges, parfaitement libre. L'ado en mieux. Uno splendido quarantenne. Indispensable en VOSTF
Les déambulations de Nanni Moretti à Rome et en Italie. Sa vision du pays, ses émotions, ses peurs, ses amis. Bon, bon. C'est un journal intime, effectivement. Le premier chapitre, en Vespa à Rome pourquoi pas. Mais ensuite on baille aux corneilles. Ses pérégrinations dans les îles n'ont aucun intérêt. Pour finir sur une note plus tragique dont on ne comprend pas trop ce qu'il faut en retirer. Moi, moi, moi. Il est partout, souvent agaçant, parfois touchant ou amusant. Mais quel ennui. Et quel est le projet de tout cette histoire ?
Trois chapitres qui constituent plutôt trois court-métrages indépendants, avec pour seul fil rouge le ton autobiographique d’un journal intime. Le premier segment, où Moretti digresse sur les paysages urbains romains en jugeant ses contemporains de manière légèrement condescendante, n’a que peu d’intérêt, à part les interminables et très beaux travellings qui suivent la Vespa de Moretti sur une BO magnifique. Le deuxième, déambulation dans les îles éoliennes, est plus mélancolique et émouvant et m’a fait penser à L’Eternité et un jour et à son réalisme magique, avec en plus quelques traits d’humour très Woody Allen, comme la géniale satire du règne de l’enfant-roi, mon passage préféré. Le troisième est presque un documentaire, qui relate avec une colère froide le calvaire des faux diagnostics qu’a traversé Moretti avant d’être soigné pour un lymphome de Hodgkin. Visiblement cathartique, ce segment parlera surtout aux plus hypocondriaques d’entre nous. L’ensemble est une sorte de Woody Allen en trois temps et sépare des ingrédients qui auraient peut-être mieux fonctionné ensemble. Le prix de la mise en scène à Cannes n’est pas volé, mais ça reste très inégal.
Un grand film en trois parties. La première, la balade en scooter dans Rome, est une pure merveille de fraîcheur, de liberté, d’amour de la ville et du cinéma ; elle se termine par l’émouvant passage près de la stèle de Pasolini, perdue dans un terrain vague, sur la non moins merveilleuse musique de Keith Jarret. La seconde, un moment de pérégrinations dans les îles éoliennes, consacrée en grande partie à la critique de la dépendance au média « télévision », est plus faible. On retrouve dans la troisième partie le caractère intime de la première, lorsque l’auteur parle, avec humour et distanciation, de son désarroi face à la maladie et au corps médical. Elle se termine, concluant ainsi le film, sur une note d’humilité et de complicité émouvante, nous ramenant symboliquement à l’amour de la vie, dans le simple plaisir de boire un verre d’eau. Merci à Nanni Moretti pour cette expression personnelle, pour ce vrai film d’auteur.