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Kaspar Hauser est apparu en 1828 dans une rue de Nuremberg. Depuis lors, l'énigme autour des origines de l'adolescent qui avait passé toute son enfance dans un cachot sans aucun contact humain fait partie de la légende allemande. Pas étonnant en 1974 que Werner Herzog représentant du renouveau du cinéma allemand qui fonde son cinéma sur l'observation des marginaux s'empare de ce fait divers extraordinaire. Comme avec "Aguirre, la colère de dieu" qui lui a amené la reconnaissance internationale deux ans plus tôt, Herzog tient à se rapprocher au plus de la réalité pour mieux la sublimer. Son film est à mi-chemin entre le récit documentaire et le film de fiction onirique. Ce style si particulier peut tout à la fois fasciner ou irriter. Herzog dont le talent narratif et pictural est reconnu a toujours fait l'objet de vifs débats au sein de la critique internationale. Au-delà de relater l'histoire de Kaspar, Herzog s'interroge sur la naissance au monde d'un homme parvenu à l'âge adulte et la scène d’ouverture qui se veut une succession de vues de la campagne allemande n’a pas d’autre but que de nous mettre en lieu et place de Kaspar qui découvre pour la première fois le monde extérieur . Bruno S acteur amateur qui fera un autre film avec Herzog prête de manière très efficace sa marginalité au récit proposé. A travers Kaspar Hauser, c'est un peu une histoire actualisée et revisitée d'Adam que nous narre Herzog. Le leitmotiv constant d'Herzog est que c'est Lhomme qui détruit tout ce qui lui a été donné en cadeau par la nature, cette sublimation d'une osmose entre l'homme et son environnement a conduit certains à accuser Herzog d'une sympathie pour une partie des doctrines nazies. Comme alors pour Kaspar, comme souvent chez Herzog un long chemin vers l'abîme. Recueilli par différents nobles ou bourgeois, Kaspar un moment montré comme bête de foire ne pourra jamais réellement trouver sa place dans la société et il mourra assassiné de la main qui lui aura ouvert la porte de son cachot. Un film précieux et unique.
Ajoutée le 12 mars 2012 à 07h42 Signaler un abus
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