L'Enigme de Kaspar Hauser
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    Note moyenne :   4,0 pour 70 notes dont 19 critiques  | 
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    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

    19 abonnés | Lire ses 850 critiques |

      4 - Très bien

    Kaspar Hauser est apparu en 1828 dans une rue de Nuremberg. Depuis lors, l'énigme autour des origines de l'adolescent qui avait passé toute son enfance dans un cachot sans aucun contact humain fait partie de la légende allemande. Pas étonnant en 1974 que Werner Herzog représentant du renouveau du cinéma allemand qui fonde son cinéma sur l'observation des marginaux s'empare de ce fait divers extraordinaire. Comme avec "Aguirre, la colère de dieu" qui lui a amené la reconnaissance internationale deux ans plus tôt, Herzog tient à se rapprocher au plus de la réalité pour mieux la sublimer. Son film est à mi-chemin entre le récit documentaire et le film de fiction onirique. Ce style si particulier peut tout à la fois fasciner ou irriter. Herzog dont le talent narratif et pictural est reconnu a toujours fait l'objet de vifs débats au sein de la critique internationale. Au-delà de relater l'histoire de Kaspar, Herzog s'interroge sur la naissance au monde d'un homme parvenu à l'âge adulte et la scène d’ouverture qui se veut une succession de vues de la campagne allemande n’a pas d’autre but que de nous mettre en lieu et place de Kaspar qui découvre pour la première fois le monde extérieur . Bruno S acteur amateur qui fera un autre film avec Herzog prête de manière très efficace sa marginalité au récit proposé. A travers Kaspar Hauser, c'est un peu une histoire actualisée et revisitée d'Adam que nous narre Herzog. Le leitmotiv constant d'Herzog est que c'est Lhomme qui détruit tout ce qui lui a été donné en cadeau par la nature, cette sublimation d'une osmose entre l'homme et son environnement a conduit certains à accuser Herzog d'une sympathie pour une partie des doctrines nazies. Comme alors pour Kaspar, comme souvent chez Herzog un long chemin vers l'abîme. Recueilli par différents nobles ou bourgeois, Kaspar un moment montré comme bête de foire ne pourra jamais réellement trouver sa place dans la société et il mourra assassiné de la main qui lui aura ouvert la porte de son cachot. Un film précieux et unique.

    Ajoutée le 12 mars 2012 à 07h42
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    Parkko
    Parkko

    32 abonnés | Lire ses 1413 critiques |

      3 - Pas mal

    Je ne savais rien sur l'histoire de Kaspar Hauser (je ne savais même pas que c'était un film inspiré de faits réels !) donc c'est vraiment sans à priori particuliers que j'ai regardé le long-métrage. On pourra bien entendu regretter une certaine confusion (suite à de trop nombreuses élipse et un scénario parfois nébuleux), mais le film n'en demeure pas moins intriguant et intéressant tout en laissant une réflexion sur la condition humaine. Et puis le film ne m'a pas laissé un très fort souvenir.

    Ajoutée le 16 oct. 2011 à 13h36
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    Moorhuhn
    Moorhuhn

    24 abonnés | Lire ses 337 critiques |

      3.5 - Bien

    J’aime beaucoup les deux Herzog que j’ai vu (Aguire et Fitzcarraldo) et l’énigme de Kaspar Hauser n’est pas fondamentalement différent de ces deux films même si le sujet traité est différent. C’est sur la forme qu’on reconnait immédiatement Herzog. Des plans avec son personnage dans la nature avec pour seul fond sonore les bruitages naturels, des passages plus troublants, Herzog aime semer le doute au détour d’un plan (Une pensée pour ce mystérieux personnage tout de noir vêtu). Il y a des scènes que j’aime beaucoup, comme l’introduction et la scène suivante sous ce magnifique canon de Pachelbel. Plusieurs scènes sont marquantes de par leur beauté, la musique est aussi utilisée de manière pertinente et rend le tout encore plus beau. L’histoire nous raconte l’incroyable destin de Kaspar Hauser, séquestré durant toute son enfance, ne connaissant aucune éducation et étant ainsi une sorte d’homme sauvage à son arrivée dans le monde civilisé. Il est amusant de constater que Hauser rejette ce milieu qu’il ne supporte pas, Herzog pointe avec malice l’hypocrisie de cette société pas foncièrement différente de l’actuelle mais il a ce côté critique envers la religion et sa fâcheuse tendance à posséder l’esprit de Hauser qui ne croît pas en Dieu, on ne lui a jamais appris son existence avant et il ne pense pas qu’il y ait un être supérieur qui régule tout. Le film est également assez touchant, il y a cette très belle scène où Hauser découvre un bébé et s’amuse à le bercer, c’est touchant de le voir découvrir enfin la vie à travers des petits instants plutôt banals. Il y a un zeste d’humanité et d’invitation à la tolérance, j’aime bien ce film, ça manque juste de rythme à mon sens mais globalement c’est vraiment beau, le personnage est attachant et il y a un fond intéressant. Vraiment bien.

    Ajoutée le 08 oct. 2011 à 14h29
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    Karutso
    Karutso

    4 abonnés | Lire ses 54 critiques |

      3 - Pas mal

    L'énigme de Kaspar Hauser, de Werner Herzog (1974). L'histoire vrais de Kaspar Hauser, jeune homme dont on ne connait pas l'origine. Ne sachant ni parler, ni écrire, le maire de Nuremberg le prend sous son aile. Des aire de "l'enfant sauvage", mais ils n'ont pas vraiment la même volonté. Ce film veut surtout retracer la vie du personnage. Par moment quelques "flashback" nous font entrer dans ces souvenirs, ou peut-être ces rêves. Il se veut parfois critique (religion "forcé", statut de la femme à l'époque, etc ...). Une photographie plutôt bonne (certains plans sont juste magnifiques), sur fond de musique classique. La première image, montrant un champ de blé sur lequel le vent souffle, sur fond de Sarabande, était jouissif. (Il y a un autre plan du type, sur une barque cette fois, au milieu du film). Très bon, et il porte bien son nom, d'énigme.

    Ajoutée le 15 juil. 2011 à 22h32
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    ClockworkLemon
    ClockworkLemon

    12 abonnés | Lire ses 222 critiques |

      3.5 - Bien

    Herzog est un cinéaste fascinant. Ses films des années 70 et plus ont une grande place dans le cinéma contemporain. "L'énigme de Kaspar Hauser" est un film étonnant, à la fois drôle et totalement cruel. L'histoire d'un homme qui a été enfermé dans une cave et écarté de toute humanité jusqu'à ce que son "bourreau" le livre au monde réel, un monde qu'il regrettera, un monde qui le conduira à sa perte, contrairement à sa petite cellule initiale... Sujet fort, sous la forme d'une expérience initiatique façon "La Dispute" de Marivaux et une œuvre d'apprentissage façon "Candide", "L'énigme de Kaspar Hauser" est une véritable énigme en soi, par son thème visionnaire, ses personnages, ou plutôt son personnage hors du commun, parfois assez pessimiste vis à vis du monde, de la nature de l'homme, parfois très humain, lumineux et à certains moment mystique. Par son aspect poétique, ses intermèdes façon ancienne pellicule et ses longs plans contemplatifs de la nature, et étant grand admirateur de Monsieur Malick, cette touche cinématographique est toujours un réel plaisir. En poussant loin sa réflexion sur l'éventualité d'un homme sans éducation, sans contact extérieur, Herzog réussit un film unique, touchant et philosophique, porté par un acteur formidable, Bruno S., dont le personnage devient attachant et totalement authentique.

    Ajoutée le 23 mai 2011 à 22h50
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    ZOGAROK
    ZOGAROK

    1 abonné | Lire ses 77 critiques |

      4 - Très bien

    3sur5 C'est, comme souvent, une énigme authentique et historique que Werner Herzog traite dans son film, l'un de ses premiers longs-métrages. Kaspar Hauser fut tiré vers l'âge de seize ans de l'obscurité absolue d'une cave ou le jeune homme appréhenda ses premières sensations. Le personnage incarnait ainsi le stade primaire de toute humanité ; on peut affirmer qu'en quelque sorte, il était une sorte d'anachronisme de l'évolution. Pour son film, Herzog se détourne de la réalité du fait divers et se désintéresse de la genèse de cette condition (on saura cependant, quoiqu'assez vaguement, pourquoi l'homme a grandi enfermé, mais pas par qui) qui pourtant alimenta une foule de fantasmes. Il livre une oeuvre émouvante et emprunte de poésie bucolique, malgré les quelques longueurs de la première partie (lorsque Kaspar, l'être ''minimal'', entame malgré lui sa renaissance) et un relatif manque d'imagination dans son approche. D'emblée, Herzog évite un écueil élémentaire : il ne fait pas l'éloge du repli sauvage, n'associe pas Kaspar à la pureté ou la vertue [d'ailleurs, à une nuance près, ce n'est pas un individu issu de l'état de nature, mais de celui de la claustration - dans les deux cas, il y a bien absence de lien aux structures et aux schémas de pensées de l'Homme]. Le cinéaste-documentariste préfère envisager Kaspar Hauser comme un sujet d'étude et d'expérimentations. Comment appréhendes-t-on le monde quand on a connu que le Néant ? Herzog y voit une façon de proposer de redécouvrir ce monde d'un oeil neuf, et saisit ainsi l'occasion de mesurer le cynisme et la méchanceté inhérente aux frustrations de l'homme contemporain, mais aussi à sa gêne devant le spectacle que constitue Kaspar. C'est que, jusque pour le public face à l'écran, une telle vision partage entre une curiosité sans doute teintée de voyeurisme attendri et une profonde répulsion, car c'est la démonstration de ce que serait tout être sans la moindre ouverture à la civilisation. Cependant Herzog dresse le portrait de ''son'' Kaspar Hauser avec sobriété et humilité, n'accordant que peu de place à la mise en scène du dégoût ou du rejet. S'il passe un peu outre l'avènement d'une vie affective pour Kaspar, il le montre s'épanouissant dans sa quête du Beau et de la connaissance. Néanmoins, Kaspar est malheureux parmi les Hommes (il s'adapte à leur rigidité mais ne reste que pour quelques nouveaux repères qui l'enchante - comme le piano) et meurtri d'y être promu en singe savant. Soumis aux spéculations hasardeuses et fantasques, aux ambitieux sans scrupules scrupules et aux esprits normatifs étriqués, Kaspar découvre la cruauté et l'avidité du monde et de ses animaux sociaux. Par son absence de préjugés, il est sceptique devant les certitudes de ces derniers (à l'instar d'Aguirre, il s'agit pour Herzog de placer la déraison au coeur même des fondements et des motivations de l'Homme). Le réalisateur en profite pour le faire se heurter à la religion, comme si elle montrait les limites des aptitudes de l'Homme. Si Herzog apparait agnostique, il ne manquera pas non plus de faire de son héros un martyr de l'intolérance, ce qui participera peut-être au couronnement du film par le Jury Oecuménique cannois. http://videodrome.over-blog.net/

    Ajoutée le 07 mai 2011 à 10h20
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    tzara1
    tzara1

    4 abonnés | Lire ses 75 critiques |

      2.5 - Moyen

    Histoire sur un homme ayant passé ses 20-25 permières années en prison, sachant à peine marcher et parlant avec difficulté. Herzog ne cherche pas à expliquer le pourquoi de l'enferment de cette homme, mais plutot de se mettre de son point de vue, du premier regard qu'un etre humain porte sur la nature ainsi que sur son entourage. Les plans sur la nature en mouvement (blé au vent, riviere...) sont d'une grande beauté, mais hélas le film souffre d'un rythme très lent, et certaines scènes manquent de cohérences.

    Ajoutée le 14 mars 2011 à 17h35
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    kevin d.
    kevin d.

    3 abonnés | Lire ses 38 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Il y a des films qui vous reste graver dans votre tête, que se soit par ses images ou par ses son (Ici la voix de Kaspar). Karpar Hauser est l'un de ces films là, un film qui se taille une place dans votre cerveau pour vous rapeller de temps en temps. Car on a juste envie de dire c'est beau. Et oui du Herzog c'est beau. Et on a encore envie de le redire : c'est beau. L'acteur (un amateur rapellons le) est fabuleux de justesse.

    Ajoutée le 13 juil. 2010 à 18h53
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    Sergio-Leone
    Sergio-Leone

    58 abonnés | Lire ses 813 critiques |

      4 - Très bien

    On est toujours sûr de ne pas se tromper quand on regarde un film d'Herzog, technique impeccable avec un visuel proche des peintures des plus grands maîtres et une construction narrative intéressante. Les thématiques sur l'être humain sont toujours traitées avec beaucoup d'intelligence voire d'humour dans des histoires fabuleuses partant parfois de simples faits divers comme cela semble le cas ici. Une bonne histoire et un visage intéressant et souvent peu flatteur d'une certaine humanité. Le film pourrait ressembler à une adaptation cinématographique de l'idiot de Dostoïevski où un personnage d'une pureté "maladive" est confronté presque malgré lui aux autres.

    Ajoutée le 22 juin 2010 à 19h27
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    benoitparis
    benoitparis

    23 abonnés | Lire ses 1240 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    De tous les cinéastes allemand de la grande génération des années 70-80, Herzog doit être le plus marqué par le Romantisme. Il se trouve que l’action de son film se situe en Allemagne à l’époque du romantisme tardif. Kaspar Hauser a d’ailleurs les caractéristiques d’un personnage de ce courant : une individualité lunaire, innocente, victime de la société, ne distinguant pas entre le réel et le rêve, un personnage venu de nul part. Il ressemble à la fin à une sorte de pythie ou de fou voyant racontant ses visions. C’est formellement, le film le plus sobre de son réalisateur, qui peut avoir tendance au pathos, mais un des plus radicaux sur le fond. Bruno S. est terriblement émouvant. La scène ultime peut être vu comme de la dérision acide.

    Ajoutée le 29 mai 2010 à 19h10
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