Deuxième volet de la trilogie "Pusher" (8 ans plus tard), Refn cette fois frappe fort et montre une véritable évolution par rapport au premier opus, il allie univers visuel et scénario percutant et touchant. Le personnage central est ici Tonny, sortant de prison qui vie de petites combines pour le Duc, son propre père, et qui doit faire face à une paternité difficile avec une mère qui rejète son enfant, souvent humilié et traité d'arriéré il tente de rester à flots dans un environnement qui le pousse à bout. On constate tout d'abord que c'est pas tout à fait une suite linéaire et qu'on peut d'ores et déjà oublier Frank qu'on a laissé pensif au milieu de la route, apparemment il a fuit, plutôt logique vu au point il en était, cette fois c'est donc Tonny qui prend le relai du looser et Mads Mikkelsen se montre tout simplement fantastique, une interprétation remarquable, sans doute une des meilleurs que j'ai vu de lui avec son rôle dans "La Chasse" de Vinterberg. Son personnage est bien supérieur au précédent "Pusher" et on constate de vraies nuances, puissantes et fragiles, une composition parfaite en tout point. L'introduction du film nous scotche directement avec le monologue du codétenu de Tonny nous replongeant dans cette atmosphère violente et sans pitié, l'ambiance y est souvent sombre et oppressante, comment espérer entrevoir une lueur d'espoir dans tant de glauquitude, les femmes avec leur gosse sous le bras qui fument des joints et se snifent des rails de coke, des employeurs qui vous traite comme de la merde, des combines foireuses, on en voit pas le bout ... Et c'est ça qui rend si attachant le personnage de Tonny, on a une réelle empathie pour ce anti-héros, on le sent de plus en plus au bord de la rupture, la scène du mariage où il craque face à la mère de son enfant est limite jouissive bien qu'assez dure et difficile. On sent ensuite qu'il perd ses repères, sentiment mis en valeur par cette photographie rougeâtre et son regard perdu, la dernière mission que lui donne son père ne se passera pas comme prévu, il refuse de faire partie de cette machination, plutôt que d'être aspiré par ce tunnel décadent il choisi de sacrifier son procréateur pour choisir sa propre création, son fils, pour un final extrêmement beau et émouvant. "Pusher II" est un deuxième volet très réussi qui prouve que Refn est bien un réalisateur et metteur en scène de talent qui sait maîtriser la violence de son univers avec une grande virtuosité stylistique, sans doute le meilleur film que j'ai vu du réalisateur, juste devant "Bronson". Pour ce qui est de la continuité par rapport au troisième opus je ne me fait aucun doute cette fois ci qu'il n'y en aura aucune, et c'est tant mieux.
Oh peuchére que tu me fais plaisir !! ( oui le jeux de mot est pourri mais suis fatigué ce soir ) J'avais lu dans une interview que NWR avait fait ce film sans y être vraiment, occupé par d'autres projets qu'il était. C'est fou de se dire qu'un quasi chef d'oeuvre peut débouler comme ça presque par hasard. Ça interroge pas mal sur la part de mystère et de hasard qui fait qu'un film devient ce qu'il devient entre l’écriture, l'intention et la projection sur la toile du résultat final. C'est fort, c'est brut et sensible à la fois, à l'image de ce héros pommé dans un milieu trop dur pour lui (bien qu'il ne soit pas un ange non plus), immensément seul et que personne ne respecte (ce qui renvoie au tatouage sur son crane), surtout pas son père. La scène terrible de mariage fait froid dans le dos tellement elle s'étire en longueur dans le glauque, le louche, l'alcool mauvais et l'isolement pour son héros. Quel tableau. Après l'irréparable commis, le long travelling final est superbe et fait office de libération, on respire. Et on se demande qui du héros ou du bébé porte l'autre vers un avenir qui s'inscrit en pointillé quand même. Cette fuite reste vraiment désespérée et rien ne nous ai dit sur un éventuel happy-end . Hors de propos ici. On se prend ces images en plein visage et c'est tout. Seul compte le présent, comme pour le héros qui n'a jamais rien construit ( et surtout pas avec ce père détestable ) l'avenir n'est pas de mise. Au moins, pour la première fois, ces actes vont le forcer à se battre ( avec soi même en changeant ? ) pour en envisager peut être un.
Si le premier est une mise en bouche de la petite délinquance, et de la précarité danoise, ici on plonge au cœur de la vie de Tonny, qui à peine sortie de prison rempile pour sa vie de misère. Toujours aussi bien réalisé, très immersif. Tout donne l'impression d'être réaliste, pas de faux semblant, que ce soit dans les dialogues ou les situations. Poignant une fois de plus.
Le réalisateur lui-même l'avoue c'est par simple intérêt financier qu'il s'est lancé dans une suite au premier voler de la saga "Pusher", il n'est donc pas vraiment étonnant qu'il ne soit pas aussi intéressant que le premier. On y retrouve la même ambiance de petits délinquants aussi drogués que les clients à qui ils vendent leur came, mais dans le premier l'intrigue avait plus de vigueur que dans ce deuxième volet ; il y avait une urgence dans les aventures de l'anti-héros Franck qui ne se retrouve pas dans les mésaventures de Tonny. On suit donc ce dernier à sa sortie de prison et on le voit essayer de se racheter maladroitement aux yeux de son père tout en essayant d'intégrer une paternité non-désirée. L'action tourne un peu en rond et bien que pas ennuyeuse ne fournit pas grand-chose de vraiment consistant à se mettre sous la dent. Même le passage de Milo, trafiquant de drogue yougoslave qui faisait le sel du premier épisode, est trop court et trop insignifiant dans son apport pour nous réjouir, d'autant plus que le grand méchant de cet opus, en la personne du père de Tonny, n'apporte pas la même saveur. On perçoit cependant les prémisses de la patte Winding Refn dans la mise en scène avec ces séquences muettes et musicales et les nombreuses scènes monochromes. On retrouve aussi, comme dans le premier opus, son amour des histoires qui ne se finissent pas sur une conclusion, mais reste sur une fin ouverte. Le film n'est en soi pas désagréable, mais reste un petit film sur un délinquant stupide quoiqu'attachant, mais dont le visionnage n'est nécessaire que pour ceux qui veulent voir dans sa totalité la trilogie Pusher ; les autres pourront l'ignorer sans perte.
Avant de parler du deuxième volet de cette trilogie, un petit briefing sur la trilogie elle même: "Encore un film sur un dealer, une brute tatouée de la tête au pied, inspirant la peur et par conséquence le respect d'autres mafieux qui contribuent à constituer un empire." FAUX! Mads Mikkelsen, alors en début de carrière rencontre le grand cinéaste Winding Ref'n (drive), qui en fait son acteur fétiche (aujourd'hui remplacé par Ryan Gosling). Le réalisateur suédois commence sa carrière par des films d'auteur, sur le crime organisé, à une époque où les longs métrages sur la mafia font légion. Vous ne verez pas de méchant charismatique, seulement un looser enchaînant les petits coups, les galères, la prison, la drogue et les prostituées. Un cadre peu reluisant mais qui laisse prosperer un réalisme saisissant. Les personnages brillamment interprétés, tous avec une personnalité propre, procurent au film une crédibilité remarquable. Ref'n nous montre la vie d'un malfrat, à travers les yeux d'un malfrat. Poignant, génial, unique. A voir absolument.
Pusher 2 reste dans la continuité du premier opus. L'histoire est chronologiquement antérieure à pusher1, ce qui nous permet de connaitre la fin. Ce qui est intéressant ce n'est donc pas d'attendre une fin renversante, mais bien de comprendre le cheminement, les embrouilles et les galères qui attirent fatalement Tonny vers ce qu'on sait déjà. On ne regarde pas ce film, on le suit, on le comprend, on anticipe. Tout cela fait de lui un chef d'oeuvre et ouvre une fenêtre sur le cinéma nord européen, trop méconnu.
8 ans après le premier Pusher, Nicolas Winding Refn se lance en 2004 sur une suite, enfin pas vraiment une suite à proprement parlé, certes les événements se passent bien après le premier volet mais ne suivent plus Frank mais son ami déjà vu dans le précédent Tonny, qui est superbement incarné par un Mads Mikkelsen survolté. Encore une histoire d'argent, de drogue, de problème et de vol, comme le un me direz vous mais qui pourtant ne passe pas pour un copié collé du premier, Refn nous offre la réinsertion de Tonny dans la société après son séjour en cabane, et comme vous pouvez le penser, un ex malfrat vendeur de cocaïne ne se réinsère pas facilement dans la vie, il décide donc de travailler pour son père qui n'est pas non plus blanc bleu, à coté de ça il apprend qu'il a eu un fils avec une prostitué, il se remet à vendre de la drogue avec un ancien pote mais ça tourne mal et il est obligé de rembourser quelqu'un, et ce quelqu'un n'est autre que son père. En bref une histoire de taré emmené par une bande son nerveuse et une réalisation comme le précèdent camera à l'épaule, Mikkelsen comme tout le casting est franchement top et le scénario est prenant et ne nous lâche jamais.
Moins accrocheur que le premier, ce second volet garde un style dans le même esprit. Malheureusement le scénario est assez pauvre. On suit le quotidien ordinaire d'un paumé, avec ses déboires habituels sans grands intérêts. En lisant le résumé on connait absolument tout du film, hormis les 15 dernières minutes.
"Pusher 2"(2004) est une œuvre coup de poing,dense,radicale,poignante et désespérée. Nicolas Winding Refn nous entraîne dans un polar urbain et familial qui n'est pas sans rappeler le cinéma de James Gray. Si sa vision du gangstérisme scandinave semble d'une noirceur absolue,elle laisse en fait percevoir de l'espoir ou tout du moins une possibilité de s'en sort. Cette fois,l'intrigue est légèrement mise de côté pour suivre chaque trace du personnage principal. Toni est une petite frappe qui sort tout juste de prison,assez limité intellectuellement,cherchant seulement l'approbation d'un père qui le rejette sans cesse violemment. Crâne rasé,tatouage du mot "respect" sur la nuque,et pull à capuche bouffant,Mads Mikkelsen livre une composition bluffante,à la fois ambigüe et translucide. On se prend facilement d'affection pour ce looser,guère aidé par son entourage,avec en sus un copain toujours dans les mauvais plans,et une ex-conquête toxico lui laissant un bébé sur les bras. Déjà hypnotique avec une dominante des couleurs rouge(night-club)et bleue(extérieurs de nuit),la mise en scène de NWR fait aussi une remarquable utilisation de la musique comme détonateur d'ambiances. Saisissant.
Un peu le même ressenti que pour le premier épisode dont cette suite n'a en réalité avoir que le personnage de Madd Mikkelsen! Je ressors du long metrage encore une fois en demi teinte, à la fois partagé par une certaine frustration puisque connaissant le talent incommensurable de NWR, ce "Pusher 2" m'a, comme son prédécesseur, quelque peu déçu ; mais également avec une bonne grosse claque dans la face! Car en effet certains passages sont réellement viscéraux, terriblement pesants, et d'un réalisme terrifiant, montrant la misère de ce personnage qui s'en sort tant bien que mal à coup de batte de baseball et autre coups de poings puissants! Le film de NWR est donc au delà d'être artistiquement sublime comme ses trois dernières réalisations, une oeuvre atypique, énigmatique, prenante et pesante, engagée, porté par un Mikkelsen qu'on a connu en meilleur forme mais qui dégage une fragilité déconcertante malgré la puissance de son personnage qui correspond très bien à sa psychologie! La réalisation n'est pas en reste et meme si elle n'est que les prémisses de ce que nous offrira plus tard NWR elle réserve quand même quelques passages sympathiques et étonnants! Un film détonnant, une expérience qui vaut le détour mais qui laissera comme tous les films de ce réalisateur un bon nombre d'entre vous sur le trottoir! Reste a voir le dernier episode?!
Un film quasi parfait excepté une image assez moche à regarder. Mis à part cela force est de constaté que Nicolas Winding Refn sait foutrement bien filmer. Les mouvements de caméra soutiennent chaques émotions de formidable manière, le cadre est parfaitement maîtrisé et le jeu sur les couleurs et lui aussi bluffant. La galerie de personnage est vraiment intéressante, des gangsters tous plus minables les uns que les autres, complètement défoncés et totalement pathétiques à un point qu on les prendrait presque en pitié. Au milieu de tout cela Mads Mickelsen prouve une nouvelle fois qu il est un acteur hors du commun et brosse un portrait époustouflant. Pusher 2 est donc un film moche mais tellement magnifique.
un film "coup de poing dans la gueule" très cru avec une descente dans les milieux des malfrats les plus sordides qui soient. Mads Mikkelsen joue désespérément bien ce personnage complètement looser et paumé, à des lieues de celui qu'il interprétera plus tard dans "Hannibal". Le film prend à la gorge comme une bouffée de mauvais shit, sur la base d'images tournées dans des lieux communs avec des éclairages tous plus blafards les uns que les autres. On est également très loin des films américains. Le film s'achève toutefois sur une once d'humanité, spoiler: même si on devine ce qui peut se passer compte tenu du comportement du héros.
A première vue, il ne passe pas grand chose, mais la force du film est là, l'ordinaire filmé froidement, la relation père-fils finement disséquée, l'humanité au milieu de la plus pure et animale violence. Et M. Mikkelsen très juste!
Le destin de Tonny, ex taulard attachant qui cherche la reconnaissance de son père qui le considère comme un looser. L’épisode le plus complexe et émouvant de la trilogie à l’ambiance et à la musique oppressantes et toujours cette même maîtrise absolue de la narration et de la mise en scène.
Mieux que le 1, ce pusher se distingue par un personnage principal plus complexe et intéressant, génialement interprété par Mads Mikelsen, une histoire et un suspense plus aboutis et une esthétique bien plus tape à l'oeil que son prédécesseur, certaines scènes sont même quasiment pornographiques, spoiler: notamment la géniale scène du mariage, qui met en contraste l'innocence de l'enfant qui dort et la strip-teaseuse qui se touche. Le cocktail est toujours le même, nervosité, musiques électro, gangsters, drogue etc. Ici, Tonny porte encore les séquelles de ses mésaventures du 1 mais ne s'en souvient pas, on croise également la route de Milo et de plusieurs autres personnages sombres et inquiétants. Cette fois ci en revanche on a aussi le parcours initiatique de Tonny que lui imposent ses responsabilités de père, ou comment ce personnage dérangé, immature, violent et dangereux peut aussi être quelqu'un de fragile, bon et doux. C'est beau, et ça claque.
Entre la fiction et le documentaire, ce film dépeint de manière ultra-réaliste le milieu mafieux. Loin des productions américaines qui parfois idéalise le milieu, ici, tout est glauque, sordide, et même minable, si l'on considère la vie et le parcours des personnages. La réalisation, amplifie cette impression et donne au film une ambiance malsaine et oppressante.