Par où commencer…
Si vous comptez regarder l’histoire d’une petite fille qui passe un concours de beauté, passez votre chemin. Le film consacre tout au plus 10 minutes au concours des “Little Miss Sunshine”, en même temps ce n’est pas le sujet du film. Le sujet, c'est la famille Hoover qui, pour faire plaisir à la fille cadette Olive, parcourt les États-Unis dans un van pourri afin de participer à un concours de beauté pour petite fille. Mais surtout la dynamique d’une famille américaine typique en plein dans l’auto-destruction. Un grand-père qui prend de la cocaïne, un père et une mère au bord du divorce à chaque discussion, un oncle suicidaire, un fils qui a fait vœux de silence et enfin une petite fille à qui on ne peut reprocher grand-chose si ce n’est de ne pas avoir le physique du concours de “Little Miss Sunshine”. Une famille donc qui semble ne pouvoir que s’autodétruire, mais dont l’idée de rejeter les perdants, ceux qui n’essayent même pas, mène sur la route tout au long du film. Route qu’ils feront dans ce vieux van jaune qui, en plus de rendre magnifique à l’image, devient un personnage à part entière
jusqu’à en conclure le film.
Bien sûr, le film est parfois drôle et parfois touchant, mais on sait reconnaître le cinéma avec un grand C quand la mise en scène vient tout magnifier. Et en ce qui concerne la réalisation, Jonathan Dayton et Valerie Faris ont amplement réussi leur mission.
Je n’ai pas eu les larmes aux yeux à la mort du grand-père, ou quand Dwayne a appris qu’il était Daltonien et qu’il devait renoncer à son rêve, mais j’ai eu les larmes aux yeux à la fin du film quand la famille, après s’être retrouvé face au drap du grand-père vide le rendant pour la première fois réellement absent du voyage, s’est mis à pousser à nouveau ce Van.
L’image était belle, la symbolique l’était encore plus.
Le van finit par prendre une telle importance qu’il se pourrait que “Little Miss Sunshine” soit l’histoire d’un Van qui transporte une famille entière à travers les États-Unis. Et au fur à mesure que le Van se dégrade, la famille se reconstruit. Comme un symbole, tout le monde pousse le Van, peu importe son état, car le voyage se fait ensemble.
Pour conclure ce film, c'est une belle histoire, bien mise en scène et magnifiquement interprété, beau dans ces moindres détails jusqu'à l’affiche, c’est devenu l’un de mes classiques.