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L'histoire d'un pro qui finit par se poser la question de la vacuité de son travail, mais aussi de son existence. C'est bête à dire, mais je ne m'attendais pas à la chute. Je suis tellement admiratif des vrais pros, quelques soient leur domaines d'activité, même les plus sordides ou les plus débiles, que j'étais en état de confiance. Il faut dire que l'état de confiance a le temps de se mettre en place. Rien n'est épargné au cinéphile pour lui faire comprendre la vie passionnante d'un garde du corps. De la caméra fixe au manque total de musique ou d'action, sans parler des paroles, même dans une prison, deux employés se parlent plus que les deux gardes du corps responsables du ministre. Et nous ne dirons rien du choix des endroits, plus glauques les uns que les autres, puisque l'on est toujours du côté coulisse. Ce qui pourrait être un processus lassant et répétitif est sauvé (de justesse) par le comédien, plus que parfait. Un visage superbe de la vraie cinquantaine, une économie d'effets dans le jeu, il est beauf avec une pointe d'héroïsme oublié, et il le fait bien. Idem pour les cadrages, tous les plans où le garde du corps tente de s'échapper vers les gardes côtes sont très bien filmés. Avec le look de l'architecture argentine actuelle (c'est à dire des années 70 à l'époque où il y avait encore un peu d'argent) on se croirait presque télé transporté en Espagne sur la côte pendant les sixties. Sauf que les voitures et certains indices des personnalités montrent bien qu'on est en 2005. On a le aussi le droit à l'affrontement "nouveaux" riches et moyenne classe populaire, et un peu de "collision" sino argentine dans une scène violente à plus d'un titre. Mais dans l'ensemble, la nouvelle pauvreté argentine est bien abordée, bien visible, et touche au bon endroit sans misérabilisme appuyé. Ce sont plutôt les riches qui ne sont pas épargnés, par leur suffisance, leurs mensonges établis comme s'ils essayaient d'être une caricature de leur rang. Mais tout cela est tellement vraisemblable. Personne ne s'est levé pendant la séance, contrairement à d'autres films peignant l'ennui, preuve que le rythme et l'explosion d'existentialisme donnaient à réfléchir. Je me répète, mais entré par force dans le système narratif prégnant, je me suis pris la fin dans la figure, et elle est limite embêtante par son invraisemblance. Je préfère la voir comme un rêve, ce qui ne remet pas en cause les qualités du récit et encore moins de l'atmosphère souvent irréelle à force de répétition et d'absence de vie. C'est l'acteur qui sauve la démonstration de l'ennui total, mais c'est justement pour lui que le script a été écrit, donc c'est un plutôt bon film d'auteur, à prendre avec des pincettes pour les amateurs d'action.
Ajoutée le 04 sept. à 19h45 Signaler un abus
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