Alexandre-B
7 abonnés |
Lire ses 193 critiques
|
1 - Très mauvais
Le genre post-apocalyptique au cinéma est capable de nous offrir le meilleur (Mad Max,Children Of Men,La Route…) comme le pire (Mad Max 3, Gangland 2010, Postman, Waterworld et bien d’autres…). Ken Le Survivant semble vouloir désespérément appartenir à la seconde catégorie. Tous les ingrédients y sont: du scénar qui trouve le moyen d’être à la fois inexistant et bourré de stupidités, à la mise en scène misérable qui n’est pas aidée par un budget plus qu’anémique, en passant par une interprétation au ras des pâquerettes. McDowell et Chris Penn cachetonnent tandis que le reste du casting semble croire à ce projet mort-né avec une telle ferveur qu’ils en deviendraient presque touchants. Ce qui fascine dans ce long-métrage, c’est que l’histoire (oui,apparemment il y en a une) n’avance pas d’un iota entre le début et la fin du film. Ken est très énervé (enfin ça se voit pas mais il est énervé à l’intérieur vous voyez?) parce que son ancien ami lui a piqué sa princesse après l’avoir laissé pour mort (il lui a mis des doigts le saligaud!A Ken je veux dire…) donc il marche à travers de grandes étendues désertiques avec sa rage, ses cicatrices et sa main droite pour seules compagnes. Il rencontre une petite aveugle à qui il rend la vue (scène bien inutile car elle sera sans conséquence; était-ce pour montrer que derrière sa façade monolithique, Ken cache en réalité un cœur gros comme ça?), un jeune asiatique qui se prend pour un guerrier mais qui ne fera pas long feu, il tatane des méchants encore et encore et encore jusqu’à retrouver le grand méchant et la princesse et voilà c’est fini. En gros, il ne se passe strictement rien pendant les 80 minutes que durent le film. Du coup, on fait du remplissage à grands renforts de combats d’une mollesse alarmante (quand on sait que le manga est réputé pour ses combats furieux et hyper violents) et de clichés. Et pour ce qui est des clichés, cette adaptation de Hokuto No Ken les empile tous les uns derrière les autres: de la pluie acide au méchant impitoyable mais amoureux (la fille est enfermée chez lui depuis des années et il ne s’est vraisemblablement rien passé: il est patient le bonhomme!), en passant par les raids dans les bidonvilles où les méchants membres de gang poursuivent des innocents en criant et en brandissant des barres de fer et autres objets contondants (à croire que c’est le sport national des univers post-apocalyptiques) dans des scènes d’une grande violence physique et morale (on voit des gens se faire attraper et jeter au sol au ralenti: insoutenable!). Mais derrière la fausse violence de cette oeuvre qui se prend trop au sérieux, on ressent comme une sorte de candeur, une étrange sensation de regarder un film écrit par un garçon de 12 ans. Et c’est cet aspect infantile qui fait de Ken Le Survivant un nanar sympathique, au lieu d’un navet détestable. Avis aux amateurs: dans le même genre, Cyborg et Gangland 2010 sont également de franches réussites.
Ajoutée le 04 mai 2011 à 17h35
Signaler un abus