stebbins
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3 - Pas mal
Il existe une catégorie de jeunes réalisateurs occidentaux cherchant à perpétuer l'apanage cinématographique de Quentin Tarantino, celui de David Fincher ou encore celui de Stanley Kubrick, et ce à des fins commerciales le plus souvent. Il en va de même pour un cinéma situé aux antipodes du premier, celui d'Andreï Tarkovski, cinéaste à la filmographie exigeante et canonique, nullement intéressée par des questions de rentabilité pécuniaire... à croire que les émules de l'auteur de Stalker s'affranchissent de toute critique esthétique et morale, devenus systématiquement intouchables en raison de la gloire ( tout à fait justifiée au passage ) que l'on accorde au maître russe. En ce sens les films de Pavel Lounguine en sont les exemples les plus frappants, blocs de maniérisme pieusement pompés sur la magnificence d'Andreï, machines de triche en parfaite contradiction avec le discours parfaitement éthique du cinéaste. Bien que Le Bannissement de Zviaguintsev soit loin d'être aussi excécrable qu'une Ile ou qu'un Tsar - le film demeure même plus que correct - ça fleure tout de même fortement l'opportunisme à plein nez ! Impossible, dès les premières images, de ne pas se rappeler le prologue du Sacrifice : cadrages horizontaux, mélopées religieuses, impression d'une pluie qui est déjà passée par là, lumière diurne mais grisâtre... Certes Le Bannissement a le mérite de proposer une fable relativement éloignée des intrigues tarkovskiennes, car plus sombre et plus torturée, convoquant à certains moments l'Oeuvre de Fiodor Dostoïevski ( on pense à Crimes et Châtiments ). Mais c'est comme si chaque plan, comme si chaque mouvement de caméra vantait l'héritage dudit maître, mettant au défi le spectateur de douter du sublime et de l'irréprochable. Alors c'est vrai que ça chatouille l'oeil et que ça rafraîchit les oreilles, mais c'est du recyclage sans personnalité formelle et sans audaces fondamentales. Une déception.
Ajoutée le 13 déc. à 18h54
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