Troisième et dernier tournage à Londres pour Woody Allen qui quitte les milieux huppés de la capitale anglaise, pour poser sa caméra au sein de la communauté Cockney, le temps de ce “Rêve de Cassandre”. Un titre ironique pour une histoire qui tient davantage du cauchemar, comme le suggèrent, dès le générique, les premières notes à l’accent tragique de la musique de Philip Glass. Tout débute pourtant bien pour Ian et Terry : loins d’être riches, les deux frères parviennent à se payer le bateau sur lequel ils ont craqué, grâce, notamment, à l’argent gagné par le second aux courses. Sauf qu’entre l’aîné qui s’éprend d’une actrice de théâtre et vit au-dessus de ses moyens, et le cadet qui accumule les dettes de jeu, leur situation financière devient si préoccupante qu’ils n’ont plus d’autre choix que de réclamer l’aide de leur richissime oncle Howard. Lequel, en échange, leur demande un service, faisant, du même coup, basculer le film dans le thriller, avec quelques touches de comédie, toutefois. Car, chargés de tuer, Ian et Terry se révèlent tout sauf doués pour la chose, tandis que l’instant fatidique approche, et que la tragédie se précise de plus en plus. Dommage, à ce moment-là, que le long métrage mette un peu trop de temps à passer du crime au châtiment, d’autant plus que c’est au cours de ce dernier acte que les compositions d’Ewan McGregor et Colin Farrell atteignent leur sommet, quand leur rêve s’évapore une bonne fois pour toutes, et que celui de Woody Allen prouve à quel point l’air londonien aura été bénéfique pour son cinéma.