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    Autopsie d'un meurtre
    note moyenne
    4,0
    353 notes dont 47 critiques
    21% (10 critiques)
    53% (25 critiques)
    17% (8 critiques)
    6% (3 critiques)
    0% (0 critique)
    2% (1 critique)
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    47 critiques spectateurs

    anonyme
    Un visiteur
    4,5
    Publiée le 2 décembre 2017
    On peut se demander qu’est-ce qui a poussé le juge Voedker à écrire un roman à partir d’un meurtre commis dans une auberge du Michigan. Avait-il trouvé le procureur de la défense si génial? Ou, au contraire, avait-il trouvé le verdict du jury à ce point incompréhensible ? Quoiqu’il en soit, une fois mise à l’écran par Otto Preminger, l’histoire réussie à captiver l’auditeur sans le moindre artifice. Par son flegme, son élégance et son côté pince sans rire, James Stewart impose à lui seul un ton aux films auxquels il participe. Il crée naturellement un effet de distanciation par rapport à la situation dramatique qui se vit à l’écran. Sa prestation comme avocat de la défense est tout à fait sublime. Le reste de la distribution lui donne habilement la réplique. Lee Remick est parfaite dans le rôle de Laura sensé initialement être interprété par Lana Turner. Son besoin insatiable du regard des hommes et le peu d’égard qu’elle obtient en retour la rendent vulnérable et attachante. Considérant la teneur des débats en cour, le spectateur peut effectivement se questionner sur la justesse du verdict de non culpabilité arrêté par le jury, mais cela n’enlève rien à la qualité des échanges. L’acteur George C. Scott livre aussi une solide performance de procureur et le travail des figurants dans l’ensemble rend les audiences très plausibles. Le mariage entre la mise en scène et le cadrage est efficace et soutenu tout au long du film. La bande sonore signée Duke Ellington ainsi que sa présence à l’écran contribuent grandement au ton et à la postérité de l’œuvre.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,0
    Publiée le 13 octobre 2014
    Il y a autopsie d'un meurtre et à l'autre bout, à l'exact opposé il y a vers sa destinée de Ford et les deux sont tout aussi bons l'un que l'autre. Mais là où le Ford voulait montrer la bonté du personnage de Lincoln en faire un avocat brillant, engagé pour le bien, contre les injustices... Et ça rendait très bien avec un Henry Fonda qui joue un peu ce rôle là dans tous ses films (ou presque), le type intrinsèquement bon... Lorsqu'on voit Preminger faire un film de procès avec Stewart, qui tient aussi globalement le même genre de rôle (faut le voir dans Monsieur Smith au Sénat) on peut s'attendre au même genre de film, sur la bonté de l'avocat, sur la justice, etc. Sauf qu'en fait c'est Preminger qui réalise et qui va s'amuser à démonter point par point tout ce qui peut faire la bonté folle d'un film comme vers sa destinée. Parce qu'ici on est du point de vue de l'avocat, c'est-à-dire que la seule version du crime qu'on aura est celle qu'entend l'avocat et on ne la verra pas, on est comme lui, on ne sait pas où part son associé, tout comme on ne sait pas ce qui s'est réellement passé cette nuit là. Tous les personnages sont ambigües au possible, tous. Ici Stewart ne défend pas un modèle d'innocence victime d'une erreur judiciaire, non, ici le but avoué est de sortir de prison coûte que coûte, même en trichant un peu. Certains qualifieront ça ne cynique, je trouve ça très réaliste et bien loin de l'idéalisme de Ford, du coup forcément c'est moins beau, moins pur, moins émouvant et ça se trouve être glacialement jouissif. Parce que quelque part on a envie de voir de belles joutes verbales, que le type soit libéré mais s'il est puant du début à la fin, le spectateur se trouve être finalement aussi immoral que Stewart qui souhaite la libération de son client pour des raisons toutes autres que la simple "justice". De plus le film ne tombe pas dans le piège de la justification de la vengeance, on aurait pu dire "oui sa femme a été violée, du coup c'est normal", des thèses revanchardes que l'on entend de nos jours, Preminger rend le questionnement beaucoup plus intéressant, parce que comme pour le reste, on est avec Stewart et on ne verra pas les faits, il faudra croire, ou non, sur parole et finalement ça importe peu. Bref c'est très bien écrit, filmé avec minutie parce que tenir pendant 2h40 et réussir à être acéré pendant toute la durée ce n'est pas donné à tout le monde, bref c'est vraiment excellent. Cependant, j'ai peut-être encore trop d'espoir utopiste, voir naïf dans la justice pour préférer le Ford.
    Hugo.Mattias
    Hugo.Mattias

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    3,5
    Publiée le 29 juillet 2018
    Le film de procès dans toute sa splendeur. Une mise en scène virtuose, des dialogues auxquels on ne changerait pas une virgule, des personnages complexes et le supplément d’âme d’une bande-son jazzy qui se marie à la perfection à la profondeur du noir et blanc. Et bien sûr le cabotinage de James Stewart, qui n’a jamais trouvé meilleur écrin que ce film. J’avoue avoir quand même été légèrement déçu par le dénouement. L’atmosphère du début m’avait fait attendre un twist final, mais c’est peut-être mieux comme ça : sobre et efficace.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,5
    Publiée le 10 avril 2014
    Capable de s'attaquer avec brio à divers genres, Otto Preminger nous livre un brillant film juridique avec "Autopsie d'un meurtre". Mais Preminger ne s"arrête pas au simple film de procès, il lorgne aussi sur le drame psychologique et le polar. Il adapte le roman de John D. Voelker, qui nous raconte le retour aux affaires d'un avocat qui n'avait plus trop d'affaires et qui passait la majeur partie de son temps à la pêche, il accepte une affaire où un militaire est accusé d'avoir tué celui qui aurait tué sa femme. L'écriture est brillante et de grande qualité, que ce soit par le scénario, maintenant le suspense de bout en bout et où on se demande tout le long du film où est la vérité, le mensonge, les comportements passés qui ressortent et une enquête ambigu et passionnante. Preminger aborde divers thèmes tels que la misogynie, le viol ou encore les tromperies et souvent de manières fines et justes. La galerie de personnages est fascinante et très bien étudié, notamment psychologiquement. Preminger prend le temps de les présenter et de nous les faire découvrir. Les dialogues sont tout aussi subtils et bien écrit. A l'image des thèmes abordés, l'atmosphère est souvent sombre et un parfum mystérieux plane tout le long du film. Les scènes de procès sont brillante et captivante. La mise en scène de Preminger est élégante et brillante, il nous immerge totalement dans cette histoire et nous captive durant 160 minutes. La photographie en noir et blanc est superbe. Le fond musicale, souvent jazzy est superbe et participe à l'atmosphère générale du film. Les interprétations sont impeccables, James Stewart nous livre une fois de plus une grande composition, sachant s'approprier son personnage et faire oublier l'acteur qui se cache derrière. Les autres interprétations sont tout aussi impeccable et notamment Ben Gazzara dans le rôle du lieutenant, George C. Scott dans celui du procureur de l'accusation ou encore Lee Remick. Un grand film, l'un des meilleurs de son réalisateur, captivant, d'une grande richesse d'écritures, très bien réalisé et superbement dirigé et interprété.
    Nagix Stumpy
    Nagix Stumpy

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    3,5
    Publiée le 5 janvier 2014
    Autopsie d'un meurtre est un film de prétoire assez génial, remarquablement bien filmé et mis en scène (on sait la complexité de filmer dans une salle d'audience depuis le procès Eichmann). Sur plus d'une heure, James Stewart se débat avec la défense dans un jeu théâtralisé et ubuesque par moment (à tel point que ses joutes verbales hilarantes sont relayées par ses collègues qu'ils l'en félicitent). Tout l'intérêt du film est donc de montrer que la justice tient à peu de choses, dont la première est de brouiller les jurés en faisant du bruit. A ce titre, la fin est révélatrice : le jeune militaire est partit avec sa femme sans même payer l'avocat. Il en ressort qu'on ne connaîtra jamais la vérité, mais que justice est faite. Cette dernière est donc imparfaite, voire inapte à établir des certitudes et des vérités. Quoi qu'il en soit de ces considérations, Autopsie d'un meurtre est un assez bon film, tant dans la forme que dans le fond. Dommage qu'il soit un peu long.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,5
    Publiée le 7 septembre 2012
    Surtout connu pour ses films noirs qui comptent parmi les meilleurs du genre (« Laura », « Crime passionnel », « Un si doux visage », « Le mystérieux docteur Korvo », « Matt Dixon détective »), Otto Preminger s’est aussi aventuré sur d’autres territoires comme les films historiques (« Ambre », « Sainte Jeanne », «Exodus »), les drames sociétaux (« L’homme aux bras d’or », « Bonjour tristesse ») ou même les comédies musicales (« Carmen Jones », « Porgy and Bess »). Seuls, la comédie, le western, les films de capes et d’épées ou fantastiques n’ont pas éveillé la curiosité du réalisateur. « Autopsie d’un meurtre » qu’il réalise à 53 ans au zénith de sa carrière est la confirmation de son éclectisme. Deux ans auparavant un autre cinéaste d’origine autrichienne comme lui, Billy Wilder s’était essayé avec succès au film de procès avec le succulent « Témoin à charge ». La même année un jeune metteur en scène, Sidney Lumet, avait réalisé un premier film coup de poing avec « Douze hommes en colère ». Curieux, Preminger se saisit lui aussi du genre en livrant en quelque sorte une synthèse des deux films précités. S’il conserve les interrogations fortes sur l’institution judiciaire américaine posées par Lumet, il va chercher chez Billy Wilder les touches d’humour destinées à rendre sa démonstration moins abrupte que celle du fougueux Lumet. La tentative est en tout point réussie et le film de Preminger bouclera triomphalement une trilogie complétée quatre ans plus tard par le très poignant « Du silence et des ombres » de Richard Mulligan qui élargira le propos au racisme qui gangrène la société américaine et qu’enfin les cinéastes ont choisi d’aborder de front à l’aube des sixties (« La chaîne », « Dans la chaleur de la nuit », « Devine qui vient dîner ? » ) . Pour camper Paul Biegler l’ancien avocat général de retour au barreau, Preminger fait appel à James Stewart alors au sortir de sa période hitchcockienne . L’acteur qui a déjà plus de soixante films à son actif possède la maturité nécessaire pour apporter toute l’humanité et la rouerie utiles à ce rôle d' avocat madré. Aidé d’un vieux collègue avocat comme lui ayant une fâcheuse tendance à siroter et d’une secrétaire au dévouement quasi religieux, n’étant pas payé depuis des lustres, Biegler accepte une affaire de viol pour le moins alambiquée mettant en scène un militaire et sa femme à la sensualité explosive. Preminger prend son temps pour nous présenter son personnage principal et ses acolytes afin de nous mettre complètement en empathie avec ce trio anachronique dont on se demande de prime abord comment il va pouvoir se défendre face aux deux ténors du barreau new yorkais qui représentent l’accusation. Cette entrée en matière des plus réjouissantes renseigne immédiatement sur le ton que Preminger entend donner à son film. Impression confirmée par l’humour bon enfant du juge joué par Joseph N Welch véritable juge à Boston qui s'improvise pour l'occasion acteur chevronné. Ben Gazzara, Arthur O'Connell et George G Scott complètent efficacement un casting fort judicieusement choisi. Mais la palme revient indéniablement à Lee Remick qui par son jeu tout en provocation, instille de façon pernicieuse le doute dans l'esprit des membres du jury et du spectateur. La justice américaine est une lutte d'influence entre les deux parties au détriment quelquefois de la recherche de la vérité, c'est ce que démontre habilement Preminger, nous laissant au final toujours aussi peu avancés sur la vérité de cette affaire. La musique de Duke Ellington qui fait une courte apparition dans le film enrobe le tout d'une ambiance jazzy propice à l'ambiguïté et au souffre qui se dégagent de cette affaire exhalant un fort parfum de sexe . A noter enfin le générique très géométrique de Saul Bass qui réalisera tous les génériques des films de Preminger à compter de "Carmen Jones" en 1954.
    vinetodelveccio
    vinetodelveccio

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    4,0
    Publiée le 18 mars 2014
    Un film remarquablement écrit qui marque par sa mise en scène efficace. Dans la veine des géniaux "12 Hommes en colère" et "Témoin à charge", le film Otto Preminger nous immerge dans l'univers judiciaire. Mais ici, le parti pris ne sera pas franchement l'émotion ou l'humour, mais une grande rigueur et une démonstration d'écriture solide et parfois géniale. Les dialogues sont excellents et les joutes verbales, au-delà de leur délicieux contenu sont filmés avec beaucoup de finesse. On trouve donc ici des profondeurs de champs exceptionnelles et des cadrages réfléchis qui donnent à l'histoire un certain relief. Malheureusement, le film souffre de certaines longueurs et d'un manque de rebondissements dramatiques qui auraient amené de l'émotion ou du suspense. Le propos est également absolument misogyne, mais d'époque. Enfin, James Stewart est juste incroyable de malice et de ténacité dans ce rôle où il écrase totalement le reste du casting.
    natacha brule
    natacha brule

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    2,0
    Publiée le 20 avril 2014
    Ce film a tout, absolument tout pour lui. Acteurs, scénario, réalisateur hors pair. Que se passe-t-il donc alors? Tout est mou, tiède, sans âme ni aucun charisme dans la première heure dispensable de ce péplum de 3H. Une introduction interminable dans laquelle seuls les seconds rôles ont une quelconque saveur. Ce n'est en fait qu'un greffon (et banalités) avant le procès de 2H, l'essentiel, soit un huit clôt. Un film dans ce courant des procès qui faisait la vague de certains grands films de cette période. Stewart n'était déjà pas à son premier film du genre [Cf. Mr Smith Goes To Washington, déjà utilisé en 1939]. Ici, ce qui pourrait être un grand classique du N&B, tire quelques grosses ficelles du rire, ou de la fantaisie hors norme. Otto se jette dans la plus complète caricature, jusqu'à créer de véritables invraisemblances, ou confusions. Ainsi, de nombreuses perles viennent émailler ce tableau qui en ravira plus d'un. Une belle sera la définition du viol qui s'affranchit de savoir s'il y a eu concrètement eu lieu ou pas, la sanction étant rigoureusement identique pour une simple tentative. Ainsi, si vous venez à accrocher le vêtement d'une femme en la croisant sur le trottoir, votre compte est bon : la chaise électrique à perpétuité. On ne manquera pas de s'excuser abondement, en l'absence de témoins. Le meilleur étant le parti pris de ce cher Otto, à vouloir systématiquement faire exécuter un strip-tease complet à la sulfureuse Lee Remick, en plein procès. Strip-tease virtuel bien sûr, mais au combien détaillé et fouillé. Cela commence par la chevelure que l'on découvre exprès, puis les lunettes qui tombent pour révéler un regard et un sourire plus que radieux, tout cela pour l'intérêt du débat bien sûr. Puis plus tard une insistance à évoquer les jambes nues, la signification. Puis la croupe qui ondule devant une queue de billard. Puis un jeu pervers qui consiste à chercher un synonyme de slip, justement pour ne pas avoir à l'évoquer en plein procès. Puis d'appuyer davantage sur cet élément dans une chasse (au slip) au fond des bois. Cela va si loin (dans un procès prude) qu'il n'est pas oublié que cette charmante dame, oublie justement de porter ce genre d'accessoire en public. Le paradoxe de la pruderie est alors totalement démontré, assailli à ses plus grandes extrémités. Otto s'amuse ouvertement. Et pour finir, arborer fièrement une relique en dentelle retrouvée en toute hâte, même si un peu déchiré dans le but de montrer l'acte sexuel passé, son intensité. Pour l'époque, le traitement reste particulièrement chaud, même si aucune allusion n'a été faite aux seins de la chaudasse. En fait, c'est la seule partie restée vierge de toute justice, pourtant hypocrite à éviter ces évocations physiques directes, toute perturbation dévoyée. Otto choisi délibérément la provocation en laissant la pulpeuse Lee Remick faire des avances sans équivoque possible, dans la décapotable de l'avocat (Stewart), sous le nez même du mari emprisonné, celui-ci à la fenêtre, retenu pas les barreaux de la prison. Heureusement, l'ensemble du film est sous une licence de propos intelligent, de réparties bien senties. Mais le procès lui-même est grotesque, voire amusant, caricatural. Un vrai morceau d'anthologie. Malheureusement ce film qui constitue un véritable classique par son scénario, son choix d'acteurs, son thème honorable, son N&B apportant sérieux et rigueur, souffre pourtant d'un léger handicap : on ne rie pas là où l'absurdité indique que c'est possiblement drôle (un frigo de pêcheur, rempli de poissons à l'excès), mais on sourie abondamment de passages apportant exagérations (et grand sérieux) au cours du procès. En fait ce film ne remplit qu'apparemment les critères d'un film classique, et détourne en véritable combat de petits coqs, le sérieux d'un vrai procès. Il n'y a qu'à voir la conclusion du procès, pour comprendre combien tout ceci n'est qu'un prétexte, un leurre à amuser le spectateur, voire l'exciter un peu. Otto s'amuse gentiment à appliquer assez peu de rigueur, à détourner les ingrédients à son seul plaisir, plutôt qu'au notre. D'autant que ce film, avec une pareille prise de risques à se jeter dans la fantaisie et la caricature, est finalement un des seuls classiques, qui vieillira moyennement, contrairement au sérieux d'un Hitchcock. On ne rit plus de nos jours comme ce qui faisait sourire il y a cinquante ans, surtout pour un humour discutable ou frelaté au départ. L'humour à la Otto n'est donc pas une valeur sûre. Un prix spécial aux seconds rôles que sont Lee Remick (l'épouse dévergondée et voluptueuse), à Arthur O'Connell, génial en avocat pochtron, et surtout la superbe Eve Arden, la secrétaire qui n'a absolument pas sa langue dans sa poche. Elle, est très pince sans rire, et du meilleur qui soit.
    EricDebarnot
    EricDebarnot

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    4,0
    Publiée le 22 février 2016
    Fondé sur l'examen objectif et détaillé des circonstances et des motivations indécidables d'un meurtre quant à lui indéniable, "Autopsie d'un meurtre", avec ses deux heures quarante minutes intenses, sans aucun temps mort, peut être considéré comme la matrice de tous les "films de procès", soit un genre éminemment populaire et pourtant pas forcément très fécond, artistiquement parlant. S'il en est aussi le chef-d’œuvre, c'est d'abord qu'il sait garder jusqu'au bout son ambiguïté : chaque "révélation" - car il y en a, pour le plaisir "primaire" du spectacle - ne fait guère qu'approfondir le mystère, qui est avant tout celui de la personnalité des protagonistes, qui restera indécidable jusqu'à la fin, cette très belle conclusion qui sonnerait le glas de toutes les illusions (...s'il en subsistait encore !). Ici, le plaisir du spectateur est fondé sur le spectacle intense de l'intelligence de tous les protagonistes plutôt que sur la facilité des coups de théâtre ou sur le suspense du verdict : remarquablement mis en scène par Preminger, tous les mouvements, gestes et - bien évidemment - paroles des avocats nous rappellent d'ailleurs qu'entre un bon avocat et un bon acteur, la différence est minime. Aucune surprise que, à ce jeu-là, ce soit le sublime James Stewart qui triomphe ! (On notera le cadeau offert à Stewart, pianiste de jazz au demeurant, ce duo décontracté avec Duke Ellington..)
    JeanSéééééé
    JeanSéééééé

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    5,0
    Publiée le 24 juin 2008
    ‘’Autopsie d’un meurtre‘’ est LE film de procès. Celui qui a posé la base de tous les autres films (et séries), et il n’a pas pris une ride ! Notamment grâce au ton employé par Otto Preminger qui nous dévoile un univers judiciaire où la vérité n'est pas toujours celle qu'on croit. C'est une représentation cynique et acide de la justice des hommes, le sort de l'accusé n'est pas réellement important, le réel enjeu de cette affaire est le duel oratoire que se livrent les deux avocats. On peut relever que les éléments apportés par les deux parties ne nous amènent pas a connaître réellement la vérité, celle ci au fur et à mesure semble d'ailleurs impossible à élucider tant on est embrumé par les faits. Ce qui est évoqué aussi c'est le pouvoir de manipulation de l'avocat et du procureur sur les jurés, c'est en réalité une véritable partie d'échec. En ce qui me concerne, ce film enterre ''12 hommes en colères''. Que demande le peuple ? ‘’Une anecdote !’’ Alors, ce film fut dans un premier temps victime de la censure, notamment parce qu'on n'y fait mention d'un slip perdu par l'épouse du lieutenant Manion (les mots slip et spermatogenèse sont répétés une vingtaine de fois), ce qui choqua à l'époque. Chose étonnante, dans le film lorsqu'on y fait allusion, les personnages insistent pour qu'on change de terminologie afin de désigner le slip par un mot moins tendancieux devant le tribunal !
    Akamaru
    Akamaru

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    4,0
    Publiée le 1 novembre 2013
    "Autopsie pour un meurtre"(1959) est considéré à juste titre comme la référence des films de prétoire,même actuellement. Otto Preminger,alors au sommet de son art,dissèque durant près de 3 heures les rouages du système judiciaire américain. Il se concentre sur les joutes oratoires qui opposent l'avocat et le procureur,arbitrées par le juge(un vrai,à l'origine du renvoi du sénateur McCarthy...). Tous deux sont en représentation théâtrale devant une assemblée qui les écoute religieusement,voire avec admiration. Dans ces conditions,que la vérité se fasse jour possède une importance moins grande que la virtuosité et l'avancée des carrières de ces représentants de la loi. Preminger partage donc sa vision acérée des choses. On ne sait plus très bien si ce marine est coupable ou non d'avoir exécuté le violeur(ou pas) de sa femme. Les éléments apportés ajoutent à la confusion,plutôt qu'à la résolution,qui ne peut qu'être partiale. James Stewart est comme toujours parfait en avocat aux vifs traits d'esprit face à un George féroce et imperturbable. Un classique indémodable,qui témoigne de la supériorité des Américains dans le genre.
    loulou451
    loulou451

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    5,0
    Publiée le 25 août 2007
    Brillant. Existe-t-il d'autres termes pour qualifier ce film. Avec "Autopsie d'un meurtre", Preminger réalise encore là un chef-d'oeuvre. Comme les écrivains américains contemporains du réalisateur (Hemingway, Faulkner ou encore Fitzgerald), Preminger ne cherche à aucun moment à juger. Sa force réside dans le récit implacable des faits... Les faits, encore les faits, juste les faits ! Et aux spectateurs l'interprétation. Au bout de ces 2 h 40 de plaidoieries, le film appartient enfin à celui qui le regarde. Et que voit-il au juste ? Une mise en scène sans faille, rigoureuse à souhait, presque rigide, qui laisse, contraste saisissant, tout le champ libre au jeu des acteurs. Téléguidés dans cette histoire banale qui prend tout à coup une force inouïe, James Stewart, George C. Scott, Ben Gazzara ou encore la sublime Lee Remick s'en donnent à coeur joie. James Stewart, dans un rôle peu habituel pour lui, réalise là une performance éblouissante, tout comme George C. Scott, malheureusement trop rare à l'écran, qui fait ici étalage de toute sa force d'interprétation. Derrière sa caméra, Preminger se régale, s'amuse des facéties de James Stewart et de Eve Arden et dresse au final un portrait cynique sur l'Amérique et ses institutions. A l'instar de la justice qu'il décrit, Preminger use d'une machinerie implacable pour raconter son histoire. Renversant !
    Estonius
    Estonius

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    5,0
    Publiée le 12 janvier 2016
    Non seulement c'est très bien fait (on ne s'ennuie jamais malgré la longueur du film (2 h 40) mais c'est très roublard. Alors qu'on croit que nous allons assister à une spoiler: démonstration finale expliquant en détails les conditions du meurtre, et pourquoi pas un retournement de situation, rien de tout ça, Preminger nous dispense du réquisitoire et de la plaidoirie, passe directement au verdict qui nous laisse comme un goût d'inachevé avant que nous comprenions que personne n'a écouté le témoignage fondamental et prémonitoire du codétenu. Si Stewart gagne ce n'est pas parce que la vérité a triomphé, c'est simplement qu'il a été meilleur "artiste" que le procureur. Une victoire amère qui ne lui rapportera rien. Très fort !
    Cocobusiness
    Cocobusiness

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    4,0
    Publiée le 3 mai 2009
    Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a Murder), 1959, d’Otto Preminger, avec James Stewart, Lee Remick, Ben Gazzara et George C. Scott. Musique de Duke Ellington, que l’on voit jouer à quatre mains avec Jimmy ! Deux heures trente de bonheur pour ce film « procédurier » épatant, qui nous livre plus l’autopsie d’un procès à l’américaine que celui du meurtre en question ! A partir d’une histoire sordide, a priori sans grand intérêt, (un mari a tué – c’est certain - , l’homme qui aurait – ce n’est pas si sûr - violé sa femme), le cinéaste nous livre une élégante joute oratoire entre procureurs et avocat, une partie d’échec brillante où le jeu, au sens le plus large du terme quand il s’agit de cinéma, celui des protagonistes, des témoins, du juge, est infiniment plus important que la recherche de la vérité, laquelle étant très aléatoire. Dans cette enceinte judiciaire, la forme compte plus que le fond, ce qui ne semble pas émouvoir les jurés et réjouit le spectateur ! Beaucoup de classe et d’humour; des comédiens en pleine forme, un scénario monté comme une mécanique d’horloge, une petite culotte (quelle audace pour l’époque !) comme pièce à conviction, et James Stewart, en avocat dilettante et pro à la fois, amateur de pêche et de jazz (profil Nestor Burma, avec secrétaire dévouée et ami alcoolo repenti)…un régal de bout en bout !
    Eternally
    Eternally

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    4,0
    Publiée le 17 août 2009
    Cette "Autopsie" marque un duel acharné entre deux avocats, bien plus important au final que le verdict. Chaque partie use de subtilités pour faire chavirer l'autre et c'est bien là le sujet du film. Ce film passionnant de bout en bout, non dénué d'humour, laisse défiler les 2h40 sans aucun ennui, bien au contraire (même si quelques scénettes auraient pu être coupées tellement elles n'apportent absolument rien). Preminger fait du sacrément beau boulot, moi qui suis généralement peu emballé par l'univers fermé d'un tribunal. Il sait diversifié les plans et mouvements de caméra (là où Hitchcock avait par exemple échoué dans "Le procès Paradine"). Quant aux acteurs, force est de constater que chacun interprète magistralement son rôle. Pour finir, allez jeter un coup d'oeil à la bande-annonce du film, c'est un délice!
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