Squizzz
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3.5 - Bien
Pour sa première réalisation, Danny Boyle s’attaque, avec ses deux acolytes de l’époque, John Hodge au scénario et Andrew Macdonald à la production, à la comédie noire. Mais plus qu’une simple comédie qui ne jouerait que sur un humour au second degré, le film s’avère en même temps un thriller au suspense et à la violence implacables.
Petits meurtres entre amis est en fait le premier volet d’une trilogie qui dissèque les méfaits de l’argent (la « Bag of Money Trilogy »), et qui se poursuivra avec Trainspotting et Une vie moins ordinaire. Ainsi, le film raconte l’histoire de trois amis dont le nouveau colocataire meure étrangement, laissant derrière lui une mallette pleine de billets, qui va progressivement semer le trouble au sein du petit groupe et les emporter dans un engrenage de violence et de folie.
« Violence » et « folie » sont deux termes qui résument également très bien la dichotomie du film, qui oscille en permanence entre une tension palpable et un savoureux humour noir. Le scénario de John Hodge, au pitch de départ pourtant très classique, distille déjà ces deux éléments via une trame qui monte petit à petit en puissance et sombre progressivement dans l’horreur, mais dont les personnages et certaines situations sont par ailleurs très décalés. Puis c’est la mise en scène de Danny Boyle qui va clairement imposer ce mélange de styles. Le réalisateur gère très habilement le rythme de son film et n’hésite pas à le rompre à tout moment pour passer de l’énergie de la comédie, à une atmosphère plus lente et oppressante de thriller (et inversement). Boyle s’amuse aussi des clichés du film d’horreur, les prend à contre pied. A ce titre la BO est absolument magnifique d’autodérision. Enfin, il sait parfaitement mélanger pure violence et comédie au sein d’une même séquence, à l’image du final, monstrueusement drôle.
Petits meurtres entre amis c’est également les prémices du style Danny Boyle, de sa caméra qu’il aime voir en mouvement et de plans toujours habilement réfléchis. C’est aussi la découverte de jeunes talents, Ewan McGregor, Kerry Fox et Christopher Eccleston, tous les trois délicieux en clichés des jeunes actifs citadins, dont l’amitié n’a de limite que leur égoïsme. Il flotte donc sur le film une certaine insouciance qui devrait plaire à tous les 20-30 ans, même si on ne peut pas nier le fait que le film commence à sérieusement vieillir du fait de son style très marqué 90′s.
Un premier film déjà extrêmement maîtrisé, dont l’originalité se trouve dans son savoureux mélange d’humour noir et de thriller classique.
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Ajoutée le 11 déc. à 23h49
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