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    Viridiana
    note moyenne
    3,9
    295 notes dont 51 critiques
    répartition des 51 critiques par note
    10 critiques
    16 critiques
    15 critiques
    9 critiques
    0 critique
    1 critique
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    51 critiques spectateurs

    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

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    2,0
    Publiée le 16 juin 2020
    J'ai vraiment pas accroché à ce défilé de laideur qui trouve son paroxysme dans le repas final qui se rapproche des films de Fellini où les personnages tous horribles sont mis en avant par la grossièreté ou leur caractère si grotesque. C'est affreux sale et méchant version espagnole
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 18 mars 2019
    Un homme autour de la soixantaine plutôt fortuné demande en mariage sa nièce qui est sur le point de prononcer ses vœux. Pour lui enlever toute chance de se donner à Dieu, il lui fait ingérer un somnifère afin de pouvoir la violer dans son sommeil. Luis Buñuel est un activiste de la pellicule. Il s’attaque aux tabous et confronte le public, mais toujours avec doigté et intelligence. Il réussit ici à teinter d’un peu de beauté et d’humanité, le comportement amoral et révoltant de Dom Jaime, magnifiquement interprété par Fernando Rey. Plus tard, il évoque la révolution par une longue séquence durant laquelle des mendiants gentiment hébergés profitent de l’absence des maîtres pour prendre possession des lieux et s’improviser un souper qui vire à la débauche. Il touche le tragique par le destin de sa protagoniste. La jeune Viridiana qui avait décidé de s’inspirer de la souffrance et la résilience du Christ pour guider sa vie, baisse les bras une fois qu’elle réalise qu’elle a été trahie par ceux qu’elle a aimés. Point de happy end. L’animalité et ses démons l’emportent sur la bonne conscience. Buñuel sait donner de la proportion et du sens à ses œuvres par une symbolique omniprésente tant par l’objet que par la construction de ses plans. En général, les acteurs se prêtent au jeu avec humilité et justesse. Au final, ils réussissent à toucher le spectateur tout en le faisant réfléchir sur la condition humaine. C’est souvent par cette conjugaison que les réalisateurs(trices) réussissent à faire leur place dans la cinématographie.
    Eowyn Cwper
    Eowyn Cwper

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    4,5
    Publiée le 16 novembre 2017
    septiemeartetdemi.com - Buñuel avait beaucoup tapé sur l'Église du temps où il réalisait des films mexicains. Alors histoire sans doute de ressurgir avec douceur dans son Espagne natale où il n'avait pas tourné depuis 1936, il a choisi non pas de la présenter sous des airs de perpétrateur mais de victime. Mais comme il n'a pas mis son sens critique de côté, il a quand même été censuré. On y reviendra. Le personnage de Viridiana est montré telle une sainte, mais pas du genre du père Nazario dans Nazarín (1959) qui, lui, inspirait le respect et faisait entendre sa vertu tel un messie sans tolérer d'insoumission. Viridiana n'est pas pour plaire aux féministes : c'est une femme qui, quoique altruiste, éprise de justice et de piété, ne saura pas dépasser sa condition ou se faire respecter. Ses efforts sont ceux de la religion, ce qui établit un parallèle flagrant entre la faiblesse des deux. Elle sera successivement victime de chantage, d'iniquité, d'irrespect, d'incompréhension et même menacée de viol. Victimiser la religion aurait pu ravir le Vatican. Mais c'était également sous-entendre que ses efforts seront toujours punis et jamais n'auront le moindre espoir de faire du monde un havre de bonté et de paix. Sans compter que les coupables de l'histoire sont les pauvres, les ouailles, qui se rebiffent sans état d'âme contre leur bienfaiteurs, avec un paroxysme sous la forme d'une cène orgiaque et décadente. Pour le spectateur dans l'absolu, c'est une réflexion qui s'ouvre : que se produit-il si l'image d'Épinal n'est pas une illusion, si piété et altruisme sont effectivement corrélés ? Voilà une vision réaliste intéressante, qui malheureusement a gâché le retour de Buñuel dans sa terre d'origine. Et c'est ainsi que le film a été initialement banni en Espagne et que Buñuel s'est fait un ennemi du Vatican. Une réaction si forte que la Palme d'Or a été attribuée au film in extremis, à la suite d'un visionnage qui suivait la remise du prix, déjà attribué.
    Broyax
    Broyax

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    0,5
    Publiée le 21 janvier 2017
    Tout le monde veut sauter la nonne, y compris son oncle et surtout son oncle mais aussi les nécessiteux et miséreux qui ne pensent qu'à sauter cette divine représentante de la madonne. Même le cousin mijote quelque chose mais lui il a choisi de finasser avec cette incroyable beauté tombée du ciel. Il faut dire que la nonne en question est une bomba latina d'une grâce exquise incarnée par la très belle Silvia Pinal (un nom prédestiné sans doute) et que même fagotée n'importe comment, elle met le feu partout où elle passe. Cela étant, pour un film de Bunuel, on reste sur sa faim et très affâmé par Silvia. Comme il s'agit d'une "palme d'or" au festival des films intello-bourgeois dont les étudiants gnangnan en histoire de l'art raffolent également, on s'ennuie puissance 10. La réalisation pompeuse hisse bien haut le baillement au rang de vertu : vous ferez pénitence ce soir, vous vous taperez Viridiana ! non, pas la fille, juste le film. Un supplice. Pour rendre la chose plus supportable, on pourra tenter de visionner cette palme en apnée tout du long... alors même le Grand Bleu vous paraîtra palpitant en fin de compte.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    5,0
    Publiée le 17 janvier 2017
    En 1960, après treize ans passés au Mexique où il a pu donner libre cours à son art grâce au soutien du producteur Oscar Dancigers, Buñuel reçoit une proposition pour venir tourner dans l'Espagne de Franco via le producteur Gustavo Altriste qui souhaite que le maitre dirige son épouse Silvia Pinal . Devant ce retour inattendu, beaucoup se demandaient comment le cinéma corrosif de Buñuel allait passer sous les fourches caudines de la censure franquiste. Un risque d'affadissement du propos était à craindre. Il n'en n'a rien été. Buñuel, pourtant âgé de 61 ans, n'était certainement pas enclin aux compromissions. En adaptant librement un roman de Benito Pérez Galdo, il réussira par miracle à introduire toutes ses thématiques et obsessions sans voir son film amputé par la commission de censure. C'est seulement après le triomphe à Cannes en 1961 où "Viridiana" obtint la Palme d'Or que les choses se gâtèrent. Le Vatican par l'intermédiaire de son organe de presse l'Osservatore Romano jugea le film "sacrilège et blasphématoire". Le Caudillo fou de rage que 'Viridiana" ait pu sortir en l'état, congédia le Directeur de la Cinémathèque venu supporter le film à Cannes et fit aussitôt interdir le film sur le territoire espagnol. Il le restera jusqu'en 1977. Plus de cinquante ans après sa sortie, "Viridiana" n'a rien perdu de son côté sulfureux mais surtout, sa vision lucide de la nature humaine est toujours aussi percutante. Pêle-mêle, le réalisateur pervertit les symboles religieux, évoque l'inceste, s'interroge sur le bien-fondé de la compassion, s'attarde sur ses obsessions fétichistes (pieds, jambes, chaussures) et surtout prend comme point de départ de son intrigue la tentation nécrophile de l'oncle Don Jaime (Fernando Rey) qui fait revenir à son domicile sa nièce Viridiana (Silvia Pinal) prête à prendre le voile dans le dessein de la violer car elle lui rappelle sa femme défunte (Buñuel avouait avoir eu le fantasme dans son adolescence d'endormir la reine Victoria Eugenia pour coucher avec elle toute une nuit). On le voit, Buñuel n'a pas ménagé sa peine pour rester fidèle à sa réputation. Mais ce qui reste comme le plus subversif au-delà de son obsession toujours renouvelée du désir masculin qu'il convient de ne pas assouvir pour le conserver intact, est le portrait d'une froide lucidité qu'il brosse de l'homme social. S'il a souvent pris le parti des sans-grades, Buñuel n'est pas pour autant dupe de la véritable nature humaine qui veut qu'au-delà des barrières sociales qui ne font qu'habiller les comportements, les instincts individuels profonds soient également partagés. La scène d'orgie finale où en forme de clin d'œil, Buñuel parodie "La Cène" de Léonard de Vinci en la faisant reproduire par des sans-guenilles venus faire banquet chez leur bienfaitrice absente, constitua peut-être la provocation ultime vis à vis de l'institution religieuse mais surtout l'affirmation d'un nihilisme pleinement assumé qui fait de Buñuel un des cinéastes les plus radical de son temps. Inutile de palabrer très longtemps sur "Viridiana" à propos duquel tout a été dit pour affirmer sans hésitation qu'il s'agit d'un chef d'œuvre.
    willycopresto
    willycopresto

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    2,5
    Publiée le 14 décembre 2015
    "Viridiana" (1961) rediff sur France 2 le 10.11.2015 Ce vieux film (1961) avait surtout fait parler de lui à l'époque de sa sortie à cause de son parfum de scandale et de provocation (il fut censuré en Espagne) Aussi de critique non voilée de la religion (sans jeu de mots), le tout sur fond de surréalisme. Les 600 000 spectateurs (seulement) en salles de l"époque peuvent donc être considérés comme une forme d'échec commercial au regard de la publicité qui entoura sa sulfureuse sortie. Mais ce qui choquait hier est devenu affreusement banal aujourd'hui : la nudité d'une femme à l'écran par exemple. Bref, ce film m'a laissé de marbre et complètement indifférent ! Par contre, le choix des acteurs tout comme leur jeu est admirable et mérite d'être vu, ainsi que certaines prises de vues dignes d'un tableau de maître. Je ne pense pas à "La Cène" que le réalisateur a voulu pasticher, en évoquant cette appréciation. Bien sûr, certains entreront en pâmoison à la simple vue du nom du célèbre réalisateur sur l'affiche (bien évidemment très -trop- visible), mais ce film qui a le mérite de témoigner d'une époque, a finalement très mal vieilli ! willycopresto
    Bertie Quincampoix
    Bertie Quincampoix

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    3,5
    Publiée le 23 novembre 2015
    Palme d'or à Cannes en 1961, Viridiana raconte le parcours quelque peu troublé (c'est un euphémisme !) d'un superbe femme promise aux ordres, incarnée par Silvia Pinal. Luis Buñuel nous offre un film totalement subversif, s'amusant à opérer une bascule scénaristique surprenante après le premier tiers du long-métrage. On y retrouve ses fantasmes pour les jambes et les vêtements féminins, et un esprit anticlérical qui fit scandale dans l'Espagne franquiste, où l'œuvre fut tournée après un long exil du cinéaste au Mexique. Jouissif et impertinent.
    Extremagic
    Extremagic

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    3,5
    Publiée le 19 août 2015
    Je continue d'arpenter tranquillement la filmographie de Bunuel et je dois dire que je m'attendais à mieux avec ce film vendu comme un des plus réussi du réalisateur, palme d'or oblige... En fait j'ai tout bien aimé sans être particulièrement transcendé non plus, cette scène de repas de riche par des pauvres c'est assez énorme mais justement je suis vachement déçu, comme souvent avec le réalisateur par la fin. Ca se finit comme ça. C'est un peu le problème que j'ai avec les fins ouvertes, c'est très bien, j'aime souvent plus ça qu'un truc imposé mais seulement si on en sort pas avec l'impression que c'est pas fini. Et là c'est le cas. Quand on regarde Los Olvidados, cette fin comme ça qui arrive, qui te tombe dessus, c'est génial parce que c'est vachement violent ça sert vraiment le propos. Mais là j'ai pas vraiment compris et je pense que le film aurait gagné à s'étendre sur un épilogue de quelques minutes supplémentaires. Sinon c'est du tout bon. Alors je vois bien la critique des classes et de la religion chez Bunuel qui sont ses deux thématiques récurrentes, mais j'ai toujours un peu du mal à cerner le propos, réellement qu'est-ce qu'il veut dire ? Qu'au fond riches et pauvres sont pareils, qu'il ne faut pas donner du pouvoir aux pauvres parce qu'ils en feraient n'importe quoi ? En fait c'est pas très clair. Après c'est assez fendard par moments, et on sent que ce n'est pas gratuit, que c'est intelligent, mais bon je pense qu'une analyse approfondie de son œuvres s'imposera quand j'en aurais vu plus. Par contre ce qui m'a bien fait marrer c'est toute la première partie j'avais l'impression de voir un Almodovar 20 ans auparavant, je pense que ça l'a pas mal influencé même s'il n'aborde pas dut tout les mêmes thématiques. Voilà c'est du très bon mais je reste largement sur ma faim, ce qui me pousse forcément à voir le reste de sa filmographie. J'espère un jour tout de même tomber sur un de ses films qui me convaincra pleinement.
    S M.
    S M.

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    4,0
    Publiée le 28 juin 2014
    "Viridiana" est plus qu'un film anticlérical. Sorti en 1962, en avance sur son temps, à la limite de la folie et de la perversion, il est une grande satire social où tout le monde en prend pour son grade. Bunuel provoque et dérange beaucoup. Silvia Pinal est impressionnante dans le rôle principal. Une oeuvre, qui a certes un peu vieilli sur certains points mais qui reste essentielle.
    Lotorski
    Lotorski

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    3,0
    Publiée le 13 mai 2014
    Une oeuvre déstabilisante et désespérante (dans le sens de désespérément vraie). Parfois drôle, toujours provocant.
    anonyme
    Un visiteur
    2,0
    Publiée le 23 février 2014
    Après mon cycle Truffaut de novembre 2013 et les deux films proposés par la télévision pour célébrer Jean Cocteau (toujours en novembre !), je ne pouvais pas ne pas passer à côté d'un tel événement. Celui qu'Arte a proposé en juillet (2013) méritait toutes les attentions : la célébration du trentième anniversaire de la mort de Luis Bunuel, cinéaste inclassable et véritable artiste de son époque. Je n'ai pas enregistré tous les films que proposait la chaîne franco-allemande, en revanche, je me suis permis d'en sélectionner quelques uns (chronologiquement, par ordre de sortie) : "Viridiana", "Le journal d'une femme de chambre", "Belle de jour", "Tristana" et "Cet obscur objet du désir". Je vais ainsi partager mon opinion dans mes critiques et je serai ravi de pouvoir continuer sur les forums. Je me suis aussi permis de regarder en premier le documentaire inédit sur Bunuel pour me faire une idée sur le metteur en scène d'origine espagnole. Un très bon documentaire agrémenté par les commentaires de Bunuel fils, Michel Bouquet, Catherine Deneuve et Carole Bouquet notamment. A noter : "Viridiana" est le premier film que je vois de l'artiste Bunuel. Mais revenons un peu plus sur le film de 1961 mis en scène par Luis Bunuel et tourné en Espagne, tout juste après sa période mexicaine ("Los olvidados", "El"). Scénario (de Bunuel, bien sûr !) : la jeune femme Viridiana souhaite entrer au couvent. La Mère supérieure lui ordonne d'aller voir une dernière fois son oncle avant d'exaucer son souhait. Mais l'oncle fait tout pour que sa nièce reste, tente d'abuser d'elle, puis va jusqu'à se suicider par remord. Choquée, Viridiana ouvre les portes du domaine, héritage de son oncle, pour faire don de charité aux plus démunis. Bunuel dépeint cette arrière-société sombrement dans un climat décidément austère. La première partie est excellente tandis que la seconde tombe un peu plus dan le prêchi-prêcha (à mon goût). Excellence des quarante premières minutes grâce à l'interprétation sans fausse note du duo Silva Pinal (magnifique de sensualité en Viridiana. Revue dans "L'ange exterminateur" et "Simon du désert")-Fernando Rey (jouissif au possible dans ce personnage monstrueux. L'un des acteurs fétiches du réalisateur : "Tristana", "Le charme...", "Cet obscur..."). Ici, c'est sur l'interprétation générale qu'est portée le film. Par la suite, il s'agit plus pour Bunuel de montrer les charmes discrets inhérents à l'humain (bien discrets, même. Ironie). Cette partie, même si elle a l'avantage d'être tournée sous différents angles de vue (précision du montage, plans plus ou moins serrés faisant référence par endroit à du surréalisme), se caractérise par la folie destructrice des hommes. Affabulateur, Bunuel va jusqu'à parodier la Cène, l'image biblique par excellence, pour en faire une démonstration de chair, d'orgueil, de pessimisme, de narcissisme, de noirceur, de vide intérieur viscéral. Bunuel fait de ce plan, devenu culte avec le temps, ue peinture glauque et un blasphème pour l'Eglise. Dans ce climat austère à souhait, pas d'interprétation générale, mais plus le sentiment de faire partie de cette orgie à laquelle tout un chacun est convié. D'un regard acerbe et sans aucun respect pour l'homme (et l'Eglise !), Bunuel ne se fourvoie pas dans la décadence la plus totale, il reste dans la constatation et la description d'un groupe d'être humain. Luis ne se range pas dans la catégorie qui juge mais pointe simplement du doigt (et quel doigt !) la décadence et la noirceur de l'être humain dans toute sa splendeur. De la misogynie filmée à un degré élevé de noirceur. Un régal ! Quel pourfendeur ce Bunuel (il faut le dire !) !! Pourquoi cette partie est-elle en dessous de mes espérances ? Elle me gêne tout simplement. Non pas que Bunuel n'arrive pas à ses fins, mais le réalisateur du "Chien andalou" assène des valeurs avec une telle virulence que les sentiments qui ressortent de "Viridiana" font que je me sens dans une posture assez grossière de gêne. Oui, je comprends que le film n'ait pas été acclamé par la critique et censuré. Au final, on ressort de "Viridiana" sans conviction et avec une vision assez paradoxale quant à la scène finale (la chanson rock n'roll "Shimmy doll" d'Ashley Beaumont parachève les visions négationnistes de la religion en général). Les paradoxes, Bunuel les accumule pour s'en accommoder au maximum. Yes, we can. "Viridiana" : le modèle d'une société très crue où fanatisme, fétichisme et corruption de l'esprit vont de pairs. Un film à regarder pour une culture cinématographique à compléter. Sinon, les amateurs de Bunuel seront comblés. Remarque : récompensé par la Palme d'or pour sa quatorzième édition à Cannes en 1961, "Viridiana" est le scandale de plus pour Luis Bunuel. Yes, he can.
    Angela Ki La
    Angela Ki La

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    4,5
    Publiée le 5 décembre 2013
    On peut comprendre que ça ait choqué à l’époque. Mais si le film de Buñuel avait uniquement pour but de choquer les bourgeois, on l’aurait déjà vite oublié. La provocation chez lui, c’est aussi une façon de penser, un système formel derrière lequel se vit son cinéma. Je l’ai vu avant-hier pour la première fois, et il n’y a pas de rides, pourtant il est vieux, le film. Certains plans ressemblent à des hallucinations, tellement il arrive à bien mélanger ses obsessions, et l’entêtement du désir, des pulsions, et du contrôle de la société sur les corps et les esprits. C’est un peu hermétique, on ne sait jamais si c’est un pamphlet anarchiste ou un rêve éveillé, c’est un artiste qui se mérite. Belle comédienne principale, et la ressemblance avec Catherine Deneuve, qui joue souvent les femmes de la petite bourgeoisie n’aura échappée à personne. Les acteurs sont tous bons, voire excellents, mais je crois que c’est la direction d’acteurs qui est bonne, puisque le film n’est pas basé sur une performance de jeu, mais sur une mise en scène inspirée et sans faille. Personne ne ressort indemne, tout le monde en prend pour son grade, les riches, les pauvres, la charité chrétienne hypocrite, les bonnes sœurs, le cousin arriviste, tout le monde. Et Buñuel nous montre ça avec une acuité assez impressionnante. Pas de pathos inutile, d’où la gêne, car on ne sait jamais sur quel pied danser, et beaucoup d’enjeux. Sa misanthropie n’est jamais prétexte au désespoir, mais plutôt l’occasion pour des associations d’idées bizarre : Une bonne sœur désirable, le tabou de l’inceste brisé ou pas brisé, le dernier repas d’une bande de clodos se transforme en tableau religieux célèbre, c’est à la limite blasphème…C’est difficile de parler de ce genre de film qui se ressent plus qu’autre chose. Et cette dernière scène géniale, qui laisse deviner ce que va faire le trio, sainte nitouche, boniche, et futur châtelain… Œuvre d’art libre et iconoclaste que je conseille vivement.
    Hotinhere
    Hotinhere

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    3,0
    Publiée le 26 novembre 2013
    Portrait d’une jeune femme qui, après le suicide de son oncle, renonce à entrer dans les ordres afin de servir Dieu par d’autres voies, à travers l’hospitalité et la charité aux pauvres. Un drame ironique (marqué par une célèbre séquence extraordinaire d’orgie de pauvres), dans lequel Buñuel tente de révéler la vérité de la nature humaine, en montrant le décalage grotesque entre le monde profane et l’univers dans lequel Viridiana croyait vivre. Palme d’or 1961.
    coperhead
    coperhead

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    4,5
    Publiée le 17 octobre 2013
    Encore un grand film de Bunuel qui ne laisse que peu d'espoir sur la nature humaine . Viridiana qui se destinait au couvent mais qui y renonce après le suicide de son oncle pervers veut faire le bien en créant une sorte d’hospice mais n'aboutit qu'à dégrader un peu plus les Buñuel le Bien ne peut mener qu'au Mal et les valeurs les plus profondes du catholicisme, en l'occurrence la bonté et la charité, ne peuvent qu'engendrer des religion chrétienne n'est pourtant pas la seule cible de Bunuel, la musique et la peinture qui sont aussi deux autres tentatives d'idéalisation du réel qu'il admire mais dont il se moque. Voir le célèbre plan des clochards parodiant la Cène de Vinci.
    ferdinand75
    ferdinand75

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    4,0
    Publiée le 14 septembre 2013
    Un film dérangeant et difficile de lecture. Il y a bien sûr un anticléricalisme latent, mais très vite après la mort du viel oncle , le film introduit tous ces personanges de "sans terre" , des mandigots , des pauvres . On touche alors à une sorte de cynisme au second degré. Pour prendre le contre-pieds de la charité chrétienne. Non ces Freaks n'ont pas besoin d'être sauvés. Ils ne sont pas "naturellement bons" comme pourrait le croire les bons chrétiens , et Viridiana la première. Ils ne peuvent pas être sauvés . Ils sont tels qu'ils sont , le résultat d'une histoire qui est la leur . On est dans l' affrontement entre le " destin" et la charité. Tout cela est truculent , violent , jouissif , les mendiants ne respectent rien et s'amusent beaucoup dans cette hacienda / hospice. La scéne de fête explosive rappelle Jean Vigo et son "Zéro de conduite " . Les fauves sont lâchés, la société explose, c'est "The party". Bien sûr la mise en scène de la Cène est d'anthologie , énorme , une outrage de beuverie et de fornication remplaçant la communion et le partage des pains., Tout cela est énorme, il fallait oser, c'est vraiment Bunuel. Le film manque parfois un peu de rythme ,de "chaleur" , mais les circonstances historiques du tournage , 1er film de Bunuel de retour en Espagne franquiste, explique peut-être ce sentiment . Un monument du cinéma.
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