Viridiana
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 849 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2026
Très âpre, l'intrigue dénonce l'idéalisation de la nature humaine induite par la religion, le mépris ou la jalousie même entre ceux qui semblent frères ou égaux, la perversion des actes de bonté procurés à ceux qui incapables de gratitude n'y voient qu'un moyen d'éprouver à l'excès la vie de ceux qu'ils envient. Montrant l'incapacité à aider tous ceux qui le méritent (les chiens) ou que l'on plaint, le récit choisit pour héroïne une aspirante naïve qui avive les appétits des hommes sans réussir à sauver les âmes de ses protégés (encore moins préoccupés par le consentement que son respectable oncle...). Un appel grinçant à la cynique lucidité.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2026
Fable sacrilège d’une ironie mordante, Viridiana dynamite la charité chrétienne en révélant ses impasses morales. Avec une sécheresse implacable, Luis Buñuel met en scène la collision entre idéal religieux et pulsions humaines, sans jamais chercher à réconcilier les deux. La célèbre parodie de la Cène cristallise cette irrévérence, transformant le sacré en grotesque dérangeant. Le personnage de Viridiana, tiraillé entre foi et réalité, incarne une innocence progressivement corrompue par le monde. De cette lucidité cruelle naît un chef-d’œuvre subversif, dont la portée critique reste d’une modernité saisissante.
Acidus

872 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2025
Palme d'or controversée pour son ton blasphématoire et les sous-entendus sexuels, "Viridiana" est considéré aujourd'hui comme un classique du cinéma. Pour ma part, il ne m'a pas plus ébranlé que cela.

J'ai adoré la première partie du film et son final, moins le développement du scénario après la mort de son oncle avec l'accueil des mendiants. Un ventre mou et quelques longueurs qui nuisent à l'immersion et l'intensité émotionnel. Ses critiques perdent aussi de leur mordant.

La mise en scène de Luis Bunuel reste impeccable et il est bien épaulé par l'actrice mexicaine Silvia Pinal avec sa forte présence.

Un bon film qui souffre malheureusement de quelques inégalités.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 mai 2025
L'exemple parfait du film bénéficiant d'une extraordinaire complaisance seulement parce qu'il est l'oeuvre d'un cinéaste prestigieux. A tel point que même sa Palme d'Or de 1961 était déjà une mascarade sans nom. Si vous cherchez un navet d'envergure, ne cherchez pas plus loin, vous en avez un magnifique spécimen ! "Viridiana" est un néant absolu. Qui a le mauvais goût de durer presque 90 minutes... Ni histoire, ni enjeu, ni personnages et encore moins de mise en scène. Y a vraiment rien de rien. Alors oui, tous les thèmes chers à Bunuel y sont, mais c'est tellement mal écrit que c'en est grotesque. Où était donc passé le grand cinéaste ? Celui qui, quelques années avant ce cauchemar intégral nous avait donné "Los olvidados", "La vie criminelle d'Archibald de la Cruz" ou "Tourments" ? Dans un trou noir, probablement. Heureusement que les spectateurs espagnols de l'époque n'ont pas pu le voir pendant des années, ils n'auraient pas apprécié du tout que l'on se moque d'eux de la sorte.
Cadreum
Cadreum

61 abonnés 784 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mai 2025
Viridiana est un film qui ne croient plus, qui ne pardonnent plus, qui ne désirent plus l’illusion d’un monde sauvé par la pureté. Tout est là, pourtant : une jeune femme au visage lavé, vêtue comme une religieuse, et en face, le monde, sale, tremblant, profanateur.

Cependant, Luis Buñuel n’oppose pas la foi à l’athéisme, la vertu à la dépravation, le sacré au profane : il regarde comment les formes se gangrènent, comment les gestes se pervertissent à force d’être purs, comment l’icône se fissure sous la persistance du réel.

Le génie du film, c’est qu’il avance masqué. Ici, la mise en scène est classique : cadres nets, profondeur de champ contrôlée, lumière diurne, gestes cadrés et raccords invisibles. Mais c'est cette netteté qui deviendra plus tard une arme.

Buñuel filme la foi comme on filme un leurre. Viridiana veut bien faire, veut sauver, veut incarner quelque chose de supérieur au monde. Mais le monde ne l’attend pas. Le monde la regarde, la contourne, l’absorbe. Elle devient son propre paradoxe : en cherchant à répandre la grâce, elle devient outil de pouvoir, de mépris et de violence.

On a beaucoup écrit sur la scène du repas. Les mendiants rejouant la Cène, mais avec les rires gras, les postures inversées, les regards hagards. Ce moment est plus qu’une satire : c’est une apocalypse domestique.

Ici, tout ce qui tenait ensemble l’ordre des choses (la table, le pain, l’image pieuse) est soudain retourné. Le vin devient glaviot, l’hostie devient injure. Buñuel ne ridiculise pas la religion : il montre ce qu’elle produit quand elle refuse de voir. Les apôtres sont ivres, lubriques, grotesques. Ils n'ont pas trahi le Christ : ils n’ont jamais été invités. Ils s’invitent, ils s’installent, ils pillent, parce que l’illusion de charité les a rendus objets, puis monstres.

Et puis il y a le crucifix-couteau. C’est une icône parfaite : dans l’objet même qui promet la paix, une lame. Dans l’amour, une violence prête à jaillir. Il n’y a rien à interpréter ici : tout est dit. Le sacré contient sa propre perversion. Buñuel n’a pas besoin d’y insister.

Mais Viridiana n’est pas un pamphlet. Ce qui fascine, c’est sa retenue, sa précision. Chaque scène prépare la suivante par érosion. L’idée n’est pas de convaincre, mais d’user. User la croyance, l’espoir, la bonté jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un sol nu, presque sec, où plus rien ne pousse.

Le final est à ce titre une image d’une puissance obscure : Viridiana, autrefois consacrée à Dieu, assise à la table d’un homme, prête à jouer aux cartes. Pas de chute. Pas d’élévation. Juste l’acceptation d’un monde sans miracle. Elle ne devient pas mauvaise, elle devient présente. Là, dans la pièce, sans voile.

On sort de ce film comme d’un rêve vidé de ses promesses. On croyait entrer dans une parabole, on en sort avec une corde, un couteau, des corps usés, des regards qui ne savent plus prier. Ce que Buñuel filme, c'est le point de rupture, la fatigue de la foi. C’est là que se tient le cinéma de Viridiana.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 267 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2024
Sur fond de musique sacrée -symbole hypocrite d'une existence morale et pieuse- Don Jaime, l'oncle bourgeois de Viridiana, n'en est pas moins un homme indigne, prêt à tout pour séduire sa nièce qui se destine pourtant au couvent, jusqu'à souiller sa vertu pour la contraindre à ne pa prononcer ses voeux.
Après avoir raillé le comportement de Don Jaime, Bunuel dénonce les fondements-mêmes de la société bourgeoise. Avec une semblable ironie, le cinéaste démasque la fausse respectabilité du bourgeois et ses turpitudes sexuelles enfouies sous des codes moraux affectés. Puis, exposant le rapport social entres riches et pauvres, Bunuel montre ce que cette relation de classes, entretenue par la bourgeoisie, peut avoir de vicieux, de complaisant et d'illusoire.
Les signes sont nombreux et éloquents, qui témoignent du mensonge social. L'innocente Viridiana pourrait être en définitive la première victime de cette farce sinistre, de cette comédie humaine. Malgré sa religion et sa charité, elle est la proie du bourgeois et la victime expiatoire du pauvre.
Iconoclaste subtil, Luis Bunuel n'en est pas pour autant un cynique ou un nihiliste. C'est au nom d'un certain humanisme qu'il invoque pour les humains un total affranchissement des règles morales et sociales qui briment leur nature et leur liberté.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2024
Une critique acerbe de la bon dieu série et de la charité chrétienne qui montre la dureté et l'hypocrisie de la société ou l'on se moque toujours d'un plus mal loti. Et la charité ne mène à rien les plus pauvres ayant le moins de valeurs à respecter sont montrés comme les plus méprisables et les plus abjects.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2023
Soixante ans après, on reste, surtout en repensant au contexte Espagnol de l’époque, scotché par la puissance et l’irrévérence provocatrice de ce brûlot. Le film a d’ailleurs fait scandale, qualifié de blasphématoire et frappé par la censure Franquiste. Mais si Buñuel ne s’embarrasse d’aucun scrupule où règle de bienséance, son propos n’est pas pour autant simpliste ou militant. Si l’on ressent sa vision d’un catholicisme oppressant, la foi et la démarche de Viridiana sont respectées, voire admirées. Si le cinéaste ne se berce pas d’illusions sur le genre humain, avec une lucidité qui confine au cynisme, l’essentiel des personnages est pourtant considéré, même dans des moments sordides, avec une forme de compréhension, parfois de bienveillance.
Les thèmes récurrents du cinéaste sont là, les pulsions et la frustration sexuelles en leur centre, et la mise en scène est un modèle d’expressivité, avec de nombreux plans symboliques parfaitement placés et des détails glaçants. L’hallucinante scène de « La Cène » est inoubliable. Elle compte parmi les grands moments de l’histoire du cinéma.
L’ensemble du film est d’une grande richesse et mérite évidemment des analyses approfondies : à mon sens ses dimensions les plus importantes sont les réflexions qu’il génère sur la distorsion entre idéal et réalité et sur l’efficience de la charité, action curative et non préventive…
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juin 2025
Buñuel, par son expérience surréaliste, fait surgir une vérité brute, violente, qui vient balayer les utopies les plus pures et les morales les plus sacrées. Viridiana est un grand oublié de notre époque, sans doute parce qu’il montre ce qu’on préfère taire, ce qu’il y a de plus dérangeant dans la nature humaine : le péché originel. Un film au message éternel, qui traverse les siècles.

spoiler: La morale victimaire de Viridiana s’effondre face à la rudesse du réel. D’un côté, les faibles usent du vice et de la manipulation pour nourrir une puissance malade. De l’autre, un homme jeune, fort, impur, mais seul à pouvoir agir et trancher. Le film ne cherche pas à réconforter, il expose.
ned123
ned123

209 abonnés 1 764 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 août 2023
J'ai vu un film... un immense film de Luis Bunuel... La belle Silvia Pinal est sur le point de prononcer ses voeux, quand son oncle l'appelle auprès d'elle, car il va mourir... En guise de mourant, elle voit un homme fort, sûr de lui, et qui semble en pincer pour sa nièce... Dans une scène où il est sur le point d'abuser d'elle, il s'arrête... Elle fuit choquée... Et il se suicide...
Et là, Bunuel s'en donne à coeur joie, pour dénoncer, pour présenter des personnages dionysiaques... Le discours antireligieux est évident, la satire sociale est aussi très claire... Les pauvres ne sont pas auréolés d'une béate humanité, tandis que les riches ne sont pas toujours odieux...

De plus la dimension morale des personnages nous montre que l'enfer est pavé de bonnes intentions... Dans ce film, on découvre les humains, capables de mensonges, d'hypocrisie, de vol, de cupidité, d'envie de luxure, de meurtre... sans limite aucune. Fellini aurait aussi pu faire ce film, car certains personnages, bien que terribles sont truculents...
La mise en scène est exceptionnelle (cette scène de la Cène... whaou...), les jeux de lumière, les non-dits... Ce film est vraiment incroyable.
ClemYti
ClemYti

33 abonnés 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2021
Parasite avant l'heure! Luis Buñuel film la lutte des classes comme personne. Film passionnant et très intelligent!
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2021
Pour son retour en Espagne après vingt-quatre ans d’exil aux USA puis au Mexique, Luis Buñuel réalise un brulot violemment anti chrétienté : « Viridiana », qui sera interdit en Espagne jusqu’en 1977 et au Portugal (1976). En premier, l’institution catholique avec le couvent, froid et convenu, plus intéressé par la reconnaissance matérielle que par l’humanité, avec une dernière scène entre la mère supérieure et Viridiana (Silvia Pinal) qui est une synthèse de rapports congelés, sous un vernis de relationnel bienveillant circonstancié. Puis la destruction du mariage religieux avec la robe immaculée, mélange obsessionnel de relation incestueuse habillée de nécrophilie (le couple sexe – mort est récurent chez le cinéaste). Enfin, la charité chrétienne avec les clodos, qui débouche sur orgie, saccage, tentative de viol et meurtre après la Cène reconstituée (coupée en Italie jusqu’à la fin des années quatre vingts). Comme dans « Nazarin » les actes que Viridiana, qui se veulent dans la lignée de ceux du Christ, débouchent constamment sur des situations contre productives. L’aspiration à l’élévation se muant dans le réel en une descente vers la bestialité primitive. A l’opposé de Vincente Minnelli où elle finit par transcender la réalité, chez Buñuel la sordide réalité la détruit. Mais contrairement à l’opinion établie, le scénario est très en retrait sur l’aspect social. Les pauvres servent essentiellement l’attaque contre la charité chrétienne et la critique de la bourgeoisie s’en remet uniquement à la névrose d’un homme (Fernando Rey excellent). Sur ces deux plans, « Los Olivados » pour le social et « El » sur la maladie mentale, semblent autrement plus puissants que « Viridiana. Toutefois, au crédit, un érotisme dont la censure en voulant sauver l’aspect moral de Viridiana, a interdit la fin voulue par Buñuel, où elle rejoignait son cousin dans la chambre à coucher. Le cinéaste en créa une autre, bien plus libertine, avec la bonne (Margarita Lozano) dont la sensualité, cachée comme l’eau qui dort, se révèle progressivement. Magnifiquement interprété et souvent brillant quant à la mise en scène, « Viridiana » fut récompensé par la palme d’or au Festival de Cannes en 1961.
GéDéon
GéDéon

136 abonnés 713 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2023
Palme d’or du festival de Cannes en 1961, il s’agit d’une fable totalement immorale de Luis Buñuel. Ce film, qui n’a pas échappé à la censure franquiste de l’époque, contient une vive critique de l’institution religieuse mais surtout de la laideur de l’âme humaine. Pour justifier son propos, le réalisateur espagnol montre le cheminement spirituel d’une jeune religieuse (Silvia Pinal) qui après avoir été abusée physiquement par son oncle (Fernando Rey) va se réfugier dans la charité pour les plus démunis. On retiendra tout particulièrement la séquence d’orgie avec les mendiants dans la maison du maître qui est à la fois abjecte et festive, véritable blasphème de la Cène. Bref, une œuvre transgressive.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 juin 2020
J'ai vraiment pas accroché à ce défilé de laideur qui trouve son paroxysme dans le repas final qui se rapproche des films de Fellini où les personnages tous horribles sont mis en avant par la grossièreté ou leur caractère si grotesque.
C'est affreux sale et méchant version espagnole
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 mars 2019
Un homme autour de la soixantaine plutôt fortuné demande en mariage sa nièce qui est sur le point de prononcer ses vœux. Pour lui enlever toute chance de se donner à Dieu, il lui fait ingérer un somnifère afin de pouvoir la violer dans son sommeil. Luis Buñuel est un activiste de la pellicule. Il s’attaque aux tabous et confronte le public, mais toujours avec doigté et intelligence. Il réussit ici à teinter d’un peu de beauté et d’humanité, le comportement amoral et révoltant de Dom Jaime, magnifiquement interprété par Fernando Rey. Plus tard, il évoque la révolution par une longue séquence durant laquelle des mendiants gentiment hébergés profitent de l’absence des maîtres pour prendre possession des lieux et s’improviser un souper qui vire à la débauche. Il touche le tragique par le destin de sa protagoniste. La jeune Viridiana qui avait décidé de s’inspirer de la souffrance et la résilience du Christ pour guider sa vie, baisse les bras une fois qu’elle réalise qu’elle a été trahie par ceux qu’elle a aimés. Point de happy end. L’animalité et ses démons l’emportent sur la bonne conscience. Buñuel sait donner de la proportion et du sens à ses œuvres par une symbolique omniprésente tant par l’objet que par la construction de ses plans. En général, les acteurs se prêtent au jeu avec humilité et justesse. Au final, ils réussissent à toucher le spectateur tout en le faisant réfléchir sur la condition humaine. C’est souvent par cette conjugaison que les réalisateurs(trices) réussissent à faire leur place dans la cinématographie.
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