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PhilippeToile
53 abonnés
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4,0
Publiée le 25 avril 2007
On dit souvent qu'un bon film est avant tout une bonne histoire. Francesca Comencini nous démontre ici le contraire, en refusant un scénario construit. A travers une galerie de personnages aussi divers qu'un mannequin, un maffieux, un russe nouveau riche, une femme flic et bien d'autres, elle laisse flaner sa caméra sur le "melting pot" milanais avec un pessimisme réaliste. C'est un film sur l'échec et la solitude, qui touchent toutes les catégories sociales. Au delà de ce regard désenchanté sur le Milan contemporain, perce une nostalgie et un amour profond de l'Italie. Interessant et très personnel.
Là j'ai juste envie de dire que ce film est magnifique. Allez y, courez le voir, aussi bien les points de vue des personnages que la mise en scène valent le déplacement !
Beaucoup de personnages dans ce film choral qui met fort longtemps à démarrer, et on se demande quel rapport tous ces personnages ont entre eux, ce que l'on n'apprendra qu'à la dernière minute. Procédé digne des meilleurs Lelouch des années 80, mais Francesca Comencini n'est pas Lelouch, et ce film n'évite pas l'ennui et la pesanteur, et ce trop-plein de personnages empêche en fait que l'on s'attache un tant soi peu à eux. Certains même disparaissent très longtemps, pour revenir de façon peu compréhensible, à la fin (la maîtresse du banquier). Tout cela manque de chaleur humaine, et de légèreté dans le traitement. Même Valeria Golino, qui sait souvent être si émouvante, sembler passer complètement à côté de son rôle...
Je pensais voir le "Collision" ou le "Amours chiennes" italien mais au final je suis déçu par la mise en scène et la tension dramatique de la scène finale. Les personnages sont émouvants, certes, mais en dehors de l'argent et de l'amour qui mène le monde milanais, le sentiment final est mitigé. Mais c'est un film à voir !
Je pensais voir un film sur la mafia, puis non plutôt un film policier, un peu d'action...et plouf, on s'oriente vers un film de société...Bref, la réalisatrice ne sait pas ce qu'elle veut. Dénoncer un système et avoir des convictions politiques ne suffit pas pour filmer, il faut aussi un scénario, inexistant en l'occurence. Mon tout est d'une langueur pleine d'ennui, on se lasse, ce film ne commence jamais et se termine sans n'avoir rien raconté. En option.
Un an après Romanzo criminale, voilà un autre film sur l'Italie, actuelle cette fois-ci. Le film-chorale, produit typiquement américain, fonctionne ici très bien autour de neuf personnages qui vont se croiser. Plusieurs petites histoires forment une même histoire et un constat froid et sans concession sur l'Italie d'aujourd'hui. Et chacune de ces petites histoires est pleine de désespoir, de mélancolie et d'émotion où chacun est en quête de quelque chose : l'argent, l'amour, l'enfant, le pouvoir, la justice. Si l'argent est bien le thème principal du film, ce n'est qu'un moyen pour chacun d'obtenir une vie meilleure, chacun à leur niveau et selon leur milieu. Milan, personnage à part entière est magnifiquement filmé par Francesca Comencini, l'image est très belle et met la ville et les personnages très en valeur. Cela contraste fortement avec le propos âpre et froid. La trajectoire de tous les personnages est très intéressante à suivre mais celles qui m'ont le plus touchées sont ceux de l'ex-taulard et de la prostituée ukrainienne et celui du capitaine de police de la brigade financière jouée par Valeria Golino. Comme d'habitude elle est magnifique. Très belle carrière internationale pour cette actrice italienne aussi à l'aise dans son propre pays (Respiro...) qu'en France (36 quai des orfèvres, Ma place au soleil...) ou aux USA (Hot shot, Ce que je sais d'elle d'un simple regard...). Bref un film brillant et intelligent, magnifiquement interprété, froid, cruel, mais aussi plein de tendresse et d'émotion et quelque part plein d'espoir. A quand un film de ce genre sur la société française actuelle ???
Assez rare un film où TOUS les protagonistes sont des des gens totalement odieux ! Mais bizarrement on aime regarder...du voyeurisme tout simplement...un peu comme les gens qui prennent un vilain plaisir à regarder des accidents de voitures....mais malheureusement le film n'a pas ce côté "grande saga à la sauce italienne". A l'arrivée un film très moyen....
Ce film raconte plusieurs histoire intelligente qui n'ont pas vraiment de rapport entre eux si ce n'est les personnages qui se retrouvent tous dans la scéne finale. Bourré de sous-entendus, ces histoires sont tous en rapport avec l'argent qui n'achéte pas tout. La réalisatrice aime l'Italy, tout en se rendant compte que la mafia fait partie de ce pays.
Un bon film mais en dessous de Romanzo Criminale par exemple. Ici on depeint les vices de la société italienne à travers 9 personnages trés interessants dont les destins s'entremelent.Mais ce n'est pas réelement un film sur la mafia comme on pourrait le penser en voyant l'affiche ou la bande-annonce.la réalisation est impeccable mais la fin est un peu facile.L'ensemble se tient mais il manque quelque chose en conclusion bien sans plus.
Ceux qui considèrent que le cinéma italien est mort se trompent lourdement. Idem pour ceux qui pensent que le film choral nest la spécialité que des États-Unis (Short Cuts, Magnolia, Babel ) ou dAlain Resnais (On connaît la chanson, Pas sur la bouche, ou le récent Curs). Car, avec A Casa Nostra, Francesca Comencini (fille du cinéaste Luigi Comencini, récemment décédé) tisse un drame choral brillant au cur de Milan. Devant sa caméra, ce ne sont pas moins de neuf personnages qui se rencontrent, saffrontent et entremêlent leur destin : un banquier vivant de trafics illicites ; le capitaine de police enquêtant sur lui ; une jeune top-modèle ; un employé de supermarché ; un couple de retraités ; un ex-détenu ; une infirmière ; et une prostituée. Des hommes et des femmes marginaux ou ordinaires, avec leurs qualités et leurs défauts, liés par largent qui circule dune histoire à lautre. Contrairement à la France, qui a pris des thèmes similaires comme points de départ de toute une série de comédies (dont Prête-moi ta main ou Le Prix à payer), Francesca Comencini opte pour la gravité (visible à travers la froideur de la photo des scènes dextérieur). Et, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou lexcès, elle ausculte les vices de la société italienne avec beaucoup de réalisme et une pertinence qui sest soldée par une montée au créneau du maire milanais, désireux de prouver que sa ville navait rien à voir avec celle montrée dans le film. Le genre de polémique qui, justement, ne fait quaccroître la valeur du long métrage manquant quelques fois de fluidité (certains hasards sont un peu gros) ou déquilibre entre les personnages (lhistoire de linfirmière est peut-être de trop), mais porté par des acteurs tous justes. Parmi eux, on retiendra surtout la révélation Laura Chiatti, dont la beauté illumine chacune de ses scènes, dans ce drame brillant, dur et nerveux, filmé au plus près de personnages. À découvrir.