Redacted
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224 critiques spectateurs

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 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2016
Raconter une histoire inspirée de faits réels par la fiction tout en adoptant un dispositif formel proche du documentaire, c'est le défi proposé par "Redacted", objet à part dans la filmographie de Brian de Palma. Malgré une première demi-heure inégale et une mise en scène parfois tape-à-l’œil cherchant le monumental de façon tout à fait déplacée (la musique classique sur la scène du barrage est très maladroite), le film s'envole dès le moment où il s'approche du viol et du meurtre d'une adolescente commis à Samarra. "Redacted" abandonne alors sa forme didactique pour concilier avec une force inouïe son atmosphère oppressante à un propos corrosif et engagé. Sa dénonciation de cet acte ignoble et de façon plus large de l'intervention américaine en Irak passe par un flux d'images qui contraste avec la manipulation médiatique qui cache sans cesse la vérité de l'horreur. De Palma se met dans la position du témoin objectif, en usant de caméras de surveillance, d'entretiens par Skype, de sites de propagandes terroristes ou encore de caméscopes, des moyens filmiques qui échappent à la censure et, de fait, proposent des images révoltantes, voire choquantes. Un film donc imparfait mais qui emporte le morceau par son originalité formelle, source principale de la puissance de dénonciation mise à l'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 février 2015
Je sais pas trop quoi dire. Le but de De Palma avec ce film est de nous montrer qu'il faut faire gaffe a ce que l'on voit et que chaque image ou vidéo nous manipule (même lui d’ailleurs). Du coup le film est fait de façon faux documentaire et on suit la vie d'une troupe de soldats jusqu'au moment ou 2 d'entre eux viole une jeune fille. Le film est très réaliste et veut nous montrer la réalité sur la guerre en Irak et nous le montre de façon frontale, sans détour. Je sais pas trop quoi dire d'autre, je pense que c'est un film important et qu'il faut le voir.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 septembre 2014
Un De Palma un peu à part vis-à-vis du reste de sa filmographie dans la mesure où il abandonne quelque peu sa mise en scène complexe, élaborée (à la fois outrancière et stylisée) pour nous offrir un film dans lequel l'intrigue est servie par une forme prenant l'aspect d'une série d'images qui se composent toutes à la fois de vidéos amateures, d'extraits d'informations, de documentaires ou même de caméras surveillance pour un résultat choc, brutal et peu flatteur dénué de la constante et complexe recherche visuelle et cinématographique depalmienne qui fait la richesse habituelle de son cinéma. L'idée était visiblement moins de dénoncer une guerre inutile (bien que cet aspect-là ne soit pas occulté - et d'une certaine manière, tant mieux!) que de mettre en avant le rôle de l'image à une époque où celle-ci devient facilement manipulable non seulement par les médias mais également par n'importe quelle autre personne lambda, susceptible de proposer une réalité altérée vis-à-vis des faits...et c'est un peu là que le film se loupe selon mon impression. A aucun moment je n'ai vraiment eu l'impression que cet aspect-là était réellement bien exploité dans la mesure où le récit est extraordinairement linéaire et n'offre que peu de remise en question sur les versions des différents protagonistes (aussi bien les principaux acteurs au centre de l'intrigue que les différents anonymes qui pullulent sur le Net), et cela malgré la variété des éléments médiatiques dont il se compose, ces éléments ne faisant que se compléter sans se contredire, se bousculer, sans offrir de version des faits qui leur est propre et qui vienne altérer la véracité des évènements ou des versions de chacun. C'est un peu dommage quand on sait que c'est censé être le thème principal du film (comme en témoigne le titre qui renvoie au côté manipulateur, parfois mensonger que l'on peut avoir vis-à-vis d'une information). Néanmoins, l'idée est bien présente et voir De Palma tenter une approche aussi singulière et radicalement différente de ce dont il a l'habitude de proposer est tout à son honneur.
pierrre s.

556 abonnés 3 428 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 juillet 2021
Apres Outrages sur le Vietnam, voici Redacted sur l'Irak. De Palma conserve sa volonté de dénoncer la guerre, en montrant son absurdité et son horreur. Seulement ici, l'aspect "docu" du film nous prive de la virtuosité de son réalisateur... A voir tout de même.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2014
Redacted, oeuvre rare, revisite avec un talent fou (une jeunesse, une fougue intactes) l'art consommé de manipuler les images qui nous parviennent d'un conflit depuis l'autre bout de la planète. Il en décortique divinement les secrets de fabrication, en dissèque les petits malentendus qui feront l'histoire. Bref, un must see. Period.
NomdeZeus
NomdeZeus

131 abonnés 1 044 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 novembre 2013
Merci Brian de nous faire découvrir une vérité qui jusque là nous échappait: la guerre c’est mal! Pour ne rien vous cacher j’éprouve quelques réserves envers cette œuvre complaisante et manichéenne où de gentils soldats très gentils ne peuvent empêcher de méchants soldats très méchants de violer et assassiner des civils sans défense. Redacted s’inscrit clairement dans la lignée d’Outrance du même réalisateur avec cependant une réalisation beaucoup moins conventionnelle et des acteurs moins talentueux.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 mai 2013
Ce film est une fenêtre avec vue sur la réalité dans une maison remplie de mensonges
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 mai 2013
A la lecture du pitch, on croirait que DePalma a été tenté de remaker un de ses meilleurs films, Outrages. En changeant le lieu de l'action et en adoptant le genre documenteur ( et exercice de style d'un côté ) en mélangeant médias et vie des soldats, finissant par un générique photos assez brutal. Il semble se moquer du documentaire ( français ? ) en lui donnant une mollesse ( la voix de la narratrice ) et une lourdeur complète ( la musique de Barry Lyndon passant en boucle ), et encore une fois secouer les limites entre fausse et vraie fiction. Mais ce mélange donne un résultat confus : on s'éloigne peu à peu des personnages dits principaux et de l'enjeu, qui est donné mais en retrait. Le début est accrocheur mais le film perd de l'intérêt, troublé par des passages longs ( l'épilogue est lourd ). DePalma a beau multiplier les points de vue pour rendre son histoire trépidante, il n'en perd pas une motivation et des idées, mais Redacted est un essai à la première personne qui marche mal et qui n'arrive pas à la cheville de Outrages.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 juillet 2013
Brian de Palma montre une nouvelle fois son indignation envers les écarts de conduite des soldats américains. On pense à son film "Outrages" sorti il y a vingt quatre ans où il dénonçait les horreurs faites au Vietnam lorsque des soldats américains avaient kidnappé, violé et tué une pauvre innocente. Dans ce film, il reprend le même topos mais cette fois-ci l'histoire a lieu à Samarra en Irak. Bien que le récit soit fictionnalisé, tout sort de faits réels.
Ce qui m'a particulièrement surpris dans ce film, c'est la multitude de sources utilisées. De Palma insère des vidéos provenant d'internet, des vidéos numériques, etc... C'est une des premières fois que je vois ça dans un film. C'est assez innovateur et ça donne énormément de crédibilité au propos. De fait, les images paraissent tellement vraies que ça met vraiment mal à l'aise!
NeoLain

5 889 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 février 2013
Planted... Une fiction de De Palma à oublier, suivre un groupe de soldats qui se film ou qui sont filmés et leur déboires, on à vraiment trop de mal à rentrer, oui bon Redacted contient quelques scénettes qui devrait à la base secouer un peu, mais ça reste au fond très monotone, je vais appuyer sur la gâchette pour en rajouter, c'est même au bout d'un moment neutre. Pourtant la guerre en Irak nous risquerons pas de l'oublier, le comble en somme.
Eldacar
Eldacar

64 abonnés 357 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2013
"Redacted" est un film d'une richesse inattendue qui prouve que, même après plusieurs films décevants, Brian De Palma a toujours des choses à nous dire. Mêlant plusieurs médias (film amateur, journal TV, documentaire, caméra de surveillance, vidéos postées sur le net) et multipliant par conséquent les points de vue, nous suivons un petit groupe de GI qui décident un beau jour d'aller violer une jeune irakienne.
Plusieurs niveaux de lectures sont possible, le plus facile consistant à interpréter le film de manière littérale. Bien sûr, "Redacted" est une critique virulente de la guerre en Irak et des dérives des militaires. Rien que le pré-générique en dit beaucoup. Le film s'ouvre sur court texte expliquant de manière classique que l'histoire est lointaine inspirée d'un fait divers s'étant déroulé en Irak mais qu'il s'agit tout-de-même d'une fiction et que toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite. Mais du feutre imitant ceux dont on recouvre parfois des noms sur des documents officiels pour les censurer avant de les rendre publique vient recouvrir certains mots et change par conséquent le sens du texte. Désormais, c'est l'inverse que nous avons sous les yeux, à savoir que le film n'est pas une fiction et que toute ressemblance avec des faits et personnes réelles serait voulue. Petit-à-petit, tout le texte fini recouvert de feutre, comme pour nous dire que la hiérarchie militaire a tout fait pour étouffer l'affaire. Le même procédé est de nouveau utilisé à la fin, lorsque de véritables photos de la guerre défilent à l'écran. Les visages des irakiens y sont recouverts de se même feutre, leur niant toute identité, voir même toute réalité.
"Redacted" est également une critique des médias. Quel voyeurisme, quelle indécence dans cette façon qu'on les reporters de filmer en gros plan et de suivre les traces de sang jusqu'à atteindre la mare rougeâtre indiquant l'endroit ou fut violée et tuée la jeune fille. De même pour le (faux) documentaire, "Barrage" réalisé par les frères Clément sur le quotidien des soldats américains au checkpoint de Samarra. Référence à peine voilée aux frères Naudet et à leur documentaire sur le 11 septembre. Nous approchons alors de la parodie pure, De Palma accentuant tous les travers du documentaire TV dans se qu'il a de pire : utilisation de la Sarabande de Haendel (célèbre pour être le thème de "Barry Lyndon") pour dramatiser les images, gros plan sur une goutte de sueur coulant sur la joue d'un soldat pour signifier la chaleur, accéléré pour accentuer le côté monotone de leurs journées, métaphore lourdingue d'un scorpion mis à bas par des fourmis, zooms lents reproduits jusqu'à l'overdose,... De Palma en profite pour brocarder la soi-disant objectivité journalistique dont Jean-Luc Godard disait que c'était être « 5 minutes pour les juifs, 5 minutes pour Hitler ». En nous présentant à la fois le point de vue irakien (beaucoup ne savent pas lire les panneaux disposés à l'entrée du point de contrôle et nombreux sont tués sans raison) et celui américain (les soldats sont soumis à une énorme pression), le documentaire se retrouve simplement le c.. entre 2 chaises.
Le troisième niveau de lecture est enfin résolument post-moderne. Tout n'est qu'image dans "Redacted", présentant une mise en abîme constante. A plusieurs reprises, un personnage film quelqu'un qui le film lui-même en train de filmer ou encore se film lui-même dans un miroir en train de se filmer. Dés lors, quand les images prennent autant d'importance, regarder c'est participer. Idée explicitée lorsque Salazar, GI tenant un journal de guerre vidéo et ayant muni sont casque d'une petite caméra embrassant son regard, tient le bras de la fille qu'on agresse. L'impression est alors que le spectateur est lui-même placé au centre de l'action et y participe. Salazar ne jure que par sa caméra. Pour lui, « la caméra ne ment jamais » et il prétend filmer la vérité. Pourtant, il pratique la direction d'acteur en demandant à un de ses camarade qui lui lit un passage d'un de ses livres de lire d'une façon plus vivante et multiplie les effets de montages amateurs comme transitions (spirale, iris...). Contradiction flagrante entre la parole et les actes. Les images ne sont pas la vérité, comme nous l'a prouvé par exemple l'affaire des charniers de Timisoara. "Redacted", c'est Brian De Palma qui, en cumulant les médias (fictifs puisque tout est mis en scène jusqu'aux images prétendument amateurs) et les images toutes plus factices les unes que les autres, fustige la trop grande place qu'ont prient les images dans la société actuelle et nous explique qu'il ne faut jamais se fier à elles.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 20 décembre 2012
C'est comme pour Woody Allen, quand on voit les premières oeuvres, on s'en prend plein la tête, après quelques décennies on aimerait que ça continue. C'est peut-être bête de dire que c'est moyen uniquement parce qu'on attend plus d'un réalisateur, c'est juste qu'on a été habitué à tellement mieux.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 17 octobre 2012
Cet avis sera violent, abrupt, sans nuance.
Brian de Palma présente un docu-fiction. Ce que je déteste dans ce genre, c'est de mettre en scène des acteurs dans un environnement "familié" et de filmer tout ça à la manière d'un documentaire. Je me disais que peut-être, De Palma allait enfin me convaincre qu'un docu-fiction, c'était pas mal. Mais non. J'admet qu'il y a de l'idée derrière ses partis pris artistique (comme le fait de rendre ce film non esthétique) mais j'estime que pour un film de ce genre, il faut un minimum de discours et pas de "La guerre, c'est mal". J'ai trouvé ce film extrêmement énervant avec pas mal de clichés. Bien que parfois, la caricature se rapproche de la réalité, j'estime que De Palma a le talent pour dépasser ça. Extrêmement déçu.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 octobre 2012
En 1989, Brian De Palma avait raconté dans "Outrages" le viol d'une jeune vietnamienne par des soldats américains, ainsi que l'antagonisme entre le sergent Meserve et le soldat Eriksson qui s'était opposé à cette exaction. 19 ans plus tard, la même histoire sert de base au scénario de son nouveau film, avec cette fois comme cadre l'Irak sous occupation américaine. Le recours à une trame identique, inspirée dans les deux cas par des faits réels, n'a rien d'anodin, bien au contraire, ainsi que le souligne Brian De Palma : "Les Français ont appris les leçons de leur guerre d'Indochine. Nous autres Américains n'en avons finalement pas été capables avec notre guerre du Viêtnam."

Mais au-delà des points communs, ce sont les dissemblances qu'il convient de souligner. "Outrages" présentait une facture hollywoodienne classique : recours à des acteurs connus, Michael J. Fox et Sean Penn, construction sur un flash-back, narration hitchcokienne du conflit entre les deux principaux protagonistes. "Outrages" était du un film premier siècle du cinéma, "Redacted" est un film (un objet audiovisuel ?) du siècle d'internet. Il prend la forme d'un patchwork des seuls images qui parviennent à s'exfiltrer de là-bas.

En effet, De Palma part du constat suivant : "L'une des raisons pour lesquelles on ne voit pas tant que ça de personnes dans les rues aux Etats-Unis pour protester contre cette guerre, c'est parce que l'on ne voit pas chez nous les images des pertes civiles et des soldats tués ou blessés, contrairement à ce que l'on voyait pendant la guerre du Viêtnam. Dans le conflit irakien, on ne voit malheureusement que des images que le Pentagone et George Bush veulent bien nous faire voir, destinées à plus ou moins nous rassurer en nous disant : "Ne vous inquiétez pas, tout va bien, nous sommes en train de progresser". Voilà qui explique le titre : redacted, cela signifie rendu propre à la rédaction, ou plus clairement, revu et corrigé.

Ce sont donc des images fractionnées, volées, cachées qui forment le fil de cette histoire. On voit le film tourné au camescope au sein même de l'unité par Angel Salazar, qui espère ainsi le présenter à l'entrée de l'école de cinéma qu'il compte payer avec sa solde, un documentaire (français, bien sûr) esthétisant et au commentaire prétentieux, la vidéo mise sur le blog de la femme du private Mc Coy, les images de propagande d'un site islamiste, la bande d'une caméra de surveillance et les minutes de l'interrogatoire des principaux suspects par la justice militaire.

Images reconstituées bien sûr, avec une évidente jubilation de De Palma pour cet exercice de style, lui qui depuis "Blow Out" décline toutes les façons d'incruster des images dans l'image : il suffit de se rappeler les multiples visions de la scène du combat de boxe de "Snake Eyes". Alors, tout n'est pas du même niveau, et le voyeurisme d'Angel Salazar qui sucite le cabotinage de ses compagnons provoque plusieurs fois le malaise devant le discours haineux et raciste de Rush et Reno, ou devant sa passivité lors du viol insupportable. Mais même ces scènes dérangeantes apportent leur part à la reconstitiution du récit, et à la peinture d'une armée en déroute morale.

Il est intéressant de voir la concomitance des sorties de "Redacted" et de "Battle for Haditha", qui là encore racontent à peu près la même histoire, en choisissant l'un et l'autre des formes renouvelées de narration : puzzle numérique pour le premier, forme documentaire pour le second. Film plus que jamais utile d'un point de vue politique, "Redacted"est aussi une oeuvre passionnante par l'inventivité de sa forme et le parti pris qu'un grand réalisateur peut tirer d'un budget ridicule et de de la contrainte numérique.

http://www.critiquesclunysiennes.com
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 juillet 2012
Film lent mais la fin est choc !
Ce qui m'amène à l'interrogation suivante :
Qui est responsable des abus et crimes militaires ? Les soldats livrées à eux même dans un territoire hostile ou les politiques ?
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