La scène d’intro nous met direct dans l’ambiance avec un Johnny Depp / Paul Kemp qui se réveille les yeux rouges et éclatés dans sa chambre hôtel, qu’il a ravagée en tentant vainement d’ouvrir le minibar. Ca commence bien, on s’attend à une sorte de Las Vegas Parano bis avec son lot de scènes déjantées à coups de Rhum et autres substances moins licites. Mais c’est finalement un divertissement un peu plus sage et classique qu’attendu que nous offre le réalisateur.
Malgré un Johnny Depp parfait, comme d’habitude (je manque peut-être un peu d’objectivité), très inspiré dans les scènes d’ivresse et de gueule de bois, le scénario manque un peu de rythme pour tenir la longueur sur deux heures de film. Dès son arrivée à Porto Rico, embauché par un journal local pourri en fin de vie, le journaliste interprété par Johnny découvre Porto Rico, son rhum, ses femmes, et sa bière nom de Dieu, ses combats de coqs, sa misère, et une très belle blonde qui porte l’étrange prénom de Chenault (sic). ça ne s’invente pas. Là-bas, il va vivre dans une piaule pourrie avec un coloc alcoolique, écrire quelques horoscopes et papiers débiles à base de championnat de bowling et concours de mangeage de hot dogs, et s’éprendre d’une très jolie blonde, fiancée au méchant promoteur véreux (Aaron Eckhart) avec lequel Kemp va devoir s’acoquiner… Une trame un peu classique et un scénario bien plus linéaire que ce à quoi on pouvait s’attendre.
Sans dévoiler la suite, c’est surtout les très drôles scènes de beuverie, les dialogues et l’interprétation de Depp et des seconds rôles (Giovanni Ribisi en tête, en sac à Rhum à la dégaine de clodo) qui font de Rhum Express une honnête comédie. Un film qui aurait pu être encore un peu plus barré à mon goût, pour l’adaptation d’une oeuvre de Hunter S. Thompson. Mais je n’ai pas lu le livre dont c’est tiré, je ne sais donc pas s’il s’agit d’une adaptation fidèle… On a quand même droit à une courte scène d’hallucination très sympa (il n’y en a qu’une), après l’absorption d’une substance étrange – en mode gouttes dans l’oeil pour voir d’autres réalités. Et rien que pour voir l’utilisation que l’on peut faire d’un bocal à poisson rouge et découvrir comment conduire à deux une petite caisse sans siège conducteur, je vous conseille d’aller voir le film. Et puis il y a Johnny, ah Johnny…