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Clint Eastwood dénonce admirablement malgré une approche un peu macabre et voyeuriste dans sa finalité un état policier aux composants austères, incompétents, paranos dont la seule solution devant l’échec de ses investigations est l’acharnement qu’il fait subir à ses propres concitoyens. « L’échange » fiasco complet d’une procédure d’enquête n’ayant plus d’autres solutions que de se terminer en abus de pouvoir avec tous ces ingrédients de destruction s’acharne sur une proie refusant de se soumettre aux résultats d’une procédure bâclée. Celle-ci devient escamotée, internée, médicalisée, torturée afin d’entretenir l’aura d’un système dominateur dont il faut accepter le mécanisme le tout à l’aide d’ecclésiastiques revanchards et d’une technologie des années vingt fade, triste, absente de sourires. L’inspecteur Harry termine curieusement sa carrière en tournant des opus obscurs et déprimants. Le petit Walter Collins évanoui dans la quête éternelle d’une mère ne perdant jamais espoir semble être le message d’adieu d’un grand bonhomme préférant disparaître de films en films. « Million dollar Baby » et « Grand Torino » offrait déjà un épilogue similaire, l’éloignement vers le néant d’un personnage usé par un kilométrage laborieux qu’un monde incompris pousse de plus en plus vers le départ.
Ajoutée le 06 févr. à 10h02 Signaler un abus
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