« Ce film est affreux ! » : c’est la conclusion qui m’ait venu à l’esprit dès la première seconde du générique de fin.
Cela part d’une bonne intention : retracer la vie de cette religieuse qui connut un succès phénoménal avec sa chanson « Dominique, nique, nique… », et cela semble être d’humeur joyeuse au vu de l’affiche. L’humeur joyeuse transparaît heureusement dans quelques scènes du film, grâce notamment à la merveilleuse Tsilla Chelton ( Tatie Danielle ) en doyenne des Dominicaines.
Je parlais dans la critique d’OSS 117 de l’habileté des accessoiristes à retranscrire une époque, je me dois ici de noter l’affreux travail de lumière : c’est terne, gris, marron ; triste ! Evidemment la vie de cette Sœur Sourire, inadéquamment surnommée ainsi, est loin d’être joyeuse : une vie de famille détestable, un manifeste problème avec la mère, une difficulté à trouver sa place ( à cause du problème avec sa mère ), une incapacité d’aimer ( sans doute en rapport avec son problème avec sa mère ), un refus de toute autorité alors même qu’elle choisit de s’y soumettre ( incontestablement dû à son problème avec sa mère).
Elle ne tient pas en place, suit son intuition, mais n’y réussit pas beaucoup, et certes, l’église et l’industrie du disque ne semblent pas l’avoir aider. On en vient à souhaiter d’être vite à la fin qui, il faut le souligner, est d’une poésie assez réussie, sans tomber dans le voyeurisme délectable de la mort. Rien à dire sur la prestation de Cécile de France, non pas qu’elle soit parfaite, juste qu’il n’y a rien à en dire.
Si l’on va voir ce film en pleine forme, on en sort déprimé ; si l’on y va déprimé, on en sort encore pire. Reste la facile consolation de se dire que notre vie est tout de même bien meilleure que la sienne, n’en reste pas moins que l’on a perdu deux heures.