Un western de Mankiewicz ne pouvait être qu’un beau film et c’est bien le cas mais dans la catégorie western il n’est pas conçu pour rivaliser avec les chefs d’œuvres. Trop intelligent, trop brillant, trop caustique, le réalisateur ne s'attarde que sur ce qui l’intéresse : surprendre en permanence le spectateur qui s’attend forcement à autre chose que ce qu'il voit, quitte à tomber dans l’anecdote visuelle alors que l'essentiel de l’action est ailleurs. Kirk Douglas nous fait un festival d’autant que c’est le seul personnage censé de cette histoire de fous. Il règne dans ce film un climat étrange accentué par une impression de crasse. Nous ne nous sentons bien ni parmi les prisonniers ni parmi les gardiens, c’est du dépaysement total. J'aurais aimé que Mankiewicz prenne le western au sérieux avec un ou deux beaux personnages féminins, pourquoi pas Ava Gardner et Gene Tierney ? Il avait déjà Douglas et Fonda, c’est dommage qu’il ait douté de son aptitude à le reussir, il a choisi le plus facile : la dérision. Il est vrai que l’échec de Cléopâtre était passé par là. ‘’Le reptile’’ est l'exemple parfait du film de grande qualité fait pour divertir, Mankiewicz se sert de ses personnages pour cela, il n’a pour eux aucune affection. Madame Muir est l'exemple parfait du chef d’œuvre cinématographique, le support est un roman de la britannique Josephine Leslie. Mankiewitz va l’adapter et se mettre complètement au service des personnages qu’il respecte au plus haut point: le résultat est un éblouissement.
En 26 ans de carrière en tant que réalisateur, Joseph L. Mankiewicz n'a tourné qu'une vingtaine de films dont la plupart furent des succès et le restent encore. Le reptile d'ailleurs est le seul western de sa filmographie et il se démarque du genre par sa singularité. A la fois comique et caustique, humaniste et violent, il se situe entre l'étude sociale du système carcéral et la satire comique du genre western. Le rôle d'Henry Fonda n'est pas à la mesure du talent de la star et Kirk Douglas lui vole la vedette en dominant, tout au long de l'histoire, de la tête et des épaules. Kirk Douglas incarne un voleur qui sacrifie tous ses congénères et canalise toute son énergie au seul but qu'il s'est fixé : sortir libre et récupérer son butin. Henry Fonda interprète un shérif puis un directeur de prison qui est l'exact opposé de Douglas, un homme d'une rectitude morale qui se veut exemplaire et sans faille. La fin justifiant les moyens, la conclusion du film peut surprendre mais reste dans le ton sardonique du scénario, humoristique et provocateur. Du bon cinéma mais pas le meilleur de Mankiewicz.
Le reptile à des accents de western spaghetti et réserve son lot de scènes réussit seulement il ne convainc pas pleinement. Joseph L. Mankiewicz ne va pas jusqu'au bout des capacités des ces personnages,il jongle entre un classicisme hollywoodien du western et son renouveau. Le résultat donne une œuvre qui recherche sa place entre ces deux styles de westerns inspirateurs.
Un chef d'œuvre de cynisme et de roublardise en même temps qu'une charge sans concession (mais sans illusions) contre certains donneurs de leçons coupables de n'afficher leurs vertus supposées que lorsqu'ils ont un public.
Un petit western, ni classique ni spaghetti, avec un Kirk Douglas dans un rôle étonnant, frôlant le burlesque. Le scénario est assez classique - un homme incarcéré qui détient un butin exceptionnel caché à l'extérieur, et qui veut s'évader -, donc le plus étonnant dans l'histoire est le ton humoristique de l'ensemble, et l'utilisation du duo Douglas-Fonda. Pas inoubliable, mais pas trop mal non plus.
Quel drôle de film! A prendre sans aucun doute au second degré, ce film cynique et corrosif signé Joseph L. Mankiewicz en déstabilisera plus d'un. Loin du western Spaghetti poussiéreux et du film d'aventure niais, "Le Reptile" est plutôt le caïd de la bande, la forte-tête irrévérencieuse et forcément un peu maladroite. Placé dans son contexte de production (1970!), ce film fait l'effet d'une petite bombe dans le monde trop carré et conventionnel du cinéma Hollywoodien. Le scénario à l'ambiance carcérale crasseuse n'est qu'un prétexte afin de servir au téléspectateur les portraits caricaturaux de personnages manipulateurs et socialement immoraux. Les misanthropes seront ravis, les charlatans crieront au chef d’œuvre ... mais l'individu lambda, humainement humble d'esprit, sincère et droit dans ses bottes, tiquera sans le moindre doute devant cette merveilleuse ordure qu'est Paris Pitman Jr (Kirg Douglas). L’œuvre est à la fois moralement atypique et techniquement très classique, voir même datée. Certaines farces sont rouillées et mal senties et, globalement, les ficelles sont si grosses qu'elles ne laisseront pas place à une intrigue des plus palpitantes. Pourtant impossible de résister devant l'escroquerie, l'esprit narcissique et cupide de Pitman Jr. Jeté en prison parmi une bande d'arnaqueurs peu doués, le diable va tout faire afin de s'évader de ces quatre blocs de bétons. Il va tisser des relations faussement amicales et acerbes avec ses co-détenus mais aussi avec Woodward Lopeman (Henry Fonda ), le nouveau gardien de cette prison de minables. Les deux hommes vont se livrer une confrontation épicée. Lopeman rêve de faire de sa prison un modèle d'harmonie et de modernisme tandis que Pitman Jr ne cesse de jouer avec les sentiments des autres, habillement et implacablement, afin d'arriver à ses fins et de retrouver son butin volé qui l'attend bien sagement, perdu dans un trou à serpents. La situation dégénéré rapidement, les tensions se vivifient. Le final est explosif et complétement loufoque, confirmant l'aspect comique du film. Les scènes ne manquent pas d'humour, même lorsque la situation s'envenime. La mise en scène accuse d'un certain âge et Mankiewicz n'a pas su surfer sur la vague du modernisme, conférant au film un aspect encore plus désuet. Heureusement que Kirg Douglas et Henry Fonda viennent étayer cette comédie nerveuse et burlesque parfois fastidieuse. Si Kirg Douglas ne m'a pas entièrement convaincu malgré sa prestation de parfait et malicieux salaud, Henry Fonda et sa belle barbe mettent la barre très haut en matière de crédibilité. 2H et quelques, c'est un peu long pour un film à la limite de la parodie, amusant mais jamais passionnant. 12/20
Le Reptile de Mankiewicz ?? Prenez deux pointures antinomiques ( Douglas et Fonda), mettez-les dans une foire sans nom, saupoudré le tout d'une délicieuse ironie et laissez le maître filmer tout ça... Une bombe qui dynamite tout !! 4,5/5
Mankiewicz, au creux de sa carrière, s’inspire du western spaghetti et du western démystificateur américain du tout début des années 70. Du premier il retient l’aspect parodique, crasseux et cynique. Sa vision misanthrope s’accorde parfaitement à l’absence de scrupule de ses personnages, mus par la cupidité ou la lubricité. Du second il retient surtout la satire des institutions héroïques américaines. Mankiewicz garde tout de même une forme de classicisme qui l’empêche d’aller aussi loin que les italiens dans les débordements spectaculaires sur la violence, ou dans le baroquisme des personnages ou de la mise en scène. Le réalisateur est un peu à la remorque de ses inspirateurs, il n’a pas le génie romanesque dominant le genre abordé, comme celui avec lequel il joue avec le genre espionnage dans « L’affaire Cicéron ». Malgré de belles idées de scénario (la valeur métaphorique de la cache du butin par exemple, l‘aspect manipulatoire de l‘intrigue), « Le reptile » reste un film mineur dans l’œuvre de son réalisateur, même si c’est tout de même un bon film.
Rare excursion de Mankiewicz dans le western.Une histoire d'évasion d'un bagne rempli d'un humour bien sarcastique et d'un rythme haletant.Tout les acteurs sont bons et on sent qu'ils s'amusent comme des petits fous dans cette farce inattendue.2 ans après Mankiewicz tournera son ultime film et dernier chef-d'oeuvre :"le limier".
Kirk Douglas qui cabotine comme jamais et joue au manipulateur... malin et sournois, il apporte toute sa saveur à ce western de Mankiewicz, réalisateur que je ne maitrise pas du tout (à part Cléopatre), donc je ne juge pas ce film par rapport à certaines attentes de ma part, mais en toute objectivité, cette dernière étant l'apanage des ignares...
Nous sommes face à un monument du film de western et de prison ! Une mise en scène absolument géniale, deux comédiens (Henri Fonda et Douglas père) aux sommets ! A voir et à revoir !
Un film comme on n'en fait plus aujourd'hui, qui représente toute une époque bénie d'un cinéma qui pouvait divertir juste avec un casting béton et une mise en scène irréprochable rattachée à une certaine époque. Le scénario est le point fort du film, trouvant un juste équilibre entre film d'évasion, western et comédie. Kirk Douglas incarne avec un plaisir évident ce personnage cynique et manipulateur face à un Henry Fonda toujours aussi impeccable.
Pas le meilleur film de Mankiewicz mais un western habillement ficelé qui trouve tout son sens dans la fin aussi malsaine que ses personnages! Un Kirk Douglas savoureux en manipulateur solitaire face à un grand henry Fonda vieillissant!
Quelque peu déçu de ce que j'attendais comme un classique incontournable. Le reptile est tout juste un divertissement amusant sans vraiment marquer le western de sa patte, bien servi par un très bon Kirk Douglas et un Henry Fonda plutôt discret. Le scénario part pourtant d'une idée intéressante mais semble patauger sans savoir quoi raconter se contentant d'amuser la galerie comme il se peut avec une palette de personnages pas toujours terribles. Beaucoup de scènes paraissent désuètes et rien de transcendant ne se dégage dans un film bon à regarder un soir à la télé.
Lorsqu’en 1970, un certain Joseph L.Mankiewicz décide de faire un western, on s’attend à quelque chose de grand, il ne nous décevra pas. Le reptile est un film très agréable à regardé, de grand acteurs parmi lesquels Kirk Douglas et Henri Fonda qui sont parfait, des touches d’humour très bien dosés. Des paysages grandioses, une musique parfaite et quelques morceaux de bravoures font de ce western un très bon film.