Une Femme est une femme
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anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 25 août 2010
Une comédie tout ce qu'il y a de plus banal. Des auteurs moyennement convaincants à l'instar d'un Anna Karina inaudible à cause de son accent à couper au couteau, un Jean-Paul Belmondo fanfaron à l'excès, un Jean-Claude Brialy empêtré dans un rôle destiné à faire crever l'écran sans jamais y parvenir... Mais si la catastrophe s'arrêtait là, on aurait été soulagé ! Ajoutez à cela une histoire à mi-chemin entre le mélodrame qui ne s'assume pas et une comédie musicale désuète, des séquences fantaisistes à satiété et des jeux de mots qui confine à la bêtise. Malgré tout, ça reste du Jean-Luc Godard alors admettons que le travail original sur le son, que ceraines répliques méritent qu'on s'y arrête. Mais comme cela est bien maigre pour sauver un film, par ailleurs ce ne sera même pas suffisant pour cet effet. Considérons ce film comme mineur dans la filmographie du réalisateur et passons à autre chose.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 juillet 2010
Prix Spécial du jury au Festival de Berlin pour la meilleure actrice Anna Karina ;
Avec Anna Karina, Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy.

Un film bien de son temps qu’Une femme est une femme. Nous sommes en 1961 et Jean-Luc Godard voit son film sélectionné par le Festival de Berlin qui lui voue un franc succès pour son audace d’une part en remportant un Prix spécial du juy mais surtout, et c’est encore plus important, en couronnant d’autre part Anna Karina pour son charme discret de persuasion ; égérie de toute une génération qui allait stigmatiser l’auréole féministe autour d’une libération qui la promettait à la ruine de son esclavagisme.
"Une femme est une femme" est aussi l’amusement que prend Godard à faire du cinéma tout en y glissant avec finesse des clins d’œil à ce militantisme existentiel qui débouchera sur mai 68. En partial admirateur de Lubitsch n’éprouve-t-il pas la nécessité d’y flasher son nom dans le générique ? Au cas où le spectateur ne voudrait pas se sentir concerné, il utilise ses personnages pour le solliciter franchement directement dans les yeux, dans un unique face à face, histoire d’insister plus lourdement sur quelque chose qui est de toute première importance pour l’avenir de la condition féminine. Dès la première scène, Angela jette un sourire au plein centre de la caméra lorsqu’elle sort du café et Alfred d’enchaîner avec un encore plus solennel «elle s’en va !» Tout cela bien entendu pour faire du spectateur une unité participative à part entière et également afin de briser ses modes d’appréhension de la condition féminine figée au commun des mortels jusque là autour des clichés de la mère au foyer. Il ne les renie pas ces clichés, Godard, au contraire il se base dessus pour montrer qu’il y a autre chose. Angela fait la cuisine mais est également stripteaseuse dans un boui-boui de nuit où les clients se comptent sur les doigts d’une main. Vous pouvez vous faire recruter pour Marseille mais certaines filles finissent à Buenos Aires alors qu’aujourd’hui ce serait plutôt l’inverse. Tout comme ses collègues de travail, ça ne les dérange pas de se déshabiller devant des gens puisqu’elles «méprisent le monde». Quant à l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme…qui a vu l’ours, je vous laisse imaginer la pagaille entre Émile (Jean-Claude Brialy) et Alfred (Jean-Paul Belmondo), deux personnages différents dans la tenue et l’approche de la femme Angela décidée à se jouer d’eux sans la moindre méchanceté juste dans la bonne humeur. Le premier aime à se faire servir le souper, aime que tout soit prêt pour lui et qu’il ait besoin de ne rien faire. Il ne bronche même pas lorsque ses œufs à la coque se retrouvent sur le carrelage de la cuisine puisqu’il venait d’ordonner de laisser tout tomber ! Le second regarde des films au restaurant chez Marcel, il y passe A bout de souffle et on comprend qu’il ne le raterait sous aucun prétexte si ce n’était qu’Émile l’appelle et le fait monter chez lui pour qu’il fasse un enfant à sa femme car il n’a pas réfléchi encore suffisamment à la question et prétexte qu’il doit être en forme pour le week-end. Godard renvoie l’indécis à une partie de cache-cache avec lui-même tandis qu’il donne à Belmondo l’opportunité de poursuivre cette image d’éternel amoureux au cœur tendre qui lui colle à la peau ; nous sommes un vendredi 10 novembre et ne sauront pas ce qu’il adviendra du lundi 13 mais Angela a décidé d’avoir un enfant et son copain du moment ne semble pas disposé à la suivre dans cette démarche et voilà Godard mettant en scène un micro trottoir où le malheureux Émile demande à un passant s’il ne pourrait pas coucher avec madame pour lui faire un enfant. Malheureusement ce n’est pas non plus le moment pour le passant qui d’ailleurs n’a pas le temps.
En écoutant Aznavour, les trois personnages cherchent à prouver leurs sentiments, semblent hésitant et quémandent à tour de rôles «maintenant la vérité» et voudraient être certains du qu’on s’aime. En tous cas nos deux gaillards ne sont pas du genre à regarder les filles qui sortent de la piscine et y prennent tous les deux un malin plaisir entre la lecture des pages de l’humanité, l’alcool qui s’écluse pas de la même façon selon la main de la personne qui en lève le verre et dépeignent finalement une femme en devenir à qui tout arrive, pas sans lendemains mais non plus pas enclavée dans la programmation domestique de son existence au bras d’un mari. Et puis ce n’est pas courant de voir un couple s’engueuler au cinéma à coup de titres de bouquins. De Monstre à Eva (te faire foutre, là il l’a rajouté au crayon), en passant par Bourreau et Momies péruviennes ou de Filou à toutes les femmes au poteau, on apprend que quand ils ne se parlent plus ils s’insultent encore tout en trouvant, chacun, la liberté à sa mesure et pour Alfred, particulièrement, pour qui Angela restera une de ces cigarettes Gitanes qu’on tire et qu’on jette, évanescente et mystérieuse mais propice aux meilleurs rêves.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 avril 2010
Devant «Une femme est une femme» (France, 1961) de Jean-Luc Godard, les féministes se sont, à bon droit, interrogées sur la misogynie de l’auteur. Angela, une strip-teaseuse (Anna Karina –n’est-ce pas la plus belle actrice du cinéma avec Liv Ullmann, Claudia Cardinale et Cyd Charisse ?-) demande à son compagnon, Emile (Brialy), de lui faire un enfant. Refusant catégoriquement, par peur de s’engager, elle se replie vers l’ami d’Emile, Alfred (Belmondo), et enfante avec lui, on le suppose. A priori, scénario pro-féministe dans sa façon de postuler sur la libération sexuelle des femmes, Godard décrit Angela comme un obscur objet du désir, femme changeante, têtue et désinvolte en même temps. Les féministes avaient criées au scandale. Pourtant le film brosse un des plus beaux tableaux de femme du cinéma. Aussi amoureux de son personnage féminin que Bergman l’était dans «Sommaren med Monika» ou que Mizoguchi dans «Yôkihi», Godard compose, dans l’entrain de l’amour, une comédie musicale singulière. Dévoilant le talent de Michel Legrand pour la comédie chantée, Godard révèle au cinéma français un goût, tout américain, pour le musical. Dédié à Lubitsch dans le générique d’une merveilleuse sobriété, «Une femme est une femme» cultive le même goût du paradoxe et de l’humour anecdotique que le cinéaste de «Ninotchka». En fin de compte, ce que le film imprime à l’esprit du spectateur, ce sont son rythme cadencé par une folle ingéniosité (qui n’omet pas les bravoures petit-malin) et les couleurs vives (très bleues, blanches, rouges) obtenues par Coutard à partir du Franscope. Le Prix du Jury au Festival de Berlin met en évidence le talent notable de Godard pour mettre en scène le monde comme il est au cinéma. Par ailleurs, «Une femme est une femme», dans sa modestie, amorce dans le cinéma de Godard, ce qu’il n’abandonnera jamais dans toute son œuvre, un goût pour la plasticité des mots en images («Le mot est une chose» ainsi que le défendent les artistes Fluxus contemporains).
NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 octobre 2009
Troisième film de Jean-Luc Godard, Une femme est une femme n’est pas un film noir (A bout de souffle) ni un film politique (Le petit soldat), mais une comédie sentimentale. La couleur, que Godard utilise pour la première fois, ajoute la bonne humeur. Seul point commun à ces trois films : une liberté de ton incroyable, une mine d’idées nouvelles.
Le spectateur habitué aux beautés esthétiques de Pierrot le fou et Le Mépris pourrait être néanmoins déçu par la mise en scène, moins faste, d’Une femme est une femme. Et bien que tous les autres éléments godardiens soient là (jeu avec le langage, symboles, usage unique de la musique et du montage), ils se font malheureusement trop rares pour faire du tout un chef d’œuvre. Il reste néanmoins un très bon film, un petit plaisir qui ne se refuse pas, surtout pour le trio Karina – Brialy – Belmondo.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2009
Superbe comédie signée Jean-Luc Godard, tel un bouleversement cosmique dans l'horizon cinématographique Français des années 60-70... Ici, tous les codes du cinéma sont magnifiquement transgressés pour notre plus grand plaisir cinéphilique... Drôle, envoûtant, étrange: Bienvenue dans l'univers initiatique et précurseur de Godard. A découvrir.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 27 janvier 2013
J'aime les choses audacieuses que Godard met dans ses films, surtout dans la mise en scène. Mais une fois de plus le scénario et l'histoire de base sont assez médiocres. La musique est énervante, Anna Karina est par contre craquante avec son accent bizarre.
gimliamideselfes

3 436 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juin 2009
Un grand film où Godard glisse de multiples références, une comédie très théâtrale, un exercice de style parfaitement réussit avec des acteurs vraiment très bon et un rôle principal génial.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mai 2009
Godard à ses débuts était clairement un visionnaire, tous ses films annonçaient quelques années à l'avance une époque à venir. Une femme est une femme parle du statut de la femme dans la société française, de son émancipation qui à l'époque n'était pas gagnée puisque les femmes n'avaient pas le droit d'avoir un chéquier ou de travailler sans l'accord de leur mari. Et ce sujet bien lourd est traité par le biais d'une comédie très drôle, légère et pétillante. Anna Karina est irrésistible, Belmondo et Brialy pas mal non plus.
Et, comme dans tous les premiers films de Godard, des merveilles de mise en scène.
BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 995 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2009
Avec un trio d'acteurs enthousiastes, Jean-Luc Godard renouvelle son art du dialogue et son sens de l'écriture cinématographique pour faire d'une situation banale l'un des films les plus rafraichissants du monde !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 juillet 2008
Insupportable. On ne se sent absolument pas concerné par ce que l'on voit. Un film prétentieux et pédant qui se veut précurseur, mais qui ne l'est d'aucune façon. Godard bouscule les codes de la comédie et de la tragédie, si on veut. Oui, il tente quelque chose, mais c'est raté. Dans un style totalement ostentatoire. Des passages de musiques interrompus, des paroles inaudibles, des personnages incongrus, tout comme leurs dialogues ( plus infantiles, tu meurs )... Cela contribue au fait que l'on passe un désagréable moment. En fait, il n'y a rien qui sauve le film. Mais oui, c'est Godard, alors... Non !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 avril 2008
Nul
stebbins

564 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2008
Un sacré talent de mise en scène de la part de Jean-Luc Godard qui n'a que 31 ans à l'époque. Une Femme est une Femme ( 1961 ) est une fable baroque et décalée, une bouffée de fraîcheur offerte au spectateur par un cinéaste qui sait ne pas se prendre au sérieux quand il le veut ( bien que le contraire ne soit pas toujours impertinent, loin de là...). A la fois comédie musicale et romance comique ( sans être une comédie romantique comme on l'entend aujourd'hui ), le troisième long métrage de Godard marque sa deuxième collaboration avec la talentueuse Anna Karina ( de même pour Belmondo ). C'est certainement l'un des films les plus légers et les plus divertissants du réalisateur qui, à partir d'une histoire très simple, apporte un souffle nouveau au cinéma français. D'une légèreté qui frise l'insolence, Une Femme est une Femme figure à mon sens parmi les films incontournables de la Nouvele Vague. Un petit chef d'oeuvre, à la mise en scène foisonnante et à l'interprétation remarquable. A ne pas manquer !
Yoloyouraz
Yoloyouraz

35 abonnés 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 novembre 2007
Godard très charmant. A.Karina superbe, des dialogues incisifs, la fraicheur et la vitesse habituelle... et un couple masculin très sympathique.
EricDebarnot
EricDebarnot

240 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2007
Pour Ana Karina qui irradie de la couleur et de la sensualité pendant 1 h 30. Pour revoir le Paris gai et gris des années 60, avant que Mai 68 ne le renvoie à l'histoire : la guerre d'Algérie, l'Huma, le téléphone qu'on partage sur le palier, les premiers gros mots qui scandalisent encore, le Dubonnet sur le zinc, tout est là. Godard rend avec "Une Femme est une Femme" un hommage joyeux à Lubitsch (femmes inconstantes - mais maitresses-femmes - et portes qui claquent), mais il capture surtout de manière sublime un air du temps, une légèreté divine... malgré la tristesse lucide de l'impossibilité amoureuse. Et, cerise sur le gâteau, il y a Belmondo, ange à la moue jaggerienne, encore le plus séduisant des hommes.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2007
Un Godard injustement méconnu et c'est bien dommage. En 1961 le cinéaste débordait d'idées toutes aussi abracadabrantes les unes que les autres et imposait petit à petit un art complètement nouveau et proprement incroyable. "Une femme est une femme" en est justement la parfaite illustration. En effet on peut se demander s'il s'agit d'une comédie (comme cela est indiqué au départ) ou d'une tragédie se déroulant devant nous ? Mais on n'en sait rien et on s'en fiche même car le tout n'est que pur bonheur pour les yeux et les oreilles. Il n'y a qu'un seul mot d'ordre qui définit le film : créer. C'est avec un sens du cadrage superbe que Godard va chercher les éléments les plus fous, les plus casse-gueules et arrive à les transposer à l'écran avec une justesse insensée tout en ne lachant jamais son spectateur. Belmondo et Brialy sont parfaits et Karina y est magnifique. Un régal...
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