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Battle for Haditha prend aux tripes. Bien plus qu'un simple film sur les horreurs de la guerre, il ne dénonce ni coupables ni victimes. Comme un spectateur omniscient, la caméra du réalisateur Nick Broomfield suit les trois camps, terroristes, soldats et civils, tous trois manipulés, ignorés, instrumentalisés. Au milieu des maisons couleur de craie et des vêtements kaki, l'on observe un monde à part où des pères de famille deviennent poseurs de bombes et des hommes à peine sortis de l'adolescence doivent devenir des robots programmés pour abattre. "Vous êtes des machines", répète le général à la patrouille de Marines ; "Tu poses cette bombe pour l'Irak. Les civils que les Américains tuent sont des martyrs", explique le Cheik au terroriste bouleversé : Battle for Haditha ne divise pas civils, insurgés, soldats. Il les rassemble autour des mêmes sentiments humains que sont la peur, la vengeance, la vulnérabilité et la colère. Tous sont embarqués dans une logique de destruction atroce à laquelle personne ne peut échapper. D'une atmosphère bon enfant qui règne dans la caserne, l'on croule sous le poids de la panique dans cette rue d'Haditha où tout à dérapé. La caméra s'affole, les balles fusent. L'on retiendra ce plan des chaussures des Marines qui s'agitent sur le sol d'une maison tout juste forcée: cachée sous un lit tel un enfant apeuré, la caméra capture les éclats de grenade qui colorent les semelles des Rangers et les cliquetis des cartouches vides qui tombent sur le sol souillé. La bande-originale n'est pas très fournie, et c'est tant mieux. Le rock lourd de Ministry ouvre le bal. Le morceau anti Georges Bush "LiesLiesLies" illustre le désert étouffant irakien, où la patrouille de Marines roule pédale au sol. Des soldats fraîchement engagés, insouciants, qui voient en l'armée un moyen de fuir leur vie, sans pour autant savoir dans quelle aventure ils s'embarquent. Ce sont ces mêmes Marines qui tueront 24 civils quelques jours plus tard, après la mort d'un
Ajoutée le 06 févr. 2008 à 17h48
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