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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juin 2012
Du grand Almodovar ! ‘Los abrazos rotos dans son titre original n’est pas au niveau de ‘Volver’ mais n’en est cependant pas loin : Pourquoi ? Tout simplement parce que le scénario est beaucoup plus traditionnel (ici, un adultère passionné) ce qui n’empêche pas d’avoir une mise en scène très léchée. Le pathos est très théâtral autour de cette relation à trois. Trois acteurs, trois destins liés qui s’entrechoquent : Magdalena dite Lena (Penélope Cruz, la victime déchirée et passionnée), Mateo Blanco alias Harry Caine (Lluis Homar, personnage troublant de sincérité et de sensibilité) ainsi que José Luis Gomez (Ernesto Martel, grand ponte de la finance légèrement caricaturé tyran jaloux). Aussi, des habitués comme Blanca Portillo, Lola Duenas, Rossy de Palma sont présents. La construction de l’œuvre est tout à fait classique en trois actes et joue temporellement sur les 14 années séparant le début de la relation entre Mateo et Lena de la période actuelle où Lena n’est plus et où Martel vient tout juste de décéder. Sans en dévoiler trop, le premier acte parle surtout de la rancœur d’Ernesto Junior qui essaie de contacter le réalisateur espagnol pour se venger de son père à travers une œuvre personnelle et de la vie quotidienne d’Harry Caine car Mateo (le réal) a décidé de s’infliger une amnésie pour éviter de faire son deuil après la mort de Lena, pour cela il change d’identité en devenant Harry Caine, romancier émérite. Le deuxième acte laisse place à la passion et ses conséquences tragiques, L’acte de violence qui devait arriver arrive et on comprend alors que toute la jalousie de Martel se déploie subitement dans cette animosité si cruelle, ce qui révèle au passage sa vraie nature. Malheureusement, le troisième souffre d’une baisse de rythme due à la mélancolie ambiante jusqu’aux révélations finales très surprenantes. Bref, un film aux setiments variables qui passe des couleurs chatoyantes (le rouge de la passion domine) à la noirceur froide de la nuit (pendant l’accident, la révélation sur le film). En revanche, la bande son n’a rien d’extraordinaire à part une chanson de cat Power durant l’escapade des deux amoureux. En réalité, tout tourne autour du film dans le film, celui de Mateo Blanco nommé ‘Femmes et Valises’ qui ressemble étrangement à ‘Femmes au bord de la crise de nerfs’ alors référence à son œuvre ou hommage présomptueux ? A définir… Pour conclure, il s’agit donc d’un film assurément intense, où la passion consume les êtres et mène à une violence tant physique que morale aux résultats irrémédiables.
Un bon Almodovar qui sait toujours créer des histoires sur plusieurs niveaux qui sollicitent notre appétit à en connaître leur conclusion. Le scénario de celle-ci fonctionne parfaitement mais bien que l'interprétation de ses acteurs ne soit pas mauvaise, on décèle quelques erreurs de mise en scène notamment la chute dans l'escalier de Penelope Cruz qui ne fonctionne pas et franchement cet extrait de ce film "Les filles et les valises", pas drôle pour un sou, cassent l'effet grandissant qu'on a connu dans d'autres de ses oeuvres...
Une magnifique histoire d'amour mis en scene par la brillant Almodovar qui est aussi un brillant hommage au cinema.Dommage que la derniére partie soit trop molle.
'Etreintes brisées' de Pedro Almodóvar est un bon film d'auteur, avec un bon scénario, et un bon casting ! Penélope Cruz est vraiment superbe dans ce rôle, j'ai été conquis par son interprétation (comme souvent d'ailleurs). Cependant, le film manque d'intensité, et de rythme. Là pour le coup, c'est pas vraiment une œuvre marquante, dans quelques années je pense que je l'aurais oublié.
Cette fois je n’ai pas adhéré au cinéma d’Almodovar. Cette soi-disant histoire d’amour entre Mateo et Lena n’arrive pas à décoller. En tout cas ce couple ne m’inspire aucune émotion aucun enthousiasme aucune empathie. Beaucoup d’histoires s’imbriquent autour telle celle du père mourant d’un cancer et à la limite je préfère ces dernières.
Sans doute moins esthétique que d'autres films d'Almodovar, "Etreintes brisées" tient grâce à un scénario béton. Les dialogues sont très bien écrits, loin des guimauves romantiques. Et l'histoire, passionnante, se suit avec grand intérêt, jusqu'au dénouement final. Penelope Cruz et Lluis Homar sont incroyables de sincérité, renforçant le réalisme du récit. Mise en scène et d'une manière plus générale réalisation viennent compléter un tableau frisant la perfection.
Un film d'une grande beauté, autant du point de vue esthétique que moral. Le scénario est sublimement construit et trace des chemins que l'on emprunte avec délice. Mais cette pureté et cette virtuosité, si belles soient-elles peinent bizarrement à émouvoir. On ne reste que spectateur et l'émotion ne m'a ainsi gagné qu'au générique de fin en prenant un peu de recul sur l'œuvre. Pénélope Cruz est parfaite.
Pendant le 1er quart d'heure, je ne voyais pas trop où Almodovar voulait m'emmener. Et puis, je me suis laissé emporter malgré moi dans l'histoire. Il faut dire que le scénario est quand même sacrément bien foutu. Si on ajoute à ça les jolies idées de mise en scène, les très jolis plans qui sillonnent le film, les acteurs au top (Penelope Cruz en tête), la musique impeccable... Ben ça nous fait vraiment un très beau film!
L'histoire d'une femme généreuse et blessée qui va chercher refuge dans l'amour et la vie, mais les hommes assoiffés de pouvoir ne sont pas si facile à duper. Disons le tout net, ce n'est pas un film divertissant qui se livre à la première lecture. On peut même parler d'une légère déception si on le visionne comme un Almodóvar léger et démonstratif. Et pourtant, si l'on accepte le rythme lent, les non-dits et la complexité des destins qui ne se dénoueront qu'à la fin du film, on a l'une des plus belles paraboles sur le fascisme du pouvoir comme celui de l'argent. Dans ce film, Penelope Cruz n'est qu'une victime, de la générosité de son amour familial, puis de son amour passionnel, elle n'a rien à se reprocher à part un peu de naïveté sur la nature profonde des puissants de ce monde immonde. Quand le film est bien digéré, on y voit un message sur le fascisme à la Franco et sur la fragilité du statut de l'artiste face au pouvoir, qu'il soit celui des armes ou celui de l'argent. C'est caché, presque littéraire, c'est frustrant quand on vient voir un Almodóvar habituellement plus amusant au moins dans la forme, mais c'est d'autant plus fort quand la vérité se fait jour dans nos cerveaux, que ce soit pendant le film ou une semaine après. Un must du film d'auteur finalement, sous un habillage de soap brésilien. Il est vraiment fort, ce réalisateur, comme tous les vieux briscards ces dernières années. Et c'est bien agréable, quand tout n'est pas donné à la première vision. Par contre, le succès public ne sera sans doute pas au rendez-vous, il n'y a qu'a voir l'absence de palme d'or sur un jury pourtant évolué, mais qui avait manifestement soif de spectaculaire.
Almodovar filme, avec ses ingrédients habituels, une histoire superbe, avec une Pénélope Cruz au moins aussi bonne que dans Volver. Sont donc au rendez-vous : du mystère, de l'amour, du sexe, et aussi beaucoup de rouge. Tout cela dans un esthétisme toujours parfait. Comme dans d'autres Almodovar, l'intrigue est de celle dont on attend chaque prochaine seconde avec impatience, afin d'éclaircir toutes les zones d'ombres qui sont imposées par le réalisateur, et qui fait cette touche reconnaissable entre mille de l'excellent réalisateur espagnol.
D'où vient ce mystère d'un film dont chaque ingrédient est sublime mais dont la somme ne parvient pas à prendre complètement? Malgré ce bémol, un spectacle de cinéma d'une richesse, d'une densité et d'une élégance peu courantes. Avec Pénélope Cruz dirigée par Almodovar ça ne pouvait que aller dans ce sens !
Mais que vient faire la belle Pénélope Cruz dans cette galère. Avec "Etreintes brisées", Pedro Almodóvar marque définitivement son déclin. Outre qu'il devient répétitif et ennuyeux, son cinéma, autrefois marqué par le sceau de l'inventivité et de la fulgurance, devient prévisible, parfois à la limite du cliché. Très décevant.
Ni drôle, ni triste, ni captivant, ni divertissant. Mi-figue mi-raisin quoi. Pour un Almodovar, d'habitude plutôt haut en couleurs et décoiffant, je dois dire que ce film m'a fait l'effet d'un pétard mouillé.