Très bonne surprise, un excellent huis-clos psychologique, une jeu du chat et de la souris dans les massifs pyrénéens (l'introduction offre un audacieux et réussi parrallèle avec Shining) ou les situations dérapent, ou personne ne joue avec un bon jeu. La mise en scène est précise comme une horloge, s'attardant sur les visages, traduisant leurs sentiments et pas un dialogue qui ne sonne pas juste. Vincent Rottiers incarne une jeune employé si proche de ceux que l'on peut croiser dans la rue, Bacri en patron plein de sang-froid est étonnant, en filigrane se dégage des thèmes comme les liens familiaux, le rapport père-fils, le poids social. Les seconds rôles sont au diapason. Seul (petit) bémol, l'ambiance tendue du départ ne parvient pas à monter en crescendo lors d'une demi-heure final qu'on aurait souhaité plus forte encore mais ce film sous influence chabrolienne (et qui m'a aussi rappelé 'Boy A') reste remarquable.
Un excellent thriller psychologique qui s'attache à décrire la complexité des liens père-fils. Le récit est construit comme un puzzle et la complexité des enjeux ne cesse de grandir : quelle est la part de manipulation, d'inconscient et de véritable affection dans le comportement des deux personnages ? On touche finalement là à l'essence même des rapports humains. En utilisant les ingrédients d'un polar, Jacoulot met en place un récit ample, proche de la tragédie grecque, et plonge subtilement dans la pénombre des âmes. La tension est permanente, renforcée par le huis-clos alpin (les personnages se construisent leurs propres prisons) et une mise en scène précise qui scrute les frémissements intimes comme un bistouri. A cela s'ajoute un casting magnifique (Bacri et Rottiers au top, mais aussi tous les seconds rôles). Seul bémol : la fin du film n'est pas à la hauteur de cette habile montée en puissance. L'affrontement père-fils est évacuée (finir sur un échec est très juste, mais il manque vraiment un cran d'intensité dans le trajectoire des personnages) et Jacoulot, ainsi privé d'un climax indispensable, se rabat sur une scène de traque molle et sur un meurtre qui condamne le personnage à un déterminisme très artificiel. Dommage car jusque-là, c'était un sans faute ! Mais ne boudons pas notre plaisir : "Avant l'aube" est le meilleur film français vu depuis le début d'année et donne très envie de suivre la carrière de son réalisateur.
La complexité de la relation père-fils, les non-dits, une situation qu'un accident dramatique rend insupportable...du grand thriller psychologique. A ne pas rater, surtout quand on est un inconditionnel de Bacri...
Une bonne surprise que ce film porté par un Bacri-bougon en pleine forme. On suit un jeune stagiaire, Frédéric (Vincent Rottiers, décidément très intéressant) dans un grand hotel de luxe tenu par Bacri donc. Ce jeune bénéficie du programme de réinsertion pour jeune délinquant et se prend d'amitié pour son patron qui l'a toujours bien traité. Un soir, Frédéric voit quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir et va tout faire pour aider son patron qui commence à avoir quelques ennuis suite à la disparition d'un client de l'hotel.
Plusieurs lectures sont alors ouvertes dans le scénario : la relation-père-fils qui s'installe entre les deux personnages, en lieu et place du vrai fils et de la vrai famille du patron. Cette nouvelle relation change Frédéric et ses habitudes, mais aussi le patron et son comportement. Leurs entourages respectifs se rendront compte trop tard de la cause de cette relation forcée.
On se laisse porter par le scénario assez habile, mais cela dure qu'1H30 malheureusement.
Notre attente est devenue trop importante pour la fin en queue de boudin qu'on nous offre, ou plutot pour la non-fin, ce qui est très frustrant pour le spectateur. c'est dommage mais Raphael Jacoulot est un nom de réal qu'il faut suivre prochainement.
L'empathie est-elle une fulgurance, une intervention quasiment divine ou un jeu hypocrite dans lequel un des deux acteurs est forcément lésé ? Si l'on côtoie une personne sans lui accorder d'importance s'en sépare t-on avec cette même indifférence ? .. Un bon thriller français, comme quoi, il est encore possible d'en réaliser, sans fatras, sans fioritures, sans explosion et sans méchants qui évitent les balles .. De bons acteurs qui donnent à ce film une intensité froide et pesante !
Dommage qu'on ait pas tenu le secret et le suspense plus longtemps! Parce que l'ambiance y est, les acteurs sont biens mais l'histoire n'est pas assez bien ficelée!
bacri joue très très bien. il y a une mode du film en fin en queue de poisson ces dernières années, ce film en fait partie, dommage, le choix d'avoir arrêté la narration avant le dénouement final n'est pas justifié. y avait plus d'argent pour continuer à filmer ?
Une voiture qui roule sur une route de montagne jusqu'à un hôtel perdu dans les neiges... Quelques minutes plus tard, un personnage principal en train de siroter un whisky au bar de l'hôtel. Au-delà des clins d'yeux quasiment obligatoires à Shining, il faut dire que, décidément, tous les films que j'ai pu voir récemment en salles commencent tous très bien... avant de s'affaiblir au bout d'un heure. La première heure de cet "Avant l'aube" est franchement bien foutue : on sait qu'il s'est passé quelque chose, mais on ne sait pas vraiment quoi... Les relations entre les personnages sont décrites avec subtilité, les premiers doutes et soupçons aussi. Mais une fois que le spectateur est mis dans la confidence, la tension s'effondre comme un gros soufflé. Et elle ne reviendra que dans les dernières minutes du film, très inspirées. Entre ces deux parties réussies, il y a une demi-heure un peu longuette qui n'apporte pas grand chose. Bacri fait du Bacri mais il le fait tellement bien que c'est un plaisir de le revoir sur nos écrans. En revanche, Sylvie Testud semble jouer un rôle alimentaire avec un personnage caricatural et un peu inutile... Pas parfait, donc, mais ça vaut le coup d'y jeter un oeil curieux...
très bon film au suspense et côté dramatique bien mené.des acteurs bien dirigés jean-pierre Bacri égal à lui-même vincent Rottier genial dans le rôle du jeune toumenté et cherchant sa voie, sylvie Testud parfaite dans l'inspectrice décalée et non conformiste. Ne pas rater!
Bizarre ce film où les acteurs semble survoler leur rôle sans vraiment y croire. Des interprétations tout juste passable (à part pour sylvie Testud impécable) et un ennuie profond pendant 1h40 que dure le film. On comprend la volonté du réalisateur de joué la carte du réalisme mais parfois la réalité est beaucoup plus intéressante que la fiction. Ici il n'y a pas photo, seul les Pyrénées apporte un petit plus (une étoile) au film!
Second long-métrage pour Raphaël Jacoulot qui s'est attelé à un thriller montagnard sur fond de manipulations et de faux-semblants. Une petite frappe qui devient du jour au lendemain le protégé de son patron, ce dernier cachant un lourd secret entretenu avec son fils. Pourquoi un tel rapprochement entre le patron et son employé (au passé trouble), cherche t-il à cacher quelque chose ? Trouve t-il auprès de lui le fils qu'il n'a jamais eu ? Ces deux raisons se valent et c'est justement ce qui maintient un semblant de suspens. On connait les suspects dès le début du film, on a hâte d'en connaître le dénouement. A signaler aussi, une belle collaboration entre Jean-Pierre Bacri & Vincent Rottiers, entre manipulations (affectives ?) et polar à demi teinte où le film aurait gagné a être moins "sage".