elodouwen
0 abonné |
Lire ses 12 critiques
|
2 - Pas terrible
ce film est très factuel, il met en scène des événements, en suggérant du bout des doigts quelques pistes, mais:
- pourquoi ne montre t il pas deux événements tout de même importants: le 11 septembre et la réélection de W ? Le 11 septembre est sans cesse évoqué, mais pas montré.
- décrit il vraiment la réalité ? Une anecdote avait fréquemment circulé à l’époque, il s’agissait d’un dialogue entre le père et le fils Bush:
le père: « fils, j’ai trouvé un nouveau job pour toi !
le fils: « de quoi s’agit il ? »
le père: « président des États-Unis d’Amérique »
cette anecdote laissait penser que W était un peu piloté par son père. Est-elle vraie ou pas ?
Moi j’ai toujours eu l’impression que W n’était qu’un pion placé là par son père pour poursuivre à travers lui sa politique. Au contraire, le film montre un W désireux de rivaliser avec son père, de lui prouver ce dont il est capable, et un père qui ne l’appuie pas, ou alors silencieusement et sans le dire, en tous cas pas un père qui se sert de son fils.
- le père et le fils sont un peu angélisés. Le film montre certes comment ils ont manipulé les foules. Le père en parlant de guerre propre alors qu’on voit quelques instants avant des images de sang. Le fils, avec les nombreuses scènes où il réfléchit à la manière de faire avaler le morceau à son peuple. Mais leur côté machavélique ne va pas plus loin dans le film. Le père semble en proie à des problèmes de conscience lorsqu’il décide de s’attaquer à l’Irak en 90-91. Puis il apparaît comme un individu sage lorsqu’il décide de ne pas aller jusqu’à Bagdad: « les peuples arables nous détesteraient ». De même le fils paraît enfantin, n’ayant pas conscience des papiers qu’il signe (autorisation de la « torture »), conscient qu’il manipule et qu’il sait le faire (nous, nous donnons les idées, mais c’est vous qui savez parler au peuple), mais aussi convaincu que c’est pour le bien de tous.
- cette façon naïve qu’a W d’être imprégné de l’idée du bien paraît cohérente avec ce qu’on a toujours entendu, exemple, cette citation bien réelle « pourquoi nous détestent ils tant nous qui sommes si bons ».
- la théorie du complot dénoncée, par exemple, par Michael Moore dans Farenheit 9/11, n’est que très peu évoquée dans le film. Certes on voit bien que W lui même est manipulé par des rapports faux de la Cia et par ses conseillers, mais le but final de la manipulation n’est pas avoué. Il s’agirait de mettre la main sur le pétrole pour ne pas que l’Amérique perde son rang, c’est cynique, mais c’est une pensée machavélique de quelqu’un qui pense a priori au bien de son pays, en termes étroits et égoïstes certes, mais pour le bien de son pays. On peut avoir l’impression au vu du film que les conseillers de W ont manœuvré certains services la Cia pour convaincre W de faire la guerre, dans l’intérêt du pays. Michael Moore donne une toute autre interprétation: les lobbys financiers, qui ont tiré proft de la guerre, ne l’ont pas fait « dans l’intérêt de leur pays », mais dans le leur propre.
Ajoutée le 15 sept. à 15h36
Signaler un abus