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    John McCabe
    note moyenne
    3,7
    169 notes dont 36 critiques
    14% (5 critiques)
    31% (11 critiques)
    33% (12 critiques)
    19% (7 critiques)
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    3% (1 critique)
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    36 critiques spectateurs

    Estonius
    Estonius

    Suivre son activité 229 abonnés Lire ses 1 053 critiques

    5,0
    Publiée le 27 janvier 2014
    Un western crépusculaire avec des images d'une beauté époustouflante. Ce film porté par deux acteurs extraordinaires est encore aujourd'hui mal compris. Non Warren Beatty n'est pas un lâche (d'abord c'est quoi la lâcheté ?), il va ainsi à la rencontre d'un type qu'il prend pour un tueur, il s'en va ensuite tenter de négocier avec le vrai tueur. Le film se veut simplement réaliste (et oui, on peut mourir d'un simple coup de poing dans la tronche) Non le film ne se livre pas à une condamnation "morale" de la prostitution, d'ailleurs le rôle de Julie Christie est très explicite à ce sujet, le modèle de bordel qu'elle propose, c'est avec "des filles classes et du linge propre". Et effectivement ce que l'on voit se passe dans une ambiance bon enfant, quasi familiale. Il y a à ce sujet une réplique surprenante où Julie Christie explique à une jeune veuve qu'elle vient d'engager que la prostitution a plus d'avantages que le mariage. En fait les seuls méchants sont les trusts qui commencent à se former, avec la description des conditions de travail inhumaines et leurs tueurs patentés, pour qui la vie humaine (entendez celles des autres) n'a aucune valeur. A côté d'eux le couple de maquereaux parait tout à fait sympathique. Mention spéciale pour la dernière scène filmée en pleine tempête de neige, l'un des plus belles scènes du cinéma ! Chef d'œuvre ... à tout point de vue... malgré son pessimisme.
    Plume231
    Plume231

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    2,0
    Publiée le 30 avril 2012
    Je dois dire que ce western m'a parfois un peu ennuyé à cause de rythme languissant et par le fait surtout que le scénario est un peu répétitif. Maintenant, je suis aussi obligé de reconnaître le travail incroyable de la restitution du far west du début du 20ème siècle notamment par les efforts au niveau de l'image en y instaurant une magnifique photographie au ton sépia que l'on doit à l'immense talent de Vilmos Zsigmond et une musique de Leonard Cohen qui correspond très bien à la morosité ambiante du film. Warren Beatty en bouffon rustique et Julie Christie en maquerelle opiomane sont excellents. Un western crepusculaire de Robert Altman qui détruit le mythe du far west qui souffre hélàs d'être trop lent.
    Akamaru
    Akamaru

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    3,0
    Publiée le 22 mai 2013
    Dans les années 70,le potentiel créatif de Robert Altman était tel qu'il agissait en électron libre au sein de studios qui lui passaient tous ses caprices. Personne ne songea à remettre en cause sa démystification de l'Ouest Américain,où il montrait sans détour le commerçe de la prostitution des femmes,la crasse et la saleté,la neige omniprésente,les duels déloyaux ou encore l'annihilation des petits entrepreneurs par les grosses compagnies et leurs hommes de main. "John McCabe"(1971) se présente donc comme un western iconoclaste,à la morosité accentuée par la musique folk dépressive de Leonard Cohen. Altman choisit de tourner en Panavision,avec une lumière très vive et garda en l'état le son pris sur le vif. John McCabe est une sorte de bouffon barbu,moins malin qu'il ne se croit et dont les valeurs dépassées vont se heurter à la modernisation ambiante. Warren Beatty accentue son côté benêt et romantique. Quant à Mrs Miller,la subtile Julie Christie lui donne des traits de caractère très singuliers,en maquerelle opiomane qui ne veut aimer pour pouvoir survivre dans l'ère nouvelle qui s'annonçe. Le film est un peu dépassé,notamment dans sa volonté absolue de ne pas se rendre aimable ou ludique.
    cylon86
    cylon86

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    2,5
    Publiée le 23 janvier 2010
    Le style est froid, quasi-naturaliste avec beaucoup de zooms qui sont affreux. Le ton sépia de la photographie, par contre, est très joli. Mais sur ce sujet, on se sent frustré et on se demande ce qu'on a vu pendant deux heures à part une ville dans la neige et des filles dans un bordel. Warren Beatty est excellent et a la classe derrière sa barbe et quelques dialogues sont réussis. Mais c'est une déception pour moi...
    selenie
    selenie

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    4,0
    Publiée le 3 janvier 2016
    Au début le réalisateur et Warren Beatty s'entendent à merveille et "John McCabe" ne sera pas un western épique et conquérant mais plutôt un western réaliste et crépusculaire comme on pu l'être avant des films comme "Un nommé Cable Hogue" (1970) de Sam Peckinpah. Le Far West c'est aussi et surtout la lâcheté des uns, la médiocrité des autres comme les difficultés des intempéries comme des rencontres. En cela le duo Altman/Beatty a réussi son coup. "John McCabe" est un western atypique où le héros est un looser caché derrière une façade de respectabilité, et derrière lui la discrète matronne mène le jeu.
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    4,5
    Publiée le 22 juillet 2016
    Il y a des jours où tu te demandes pour quelles raisons tu ne vois pas plus de films d’un cinéaste alors que les différents aperçus que tu as eus de sa filmographie t’ont marqué par leur intelligence. C’est mon cas avec Robert Altman dont sa vision acérée d’un Hollywood gangrené m’avait remué dans The Player. Mais c’est surtout la finesse de sa représentation de la société américaine qui m’avait bouleversé dans son chef d’œuvre Short Cuts. Et John McCabe ne déroge pas à la règle tant le film m’a mis une petite baffe à tous les niveaux. La première qualité marquante qui saute véritablement aux yeux pour le coup est cette photographie incroyable, véritable peinture orchestrée par le regretté Vilmos Zsigmond qui dégage une atmosphère particulière selon les lieux où l’action se situe. Les scènes d’intérieur dégagent notamment quelque chose de très envoûtant, comme si une sensation de chaleur envahissait toute la pièce qui est filmée. Les extérieurs sont au contraire froids, bruns et sales, conférant à la scène un aspect hostile dans lesquels l’humain médiocre patauge, s’enlise. Formellement parlant ce film est un véritable bijou mais il n’y a vraiment pas que ça. La mise en scène notamment n’est vraiment pas en reste, l’ensemble étant filmé tout en maîtrise et surtout tout en finesse. Je veux dire par là que Robert Altman ne va jamais surligner sa scène de manière lourdingue, beaucoup d’idées et d’enjeux passent par l’implicite, par les non-dits. Et c’est ce qui rend cette relation entre McCabe et Mrs Miller aussi belle car elle respire l’authenticité, le vrai, rien que par l’écriture des personnages et par la façon de mettre en scène leurs interactions. La déception qui se lit dans le regard de McCabe quand il apprend que Mrs Miller est avec un client peut servir d’exemple pour illustrer ce propos. Il n’y avait pas besoin de rajouter un dialogue explicatif, tout passe par l’image, la direction d’acteurs et c’est tout simplement brillant. Et quelles prestations pour incarner ces personnages, le tandem Beatty-Christie est tout simplement excellent. C’est d’ailleurs dingue de voir à quel point le jeu de l’actrice a évolué depuis Dr Jivago où je trouvais que son interprétation mécanique était le point faible du film. Ici c’est tout l’inverse, elle sait rendre son personnage indépendant et fort. Une femme entreprenante, courageuse, avec du caractère et un charme dingue. Une vraie femme quoi ! Et cette relation entre les deux personnages principaux est passionnante à voir évoluer avec cette rivalité aussi intense que leur attirance mutuelle. Mais elle est aussi dramatique de par son aspect irrémédiablement superficiel, monnayé et finalement sans véritable avenir. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le titre du film est ainsi puisque les enjeux reliés aux deux protagonistes principaux sont très passionnants et illustrent à merveille la complexité des interactions humaines. Mais le film ne s’arrête toutefois pas là en arborant aussi une toile de fond sur la fin d’une époque ainsi que sur la fin annoncée d’un genre cinématographique : le western. L’industrialisation est galopante, la voiture fait son apparition et la figure de l’homme de l’ouest devient obsolète, comme broyée par l’arrivée fracassante de cette nouvelle ère. Idée véhiculée aussi à travers le personnage de McCabe qui est précédé d’une réputation de fin tireur alors qu’il n’est qu’un sombre couard qui se retrouvera pourtant confronté à son destin absurde. C’est bien là le grand drame en sous-texte de ce film, le progrès avance et les hommes sont condamnés à disparaître gratuitement, subitement et sans que l’Histoire ne les retiennent. A ce titre le final est aussi amer que superbe. Robert Altman aura frappé fort avec ce film qui brille sur tous les aspects et propose une relecture intelligente du genre. Sans oublier ces magnifiques compositions de Leonard Cohen, d’une grande beauté apaisante mais surtout d’une profonde tristesse. McCabe and Mrs Miller est une œuvre brillante et à (re)découvrir absolument.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    3,5
    Publiée le 15 mars 2014
    Avec "John McCabe", Robert Altman casse une partie du mythe de l'ouest Américain et nous offre une représentation authentique de la vie dans l'Ouest sauvage à travers cette histoire où l'on suit un homme qui arrive dans une petite ville avec comme ambition d'y ouvrir un bordel. C'est un western assez lent qu'il nous offre mais qui n'ennuie pas, il montre la vie dans cette petite ville, les personnages sont intéréssant et réaliste, notamment les deux principaux, John McCabe, opportuniste, charismatique et parfois trop sûr de lui et Constance Miller, la prostitué d'expérience, d'apparente froide et distante vis à vis de McCabe. Les deux sont bien écrit et campé avec brio par un Warren Beatty barbu et assez classe ainsi que la belle Julie Christie. La reconstitution est réussi et nous permet de mieux nous immerger dans ce bordel, les images sont belles, Altman semble vouloir faire passer beaucoup de messages à travers son récit, autour du capitalisme, de l’évolution, du progrès, la société ou encore de la prospérité, traité avec plus ou moins d'importance. Un bon western, pas exempt de tout défauts à commencer par un scénario qui parfois peine à convaincre mais plutôt bien fait, porté au son de Léonard Cohen, humain, réaliste, parfois touchant et captivant.
    landofshit0
    landofshit0

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    2,5
    Publiée le 30 mai 2013
    Les personnages désincarnés évoluent dans un rythme effroyablement lent. Dont quelques scènes viennent sporadiquement tirer de l'ennui le spectateur,mais l’ensemble du film reste fort ennuyeux. C'est certainement un choix de Altman de prendre à contre pied le tempo et les attitudes du western,mais sa façon de faire est loin d'arriver à convaincre est encore moins de captiver.
    Alain D.
    Alain D.

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    3,5
    Publiée le 8 septembre 2016
    Un Western hors normes réalisé par Robert Altman. Avec une mise en scène de haute précision et un éclairage très chaleureux, il nous conte une histoire émouvante dans laquelle les personnages ne sont pas des héros, mais des gens simples et attachants. L'image et la direction d'acteurs sont d'une très belle facture. Le casting est aussi de qualité, avec les belles présences de Shelley Duvall et de Julie Christie, que l'on voit trop peu ; elle réalise une superbe prestation dans le rôle de la troublante Constance Miller, l'associée de John. Quant à Warren Beatty, il est tout simplement exceptionnel dans le rôle principal de John Mc Cabe. Pour ne pas contraster cette ambiance douce-amère, la bande musicale, signée Leonard Cohen fait merveille.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,0
    Publiée le 3 décembre 2017
    A l'instar de ses collègues réalisateurs de la même génération (Blake Edwards, Monte Hellman, Sydney Pollack, George Roy Hill, Arthur Penn, Sam Peckinpah), Robert Altman signe avec "John McCabe" un western hors norme comme pour participer à la courte résurrection d'un genre tombé en désuétude au cours des années cinquante à force de ne pas savoir se renouveler. Comme eux, Altman nimbe son film de la nostalgie du temps où l'initiative individuelle n'avait pas encore été entravée par la main mise du progrès et des trusts qui l'ont accompagné. Mc Cabe (Warren Beatty) est un petit entrepreneur qui a compris le parti qu'il pouvait tirer de la colonisation avec quelques prostituées, des cités minières reculées où les ouvriers isolés se font un plaisir de dépenser leur argent à peine gagné dans les saloons et les bordels. Humaniste à sa manière, tâtant allègrement de la bouteille, McCabe n'a pas une vision très productiviste de son business et l'arrivée dans la bourgade de Constance Miller (Julie Christie), prostituée expérimentée, reconvertie en maquerelle avisée va lui permettre de développer rapidement son affaire. Mais le capitalisme déjà triomphant qui va mener en quelques décennies les Etats-Unis à la tête de l'économie mondiale, n'entend renoncer à rien et les riches trusts de l'industrie minière sont prêts à se diversifier dans le commerce des corps pour renforcer le contrôle de leur main d'œuvre. Retoucher une partie des salaires versés n'est après tout pas si négligeable. McCabe prié de revendre son affaire, endosse désormais le rôle de la chèvre de M Seguin. C'est une société en mutation et son basculement dans l'asservissement matériel qu'Altman décrit . Il n'en n'ira pas autrement pour sa deuxième et dernière incursion dans le genre ("Buffalo Bill et les indiens", 1976) où il s'attaquera plus précisément à la commercialisation du mythe de la conquête de l'Ouest par Buffalo Bill, son plus célèbre éclaireur, phénomène précurseur de la société du spectacle si chère à Altman. C'est dans la région de Vancouver que le réalisateur reconstitue la cité minière de Presbytan Church et peut conduire un tournage comme il les aime, c'est-à-dire dans l'esprit de troupe si propice à nourrir sa féconde créativité. McCabe., on le comprend très vite n'est pas un héros mais un quidam ordinaire qui comme tout un chacun essaie de survivre dans un environnement difficile. Le parti pris du réalisateur est donc ouvertement naturaliste, demandant à son chef opérateur Vilmos Zisgmond une photographie n'utilisant presque pas la lumière artificielle destinée à magnifier les paysages et les acteurs principaux. Idem pour le son qui doit ressembler le plus possible à celui de la vie réelle. Même démarche au point de vue narratif où hormis lors de la scène finale, aucun coup de feu ne sera échangé. Une démarche que lui reprochera Warren Beatty qui au cours de la première à San Francisco trouvera le son inaudible, ne permettant pas à son goût au spectateur de suivre correctement l'histoire. Il est en effet classique de mettre en avant le dialogue des personnages principaux dans un souci de clarté narrative. Les deux hommes ne tourneront plus jamais ensemble. Au final, Altman avait sans aucun doute raison, les enjeux du film étant assez évidents et l'intérêt de celui-ci reposant davantage sur la description des mœurs d'une communauté que sur les ressorts dramatiques. Même froissé par les méthodes d'Altman et sans doute aussi un peu jaloux de la performance de Julie Christie sa compagne (nommée à l'Oscar) qu'il avait imposée, Beatty se montre très convaincant dans les fripes de McCabe, sorte d'idéaliste qui s'ignore, refusant de se soumettre à plus puissant que lui. Les rapports entre McCabe et Miller sont aussi finement ciselés par Altman qui montre l'amour naissant insensiblement par-delà la relation d'affaire. De manière très poétique, il referme son film sur l'image de la très belle Julie Christie alanguie par les vapeurs d'opium et toute à la joie d'avoir enfin retrouvé l'amour non tarifé. Un très beau film qui reste une des étapes importantes de la carrière de celui qui fut l'un des piliers de la Mecque du cinéma dans le dernier quart du XXème siècle.
    TTNOUGAT
    TTNOUGAT

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    4,0
    Publiée le 4 juillet 2017
    Comme toujours avec Altman l’originalité est au rendez vous et forcement ses films ne peuvent pas plaire à tous. Ici, la dérision est absente ce qui permet de parler de classicisme. En effet ‘’John McCabe ‘’ est cohérent de bout en bout et bien que lente et contemplative la mise en scène est agréable par tous les détails qu’elle révèle. C’est donc indiscutablement un beau western, rare par son ambiance sombre bien qu’ enneigée et malgré le pessimisme profond qu’il dégage. De tous les personnages, c’est McCabe le plus attachant, Constance remplie sa vie avec de l’opium et bien qu’elle soit assez liée à McCabe elle n’aura jamais la générosité de lui montrer. D’un certain coté, on peut comparer cette œuvre personnelle au fatalisme des films ‘’noirs’’ américains. Altman a mis tous les clichés classiques du genre mais il en a subit le charme au point de s’y intégrer et d’y intégrer les spectateurs par voix de conséquence. Le talent du couple vedette à fait le reste. Résultat : un western tardif (1902) que l’on n’oublie pas.
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

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    3,0
    Publiée le 23 octobre 2013
    Le réalisateur s'applique à démythifier le western, prenant le contre-pied des codes du genre. Ici, pas d'esprit de conquête, de chevauchée fantastique, d'héroïsme, de manichéisme ni de morale. On n'explore pas les grands espaces : l'action est circonscrite au périmètre du village. On voit simplement des hommes jouer aux cartes, boire de l'alcool, aller aux putes et parler d'argent. Le personnage central, pas très malin, n'est qu'un opportuniste voulant se faire du fric, l'exploitation de la prostitution étant un moyen comme un autre. Il n'y a donc rien de glorieux dans cette histoire tirée d'un livre d'Edmund Naughton. Même le règlement de comptes final est assez pathétique. Et surtout, la destinée de McCabe, petit "entrepreneur" vaincu par une grosse compagnie, contredit le mythe fondateur américain de la réussite individuelle. Ce parti pris de subversion du genre et de réalisme social, pour montrer le commun des mortels, médiocre, fait tout l'intérêt du film sur le fond. Il se traduit formellement par une image assez sombre, des intérieurs traités en clair-obscur rouge ou jaune, opposés à des extérieurs bruns et sales ou blancs et froids. La limite du parti pris d'Altman, c'est un rythme languissant, appuyé par les ballades de Leonard Cohen, et un minimalisme dans la narration qui génère quelques petits trous d'ennui...
    MaxLaMenace89
    MaxLaMenace89

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    4,0
    Publiée le 21 novembre 2016
    Western tant crépusculaire que mélancolique, McCabe & Mrs. Miller perpétue le rite du Nouvel Hollywood en prenant à contre-pied le western classique et ses conventions, s'attachant à des figures médiocres qui piétinent la saleté de l'époque. La forme même du film embrasse cette crasse, avec son image vieillie aux lumières jaunies, sa texture sonore volontairement gardée abîmée. Mais le tout est poli par l'ambiance musicale de Leonard Cohen, douces complaintes qui bercent ces protagonistes qui ruminent leurs vieux rêves de l'Ouest. Comme incomplet, le film offre quelques intrigues éphémères, dommages collatéraux d'un western désenchanté où Robert Altman embrasse à cœur perdu la mélancolie. L'ultime acte cède finalement aux codes, chasse à l'homme toutefois filmée avec une crudité folle, sans musique, bercée par le souffle du vent, un climax sur le qui-vive révélant le vrai propos du film : la démystification du "self made man", la dénonciation du capitalisme, le portrait boueux d'un pays où les plus petits sont dévorés par les plus grands. Spleen atypique qui livre de vraies images de cinéma, McCabe & Mrs. Miller fascine autant par son authenticité que son cynisme.
    ronny1
    ronny1

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    2,5
    Publiée le 8 janvier 2017
    Si RIO CONCHOS est le western le plus sous estimé du cinéma, JOHN MACCABE est le plus surestimé. Soyons clair, la grande force du film tient à la sublime musique de Leonard Cohen qu’Altman à découvert au cours d’une soirée alors que le film était en post production et au couple Warren Beaty - Julie Christie (parfaite de bout en bout) imposé par la production, le choix d’Altman étant George C. Scott et Patricia Quinn (pourquoi pas Laurel et Hardy avec doublage dans la scène d’amour). Au crédit également un duel final dans la neige (réelle, donc une vraie prouesse cinématographique), mais le fait que le tueur ne s’en sorte pas atténue le propos du film contrairement au GRAND SILENCE de Sergio Corbucci qui me semble avoir une autre force (mais aux yeux des critiques le petit italien ne peut rivaliser avec le grand maître américain). Egalement l’assassinat de Carradine et la fumerie d’opium sont des grands moments. Et pour finir l’ensemble est baigné dans une ironie parfois amusante. Au débit une bande son qui par moment est inaudible (pour une fois la VF marque des points), qu’Altman voulu en état malgré l’avis du monteur Lou Lombardo (pour le lui reprocher dans des interviews ultérieurs !!!). Egalement une mise en place laborieuse (pour pas dire pire) qui montre la difficulté à clarifier le script, c’est à dire à faire des choix. Enfin la pellicule, voulue ainsi par Altman, qui blesse les yeux des spectateurs en passant du trop sombre au trop lumineux (ciels insupportables). Le talent et le travail difficile de Vilmos Zsigmond ne sont pas en cause, il n’a fait que retranscrire les désirs du réalisateur. Ce film, aux qualités contrastées, est un mélange d’infantilisme qui consiste à tout casser et d’un certain intellectualisme qui désire montrer la réalité (la négation de la création artistique) et que la critique new yorkaise considère comme le sommet de l’art. Même à Los Angeles, l’American film Institute classe JOHN MacCABE, sans peur du ridicule, comme le 8e meilleur western de tous les temps. Rien que chez Ford, Hawks, Walsh plus du double qui le surpasse de cent coudées. Quant à la dénonciation du capital, Altman devrait laisser ça à des gens qui savent le faire comme Francesco Rossi ou Pietro Germi, voir au DETECTIVE de Gordon Douglas. Enfin, pour la destruction du mythe, RIO CONCHOS, THE MAN WHO SHOT LIBERTY VALANCE ou le GRAND SILENCE me paraissent autrement plus percutant que ce boueux pensum.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    3,0
    Publiée le 28 février 2012
    C'est un western qui s'inscrit directement dans cette dènonciation propre au mouvement Women's Liberation en èvoquant la naissance du commerce de la prostitution dans les territoires en voie de colonisation! Ce thème a ètè pudiquement passè sous silence jusqu'à ce film de Robert Altman, à l'exception cependant de l'inoubliable crèation de Claire Trevor, dans le personnage d'une fille de joie qui apparaissait dans le mythique "Stagecoach" de John Ford! Mais revenons à ce "John McCabe", adaptè d'un roman de Edmund Naughton, avec dans les rôles principaux le joueur barbu et sans panache Warren Beatty et la belle tenancière Julie Christie, actrice aux cheveux frisès et au visage un peu froid, dans cette vision de l'Ouest altmanienne très misèrabiliste avec beaucoup de boue, mais aussi de la neige! La dècision d'un tournage en extèrieur au Canada, la belle photographie Panavision (y compris dans les basses lumières), les jolies chansons (dans sa version originale) de Leonard Cohen ("The Stranger Song", "Sisters of Mercy", "Winter Lady") et du casting même secondaire (on peut y apercevoir Shelley Duvall et Keith Carradine), tout ça contribue à ce classique du genre, un western dècalè et un peu iconoclaste! Mais c'est surtout la le talent d'Altman, avec son ironie permanente, qui rend le mètrage agrèable puisque le metteur en scène joue sans cesse avec la gamme des couleurs notamment dans une dominante de gris et de brun où les couleurs vives ne sont vraiment pas à la fête! Et comme le dit si bien Warren Beatty: "Si les grenouilles avaient des ailes, elles ne bondiraient pas sur leurs culs"...
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