2012, réalisé par Roland Emmerich, s'affiche comme une fresque apocalyptique destinée à écraser le spectateur sous une avalanche de destruction spectaculaire. Si les effets visuels impressionnent par leur ampleur, le film échoue à construire un récit cohérent et laisse derrière lui une sensation de vacuité frustrante.
Sur le plan visuel, 2012 brille. Chaque scène de destruction, qu’il s’agisse de Los Angeles qui s’effondre dans un gouffre béant ou d’un mégatsunami engloutissant les montagnes de l’Himalaya, est réalisée avec une précision stupéfiante. Mais ce spectacle incessant finit par devenir monotone. Emmerich mise tout sur la grandeur des catastrophes sans jamais les ancrer dans une réalité émotionnelle, rendant ces moments impressionnants, mais dépourvus de sens.
Le film s’appuie sur des bases pseudo-scientifiques pour justifier ses événements cataclysmiques, mais les explications avancées sont si farfelues qu’elles frisent le ridicule. Le scénario, écrit par Emmerich et Harald Kloser, est saturé de clichés et d’incohérences qui mettent à mal toute suspension d’incrédulité. Le rythme frénétique ne laisse aucune place au développement des idées ou des personnages, qui passent de situation en situation comme des pions dans un jeu sans logique.
Le casting talentueux est tristement gaspillé. John Cusack incarne Jackson Curtis, un héros générique dont l’histoire personnelle est aussi peu engageante que prévisible. Amanda Peet joue son ex-femme dans un rôle si sous-écrit qu’il en devient transparent. Woody Harrelson, quant à lui, cabotine dans la peau d’un théoricien du complot excentrique, mais sa performance finit par agacer plus qu’elle ne divertit. Même Chiwetel Ejiofor, pourtant excellent acteur, peine à donner de la profondeur à Adrian Helmsley, un scientifique en charge d’expliquer l’inexplicable.
Les scènes d’action, bien que techniquement impeccables, souffrent d’un manque cruel de variété et d’impact. Une fois la première vague de destruction passée, le spectacle devient répétitif. Les séquences s’enchaînent sans relâche, mais elles ne suscitent aucune réelle tension ou attachement aux enjeux, car tout semble prévisible et artificiel.
Emmerich tente de greffer un message sur la résilience humaine et la nécessité de se rassembler face à l’adversité, mais ces thèmes sont traités de manière si grossière qu’ils manquent totalement leur cible. L’histoire des arches, censées symboliser la survie de l’humanité, est rendue risible par un traitement scénaristique maladroit et une absence de nuances.
La musique, signée Harald Kloser et Thomas Wander, accompagne les images sans jamais vraiment s’élever au-dessus du bruit de fond. Les compositions orchestrales sont efficaces, mais génériques, et ne parviennent pas à donner du relief à l’action ou à créer une véritable identité sonore pour le film.
2012 est une démonstration spectaculaire de ce que les technologies modernes peuvent accomplir, mais il manque cruellement de substance. Son intrigue bancale, ses personnages sous-développés et son manque total de subtilité laissent un goût amer. Bien qu’il puisse captiver les amateurs de chaos numérique, ce film ne parvient pas à offrir une expérience mémorable ou satisfaisante. Un feu d’artifice visuel qui, une fois retombé, ne laisse derrière lui qu’un vide profond.