Ce film aborde pour la première fois le sujet du chomage au Japon. Certes le phénomène n'est pas nouveau mais reste tabou au Japon.A travers cet famille dire "ordinaire", on voit la violence des rapports humains qui sont toujours adoucis par les femmes(la mère, la prof de piano)lesquelles fournissent aux hommes la capacité de rester honnêtes et de rebondir.Leurs rêves sont remarquablement filmés.A voir absolument si l'on s'intéresse à ce pays qui se bat pour survivre magré la crise(comme il l'a toujours fait).
Tragi-comédie constellée de petits moments jubilatoires, « Tokyo sonata » est la démonstration évidente que Kiyoshi Kurosawa, cinéaste réputé en France pour ses films d’horreur très noirs, a plus d’une corde à son arc. Certes, le film aurait gagné à être plus resserré, à l’image du magnifique plan large, trop appuyé, de la dernière scène. Conséquence : celle-ci est certes émouvante mais aussi un peu complaisante. Mais ne faisons pas la fine bouche. Le film invite à plusieurs relectures. Il porte, à notre avis, le potentiel d’une œuvre magistrale.
Film très ennuyeux. Il est composé de deux parties: si la première est à peu près crédible, la seconde ne rime absolument à rien, tout dérape d'un seul coup. Sans intêret.
Un film passionnant de bout en bout. Centré au début sur la mise à pied brutale d'un cadre supérieur, chassé d'une grande entreprise de Tokyo, qui choisit de n'en rien dire à sa famille et va connaître désarroi et humiliation en cherchant un nouvel emploi au sein d'une société Japonaise en pleine crise économique et sociale, le film s'attache en fait à analyser sa cellule familiale, décrivant chacun de ses membres comme autant de personnages complexes et attachants, tiraillés entre leurs aspirations profondes et le poids du quotidien et des carcans imposés par la société. Filmé avec une sobriété exemplaire et un tempo assez lent, le film évite les effets de style pour mieux s'attacher à faire éclater la violence des sentiments et des situations vécues par ses personnages au travers du jeu intériorisé et excellemment dirigé de ses acteurs, dans la justesse des dialogues et des ambiances familiales, dans la description d'un Tokyo contemporain bien loin de l'image de modernité triomphante que l'on peut en connaître a priori. Par son rythme et sa construction en trois vrais mouvements successifs, ce film est véritablement une sonate hypnotique et bouleversante, où chaque personnage nous parle et nous touche en profondeur, laissant en nous une trace durable.
Avant de voir Tokyo Sonata, je ne connaissais absolument pas l'univers de Kiyoshi Kurosawa ( apparemment réputé pour ses films fantastiques ). Avec un peu de recul, je dois dire que le résultat tient de la réussite. Le réalisateur nippon signe là un grand film politique. En partant de la sphère familiale de ses quatre protagonistes, Kiyoshi décrit la misère sociale de son pays. Chacun des personnages semble fléchir sous le poids de la responsabilité : le père - devenu chômeur suite à un licenciement - est un personnage d'une telle lâcheté qu'il préfère s'enfermer dans le mensonge et la brutalité pour conserver son rôle de maître de maison ; l'aîné, de son côté, décide de s'engager dans l'armée américaine pour des raisons que le spectateur ignore ( on peut supposer qu'il le fait pour des questions d'autonomie, mais surtout de responsabilité ); le petit dernier, quant à lui, cherche à s'évader de l'espace familial en jouant du piano chez son professeur ( malgré le fait qu'il n'en parle pas à ses parents, il apparaît comme le personnage le plus sage du film ); enfin, la mère s'avère être le témoin impuissant de la dislocation de sa famille. Kiyoshi Kurosawa dépeint donc la société japonaise en la mettant face à ses fragilités. Un film brillant, peut-être un peu lisse par moments, mais toujours passionnant. A voir absolument...
Bon film, qui met en scène une famille tout ce qu'il y a de plus ordinaire et pourtant tellement fascinante ! Les personnages sont vraiment touchants... toutefois, pour moi, le film perd une étoile à cause de la longueur ... On s'ennuie un peu par moments. C'est dommage.
Kiyoshi Kurosawa fait bien d'arrêter ses films fantastiques pour nous prouver qu'il est le digne héritier d'Ozu en matière de vision intelligente de notre société et de mise en scène émouvante. Cette image d'une famille en pleine dérive est tout autant une peinture pleine d’émotions de la misère sociale japonaise qu’une métaphore du système politique en place. Car contrairement à se que laissent présager le titre et l’affiche, la musique ne joue qu’un rôle mineur dans ce film. Ici, autour d’une mère dépassée, le père et ses deux fils vont chacun s’enfermer dans leurs mensonges respectifs au risque de détruire littéralement le cocon familial.
sans doute le meilleur film de Kiyoshi Kurosawa, qui abandonne le registre fantastique qui a fait sa renommée pour aborder ici un sujet social: le chomage d'un cadre dans un Japon victime à son tour de la crise économique. C'est drôle, émouvant, décalé et, au final, surprenant
Le japonais Kiyoshi Kurosawa est un réalisateur qui tourne beaucoup (31 films en 31 ans) et dont des films comme "Cure", "Charisma" ou "Kaïro" lui ont permis de se faire un prénom. "Tokyo Sonata" a été présenté à Cannes 2008 dans le cadre d'Un Certain Regard. De la part d'un réalisateur plutôt spécialisé dans le fantastique, "Tokyo Sonata" est une réelle surprise dans la mesure où ce film est totalement inscrit dans le monde réel. Le monde réel du Japon contemporain qui vit un certain nombre de choses qu'on n'aurait pas pensé pouvoir voir il y a 5 à 10 ans. Par exemple, un cadre licencié parce que le service dont il était responsable va être délocalisé en Chine; un de ses anciens copains, lui aussi au chômage, qui a programmé son portable afin d'être appelé régulièrement et qui fait croire ainsi qu'il est très impliqué dans son travail; une épouse japonaise qui renâcle contre son mari. Plus anecdotique, on a même droit à une voiture française (Peugeot 307cc) qui devient la vedette d'un film japonais ! Il y a plein d'autres surprises dans ce film japonais vraiment pas comme les autres, un film à la fois social, réaliste et savoureux, dans lequel l'ennui est une notion totalement inconnue.
Kiyoshi Kurosawa s'attèle cette fois-ci à un drame social autour d'une famille japonaise moyenne. Quel drame? Le drame du modèle social japonais, de sa société encore trop engouffrée dans certains archaïsmes comme l'autorité patriarcale ou une fierté exacerbée. Alors quelle solution pour sortir les Japonais d'un modèle qui est voué à l'échec? La jeunesse, une plus grande ouverture au monde sont les solutions proposées (sûrement involontairement) par Kiyoshi Kurosawa. Sur la forme, la mise en scène et la musique sont très soignées, et certains passages peuvent brièvement rappeler ces films d'antan (la scène du rêve, l'apparition de Koji Yakusho dans le rôle d'un voleur complètement loufoque). Ce film apporte donc la preuve que le réalisateur peut changer de genre tout en gardant son style et son talent (ça avait d'ailleurs déjà été partiellement le cas avec Doppelganger et Jellyfish).