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Même si la tendance est au biopic (“La môme”, “Coluche l’histoire d’un mec”, “Mesrine, l’instinct de mort”…), le pari de Diane Kurys n’était pas exempt de risques. Difficile en effet de trouver personnalité plus complexe et atypique que Françoise Sagan, à l’allure et la diction inimitables. C’était compter sans Sylvie Testud. La jeune comédienne surdouée s’est emparée du personnage à bras-le-corps, et l’imitation figée des premières séquences devient peu à peu ressemblance troublante. L’actrice restitue les gestes, le phrasé (incompréhensible sur la fin) et moult détails de manière stupéfiante. Elle confère à ce portrait un peu trop condensé (deux heures, contre trois pour le téléfilm initial) une vérité éclatante, qui jaillit de chaque facette du personnage (anticonformisme, fragilité, drôlerie, lâcheté, peur de la solitude, manque total de lucidité en ce qui concerne les choses pratiques de l’existence). Les seconds rôles sont un régal, et notamment Jeanne Balibar, qui, en Peggy Roche, fait un véritable numéro. On pourra reprocher à la cinéaste ses effets de pathos un peu trop appuyés dans la dernière partie, extrêmement cruelle, mais son portrait émouvant est indubitablement parvenu à approcher au plus près la géniale Sagan, qui voulait n’en faire qu’à sa tête et revendiquait autant sa liberté d’aimer que celle de se détruire.
Ajoutée le 03 janv. à 16h55 Signaler un abus
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